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Focus groupe mode d’emploi : interrogez vos clientèles

Blog e-tourisme - ven, 13/10/2017 - 08:00

Vendredi 13 … Pas de panique pas de mauvaises prédictions aujourd’hui, bien au contraire ! Nous allons partir dans le monde enchanté de vos destinations à l’écoute de vos clientèles avec ce DIY (comprenez Do It Yourself) sur les focus groupe. Un guide pratique pour organiser vous-même un groupe de parole et définir les besoins et les attentes de vos clientèles.

1 : Qu’est-ce qu’un focus groupe ?

Un focus groupe est un groupe de parole animé qui va vous servir à interroger les clientèles que vous souhaitez sur un thème précis. Dans le cadre de la commission prospective et développement d’Offices de tourisme de France des focus groupe ont été organisés pour co-construire ensemble l’office de tourisme du futur par exemple. Les focus groupe peuvent être à destination des habitants, des touristes, des prestataires touristiques du territoire, de l’équipe de l’office de tourisme et même des non usagers des offices de tourisme. L’essentiel est de trouver comment approcher la clientèle qui vous intéresse pour lui proposer de participer à votre focus groupe.

2 : Comment s’organiser ?

Vous avez défini votre cible et la thématique de votre focus groupe ? Passons maintenant à la définition de l’échantillon. Votre focus groupe doit se composer d’un nombre impair de personnes que nous appelons les « sujets ». La parité doit être au maximum respectée. Toutes les catégories d’âge doivent être représentées. Bien évidemment ces informations varient en fonction de votre projet. Un focus groupe minimum doit pouvoir compter entre 5 et 7 sujets pour qu’il soit suffisamment représentatif. Ces sujets sont anonymes. Pour cela il est nécessaire de préparer des fiches d’identité où vous pourrez récolter les informations principales de la personne (sexe, activité professionnelle, ses coordonnées …) en fonction de vos besoins. Une autre fiche avec le numéro du sujet et sa vraie identité (nom et prénom) vous aidera à les recontacter pendant l’analyse si jamais un détail vous échappe.

Vous avez défini votre panel ? Parfait ! Il faut réfléchir maintenant à l’endroit où vous voulez intervenir. Si vous souhaitez interroger des touristes qui passent par l’office rien ne vous empêche de l’organiser directement dans vos locaux. Dans le cas où ce sont les non usagers des offices de tourisme qui vous intéresse, privilégiez des lieux plus neutres où vous êtes sûr de les capter. N’hésitez pas non plus, si jamais votre territoire est multiple, à organiser des focus groupe en zone rurale, semi-rurale ou urbaine. Les sujets n’auront pas forcément la même approche en fonction de leur lieu de vie ou de passage. Pensez également au jour, à l’heure et à la durée de votre focus groupe. Prévoyez en moyenne 2h30 d’animation pour un focus groupe 5 personnes.

3 : La préparation :

Vous avez votre sujet, votre panel auquel vous avez transmis l’heure et la date du rendez-vous. Il faut maintenant s’organiser. Dans le cadre d’un atelier d’expression ou de créativité, n’hésitez pas à utiliser des post it de différentes couleurs et à vous renseigner sur les méthodes d’animation qui sortent de l’ordinaire.

Certains sujets du groupe ont du mal à s’exprimer devant une feuille blanche ? Organisez votre atelier avec des moments individuels, en binôme ou en groupe.

Vous voulez interroger des employés de la structure pour définir ensemble votre futur office de tourisme ? Prévoyez des illustrations d’atmosphères, de lieux modernes que vous accrocherez au mur pour laisser le regard de vos collègues s’y arrêter. Inconsciemment les illustrations sont des supports cognitifs qui aident à la créativité.

4 : Comment récolter l’information ?

Idéalement l’atelier doit se dérouler à deux : un leader, un observateur. Le leader va animer l’atelier en poussant les sujets à creuser leurs réflexions. L’observateur va lui prendre des photos, s’occuper de l’enregistrement vidéo, prendre des notes et « timer l’intervention ». Timer l’intervention c’est relever à l’aide d’un chronomètre le moment exact auquel une idée importante est ressortie. Cela permettra au leader qui analysera par la suite la séquence vidéo de retrouver facilement les grandes idées. Pour l’analyse la vidéo est très importante. En plan fixe, cela permet de relever des verbatims mais également d’observer les comportements des sujets pendant le focus groupe. Pour vous assurer d’être en règle, une décharge doit être distribuée aux sujets des focus groupe pour les avertir de l’utilisation des photos et des vidéos et obtenir l’accord de diffusion si jamais vous en avez besoin. Réécouter l’intervention peut être une aide supplémentaire précieuse également. Parfois, des idées fortes ressortent à l’oral mais pas à l’écrit.

5 : Le déroulé :

Lors du déroulé de votre focus groupe n’oubliez pas vos documents (fiche identité, fiche sujets, fiche décharge), votre caméra, votre appareil photo et vos outils de travail en fonction de l’atelier que vous avez décidé de réaliser (post it, paper board, illustrations …). Organisez votre focus groupe en mettant vos sujets à l’aise : boissons chaudes, gâteaux, bonbons … l’accueil est primordial. Cette séance de travail pour vous ne doit pas être vécue comme un test d’évaluation pour eux. N’oubliez pas non plus de prévoir une compensation pour les sujets qui ont donné de leur temps et de leurs idées. Un assortiment de produits locaux, une activité chez un prestataire, un bon cadeau … Prévoyez environ 20 euros de compensation (moins ou plus, c’est à vous de jauger).

6 : L’analyse

L’analyse est un moment chronophage mais accordez vous du temps pour bien la réaliser.  Vous aurez de multiples supports à écouter, revisionner, relire pour étayer votre analyse. Elle doit être accompagnée de verbatims pour illustrer vos points clés. Une fois finie, faites relire votre analyse par l’observateur qui complètera le document de son point de vue externe à la séance.

A la fin de votre focus groupe vous aurez eu l’occasion de discuter, échanger, construire pendant plusieurs heures avec les clientèles qui vous importent. L’analyse vous donnera des orientations précieuses sur les améliorations ou changements à apporter en fonction de votre projet. Mais surtout vous aurez pris du temps pour replacer le client au cœur de vos services afin d’améliorer vos prestations ou votre qualité d’accueil. Et ça, ça n’a pas de prix !

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Catégories: Veille et actualités

Le progrès n’a pas encore tout à fait disparu !

Internet Actu - jeu, 12/10/2017 - 07:00

A l’occasion de la publication de la traduction en français de son livre paru aux États-Unis en 2011, La part d’ange en nous : histoire de la violence et de son déclin, Steven Pinker (@sapinker) était de passage à Paris. Le professeur de psychologie à l’université Harvard, spécialiste de la cognition et de la psychologie du langage donnait une conférence à l’École nationale supérieure d’arts et métiers.

Le moine bouddhiste Matthieu Ricard, qui a écrit plusieurs livres sur l’altruisme et qui signe la préface de l’édition française, introduisait et traduisait la conférence. « Le fait que Steven Pinker nous ait appris, à rebours des idées reçues, que le monde est moins violent aujourd’hui qu’hier permet de changer notre regard sur la violence ». Nous avons trop souvent une vision catastrophique ou apocalyptique de l’histoire, comme de la nature humaine. « On ne cesse de nous répéter que toute motivation humaine serait égoïste par nature, sans qu’aucune étude scientifique ne le corrobore. Nous avons besoin de connaissances pour remettre en cause nos idées reçues et oeuvrer ensemble à un monde meilleur. Et c’est ce que nous offre Steven Pinker avec ce livre. »

Durant deux heures, le fringuant Steven Pinker résume pas à pas son livre, projetant les mêmes slides un peu désuètes que celles qu’il projetait déjà en 2011 (comme c’était le cas dans ce long exposé qu’il donnait à The Edge par exemple, sauf qu’il les tient à jour, montrant que les courbes qu’il dessine continuent leur tendance, même depuis 2011).


Une présentation de Steven Pinker assez proche de celle utilisée par Pinker sur la scène de l’Ensam.

Les causes du recul de la violence : le développement des États !

La thèse de Pinker est simple. La violence décline depuis longtemps et n’a cessé de diminuer. Malgré tout ce que l’on pense souvent, elle est aujourd’hui a son plus bas niveau. Si le chercheur est prudent (rien ne nous dit que la tendance continuera indéfiniment ni qu’on puisse l’amener à un niveau zéro demain), reste que la tendance que l’on peut constater à différentes échelles est nette, marquée, claire. Il distingue 6 formes différentes du déclin de la violence. Tout d’abord, il y a ce qu’il appelle le « processus de pacification ». Ce processus se mesure en tentant de mesurer la part des morts violentes dans les décès. Les archéologues et les historiens ont tenté de mesurer le niveau de mortalité violente à travers les âges. En regardant, par exemple, dans les sociétés préhistoriques, la proportion de squelettes comportant des signes évidents de morts violentes. On estime que dans les sociétés préhistoriques, on compterait environ 20 % de morts violentes. Nous sommes bien loin des résultats des sociétés occidentales, où la mort violente serait environ 3 % pour le monde au 20e siècle, de 0,6 % pour l’Europe et les États-Unis au 20e siècle et de moins de 0,01 % pour le monde depuis 2005. Des enquêtes historiographies et ethnographiques montrent même que les sociétés traditionnelles, dépourvues d’État, étaient effectivement plus violentes que les sociétés organisées.

La première cause du recul de la violence est donc à mettre au crédit de la montée et de l’expansion des États. La remise du pouvoir aux mains d’Etats constitués élimine les vengeances et les violences tribales et féodales. Les despotes et les rois ne sont pas tant magnanimes, qu’ils défendent leurs intérêts. Et le leur n’est pas que leurs administrés s’entretuent, mais plutôt qu’ils payent leurs taxes. Tout comme le fermier travaille à ce que son troupeau ne s’entretue pas, les États ont veillés à ce que leurs administrés ne s’entretuent pas.

La seconde cause du recul de la violence tient au « processus de civilisation ». Le meurtre partout diminue, explique le chercheur en montrant des courbes statistiques sur l’évolution des homicides en Europe entre 1300 et 2000. À Oxford, on est passé de 100 homicides par an pour 100 000 habitant au Moyen Âge à 1 seul ! Ce déclin n’a pas cessé aux 19e et 20e siècles. Si ces taux sont différents d’un pays l’autre, la tendance est nette. Même les États-Unis, dont le taux est souvent supérieur au taux européen, et qui connaissent même un léger pic dans les années 60, connaissent un déclin ferme et régulier depuis les années 90. Le sociologue Norbert Elias, dans le Processus de civilisation, montrait que la consolidation des États et royaumes avait conduit à une justice nationalisée qui favorise la disparition des rivalités locales. Le développement du commerce via la finance, la monnaie, les contrats et les transports… fait basculer la société de la féodalité à la modernité. Le jeu où le gagnant l’emporte est remplacé par une situation où tout le monde trouve son compte.


Image : le charme des amphithéâtres avec Steven Pinker et Mathieu Ricard au fond.

La montée de l’empathie

La troisième cause du déclin de la violence est liée à la révolution humaniste. La justice telle qu’elle s’exprime jusqu’au Moyen-âge, à coups de buchers, d’écartèlement, de crucifixion et d’empalement… nous semble particulièrement barbare. Or, entre le 17e et le 19e siècle, la révolution humaniste va mettre fin à nombre de violences. L’abolition de la torture et le déclin de la peine de mort. Entre 1750 et 1850, la majorité des pays ont aboli la torture. En Angleterre au 18e siècle, on pouvait condamner à mort quelqu’un pour 222 motifs différents, au nombre desquels figuraient le braconnage, la fausse monnaie… En 1861, on ne compte plus que 4 crimes (autre que des crimes ayant conduit au meurtre) passibles de la peine de mort. Quant à l’abolition de la peine de mort elle-même : celle-ci n’a cessé de progresser, même depuis 2011, tout comme le nombre d’exécutions effectives. Si cette tendance se poursuit sur le même rythme, espère Pinker, la peine de mort devrait être abolie dans tous les pays du monde d’ici 2026.

La révolution humaniste a conduit à de nombreuses autres « abolitions » : allant de la chasse aux sorcières, à la persécution religieuse, de l’interdiction des duels aux sports sanguinaires, en passant par l’abolition de l’esclavage… Dernier pays à le faire, la Mauritanie a officiellement aboli l’esclavage en 1980 (même si cela ne signifie pas qu’il ait été totalement endigué).

Pour Pinker, cette révolution humaniste doit tout au développement de l’imprimerie et à la montée de l’alphabétisation. Peu à peu, la connaissance remplace la superstition et l’ignorance. Tel est l’apport des Lumières. Éduquée, la population est moins capable de croire que les juifs empoisonnaient les puits, que les hérétiques vont en enfer, que les sorcières sont responsables des mauvaises récoltes… La connaissance mine la violence. Comme le disait Voltaire : « ceux qui vous font croire en des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités ». Sans compter que lire et écrire favorisent le cosmopolitisme. Lire permet de prendre conscience de l’esprit de l’autre, de se mettre à sa place, d’imaginer ce qu’il ressent. « Plus nous sommes emphatiques et moins nous sommes portés à la cruauté ».

Vers les paix perpétuelles ?

« Contrairement à ce que l’on pense trop souvent, le 20e siècle n’a pas été le siècle le plus violent de notre histoire ». Si la 2e Guerre mondiale a bien été la plus meurtrière en nombre absolu, elle n’a pas été la guerre la plus meurtrière relativement à la population mondiale. Avant le 16e siècle, les Grands Etats étaient constamment en guerre, alors qu’aujourd’hui aucune grande puissance n’est en guerre avec d’autres. Même si on n’observe que les morts liés aux guerres au 20e siècle, hormis les deux pics des deux guerres mondiales, les conflits depuis n’ont quasiment pas été meurtriers. Depuis 1946, nous sommes même entrés dans ce que l’on pourrait appeler « la longue paix ». Malgré la prédiction de tous les experts, nous n’avons pas connu de guerre entre les États-Unis et l’URSS, pas plus que nous n’avons connu l’usage d’armes atomiques depuis Nagasaki. Les grandes puissances ne sont pas entrées en conflits entre elles… Pourtant, avant 1945, c’étaient surtout les pays les plus développés qui entraient en conflits les uns avec les autres. Ce n’est plus le cas depuis.

À la longue paix, il faut ajouter une autre cause au déclin de la violence : la nouvelle paix. En effet, cette longue paix s’est également diffusée au reste du monde. Le déclin des conflits se propage. Il y a de moins en moins de guerres entre États. S’il y a eu des guerres civiles, celles-ci font bien moins de morts que les guerres entre États. 5/6e des pays du monde ne connaissent plus la guerre. Si on regarde le nombre de morts liés aux guerres ou le taux de guerre, les deux courbes sont clairement à la baisse. Quant à la question des génocides, Chalk et Jonassohn, dans leur Histoire des génocides, rappellent qu’ils ne sont pas une propriété du 20e siècle. Malgré les atrocités des plus récents génocides, ramenés à la population totale ou au nombre de morts globaux, là encore, les génocides sont à la baisse sur le temps long du 20e siècle.

Dans son essai Vers la paix perpétuelle, le philosophe Emmanuel Kant émettait 3 hypothèses pour expliquer l’essor de la paix : le développement de la démocratie, du commerce et d’une communauté internationale. Les historiens Bruce Russett et John O’Neal ont montré que ces facteurs ont tous progressé depuis la seconde moitié du 20e siècle et que ces 3 facteurs sont bien statistiquement des prédicateurs de paix.

Pourquoi un tel déclin ? La nature humaine aurait-elle changé ?

Dernier facteur explicatif du recul de la violence : les révolutions des droits. Le développement des droits civiques a fait reculer la plupart des violences : violences raciales, violences à l’égard des femmes, des enfants et des animaux… La criminalité a diminué à mesure que les droits ont progressé, souligne Pinker, en alignant des graphiques sur le recul du lynchage aux États-Unis entre 1880 et 1960, ou des crimes à l’égard des communautés. Les viols à l’encontre des femmes ont chuté de 75 % entre 1970 et 2010. Les autres violences domestiques à l’encontre des femmes suivent la même tendance. Pour les enfants, les graphiques montrent la chute des punitions corporelles, des emprisonnements, des abus et agressions physiques ou sexuelles à leurs égards… Même la fessée est de moins en moins acceptée à travers le monde. Et la révolution du droit des animaux entame la même tendance, avec la baisse du nombre de chasseurs et la montée du nombre de végétariens…

Et Steven Pinker de s’interroger. « Pourquoi la violence a-t-elle ainsi décliné ? Sur tant d’aspects ? La nature humaine aurait-elle changé ? Pourquoi nous comportons-nous de manière moins violente ? » Pour Pinker, notre nature n’a pas changé. Nous sommes des entités complexes et si nous avons des inclinaisons à la violence, nous avons aussi des tendances qui la contrebalancent. Pour Pinker, l’histoire, les circonstances… ont favorisé nos inclinaisons pacifiques. Pour comprendre cela, il faut distinguer ce qui motive et explique notre violence, à savoir : la rage (une réaction quasi instinctive), la domination et l’exploitation des autres (qui consistent à utiliser la violence pour atteindre un but), la vengeance et la violence idéologique… Mais on a aussi des processus qui favorisent la non-violence : comme la maîtrise de soi, l’empathie (la capacité à ressentir ce que les autres ressentent), les normes morales et les tabous (ce qu’on ne peut pas faire) et bien sûr la raison (c’est-à-dire le fait que nos facultés cognitives considèrent la violence comme un problème). Qu’est-ce qui a conduit à développer ces processus-là, cette « part d’ange en nous », au détriment des premiers ?

Pour Hobbes, le fait de confier à l’Etat et au système judiciaire le monopole de l’exercice de la violence a permis de neutraliser l’exploitation des autres par la violence. Pour Montesquieu, Smith ou Kant, le passage du pillage au commerce a permis de se rendre compte que voler ne sert à rien, à mesure que les choses deviennent moins chères. Les êtres humains deviennent plus précieux vivants que morts, puisqu’on peut leur vendre quelque chose. Pour Darwin et Peter Singer, notre sens de l’empathie, par défaut, s’applique à nos proches. Or, ce cercle emphatique s’est étendu : de la famille aux proches, du village au clan, de la tribu à la nation… en passant à ceux qui appartiennent à d’autres genres, races, espèces… Le développement de nouvelles perspectives, via le voyage, la littérature, l’information, nous a permis d’adopter le point de vue des autres. Et cette considération empathique s’est traduite par un comportement empathique. Enfin, nous avons tous pris l’ascenseur de la raison : l’alphabétisation, l’éducation… nous ont appris à penser plus abstraitement et plus universellement. En apprenant à transcender notre point de vue, il devient plus difficile de privilégier nos seuls intérêts par rapport à ceux des autres. Les cycles de violence nous semblent plus futiles et plus vains. « La violence apparaît comme un problème qu’on peut résoudre plutôt que comme une compétition qu’on peut gagner ».

Pour Steven Pinker ces interrogations nous poussent à nous poser la question de ce que nous avons réussi. Qu’avons-nous fait de bien et qui a été fécond ? Pour Pinker, ce travail permet de réhabiliter les notions de modernité et de progrès, parfois bien malmenées. Nous devrions éprouver de la gratitude vis-à-vis des institutions de la civilisation et des Lumières. C’est d’ailleurs le sujet du prochain livre de Steven Pinker. Montrer que les gens vivent plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux que jamais. Les Nations-Unies estiment que si les tendances continuent, l’extrême pauvreté devrait avoir disparu d’ici 2030. Il y a 200 ans à peine, 90 % de la population vivait dans une extrême pauvreté. On estime que c’est le cas d’environ 10 % de la population aujourd’hui. L’idéal des Lumières, le recours à la raison et à la science, à l’humanisme et au progrès nous a transformés quoiqu’on en dise. Il a fonctionné, quoi qu’on en dise, conclut l’incroyable optimiste.

Pinker s’amuse ensuite à répondre à quelques questions. Les animaux ? Ils nous aident à pousser notre capacité empathique encore plus loin, car ils ne peuvent pas se battre eux-mêmes pour leurs propres droits ou se mobiliser. La défense des droits des animaux nous amène à un degré de civilisation supplémentaire. Le changement climatique ? Il n’est pas certain que le changement climatique conduise à des violences globales. Bien sûr, ce défi majeur du 21e siècle risque de se traduire par une intensification des souffrances, par des migrations, des conflits locaux, des violences…
Les tensions sur les ressources ne conduisent pas nécessairement aux conflits… Les grandes sécheresses des années 30 n’ont pas conduit nécessairement à des guerres.

Les médias sociaux ? « Les médias sociaux accroissent l’empathie, j’en suis convaincu », estime Pinker. Ils favorisent l’interdépendance. Bien sûr, leur usage peut conduire à des abus, mais nous allons trouver les moyens de contrer leurs aspects négatifs et de développer leurs aspects positifs. Il faut juste un peu de temps, comme lors d’une réponse immunitaire. Le vieillissement ? Le vieillissement de la population favorise la diminution des violences physiques. On estime que le pic des violences physiques a lieu entre 15 et 30 ans. Plus on prend de l’âge et moins on se dispute ou on a recours à la violence. Le vieillissement de la population est donc un facteur de déclin de la violence globale. Un monde moins violent est aussi un monde plus heureux, incontestablement. En fait, nous n’avons pas de preuve scientifique à porter au crédit de ceux qui avancent que nous serions intrinsèquement violents.

Du haut d’une vision qui embrasse le temps long de l’humanité, Steven Pinker nous apaise. En nous demandant de faire avec lui l’effort de regarder les tendances dans leur globalité, il participe à son tour à nous rendre plus confiant, nous invite à prendre le recul nécessaire pour être un peu plus empathique à notre tour. Le progrès n’a pas tout à fait disparu… En fait, il ne s’est peut-être jamais aussi bien porté à mesure que la fin du monde se profile. S’il n’y avait la menace du réchauffement climatique et de la limite des ressources naturelles, on pourrait presque croire finalement que ces menaces nous apparaissent plus présentes à mesure qu’elles s’éloignent.

Hubert Guillaud

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(Journée d'études] Données sensibles et personnelles. Quels enjeux pour la recherche en SHS

Bretagne - MARSOUIN - mer, 11/10/2017 - 10:28

L'Institut des sciences sociales du politique (ISP) organise une journée d'études "Données sensibles et personnelles. Quels enjeux pour la recherche en SHS ?". Elle se tiendra le 7 novembre 2017 à l'université Paris Nanterre. Entrée sur inscription.

Programme

Les acteurs de la recherche, notamment en sciences sociales, sont régulièrement confrontés lors du traitement de données aux questions entourant le respect et la protection des données personnelles et sensibles.
Que ce soit au moment de la réalisation d'entretiens, de questionnaires, du partage de données, de l'archivage d'enquêtes passées ou de leur réutilisation, la protection des données se doit d'être assurée.
Cette garantie implique néanmoins de multiples questionnements : Comment se repérer dans un contexte réglementaire en mutation (application du règlement européen en mai 2018, notamment) ? Quelles sont les obligations et démarches qu'un projet de recherche doit respecter ? L'accès facilité aux données autorise-t-il à tout collecter ? Quelles sont les solutions informatiques à adopter pour garantir une telle protection ? Quel archivage pour quelles données ?

Autant d'enjeux essentiels pour la recherche en SHS, qui seront abordés lors de cette journée d'études.

Voir en ligne : Page de la journée d'études

Transformation digitale : des essais loin d’être transformés

Blog e-tourisme - mer, 11/10/2017 - 07:00

Dans son poème Art poétique, Nicolas Boileau écrivait en 1674 ce qui pourrait être le mantra de ce blog où chacun d’entre-nous apporte chaque jour sa (modeste) pierre à l’édifice afin de faire tomber les à-priori, ouvrir les consciences, partager des expériences ou des outils sur le digital:

« Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez »

Le constat que je vais vous partager aujourd’hui complète la publication la semaine dernière d’une étude menée par Bpifrance qui s’intitule Histoire d’incompréhension : Les dirigeants de PME et ETI face au digital.

Les résultats de cette enquête permettent de battre en brèche certaines idées reçues. La plus étonnante est que « 87 % des dirigeants de PME et d’ETI françaises n’affichent pas la transformation digitale comme une priorité stratégique pour leur entreprise. »

Lorsque l’on a la tête dans le guidon du numérique, que l’on baigne dedans au quotidien, on aurait tendance à penser que la majorité des entreprises a fini par prendre le train en route même si les actions sont infimes. Différents freins sont identifiés dans cette trop lente prise de conscience.

Je vous invite évidemment à lire l’ensemble de l’étude et peut-être ferez-vous comme moi le constat que la situation n’est pas bien différente dans nos EPCI et nos élus ne sont pas différents des dirigeants d’entreprise.

Il y a en effet un frein qui n’est pas clairement identifié dans ce rapport où du moins pas assez à mon sens, malgré une jolie formule dans l’édito : « Les clients roulent en Ferrari sur smartphone en 4G alors que le stock est encore géré au code barre charrette à bras […] cette révolution est invisible : qui a déjà vu les serveurs des géants de l’internet ? » Ce frein qui régit les quatre autres cités plus haut, c’est la méconnaissance du client ou de l’administré suivant que l’on est chef d’entreprise ou élu; méconnaissance voire aveuglement face aux nouvelles pratiques. Mais peut-on encore parler de nouvelles pratiques en 2017. Vous avez sans doute vu passer ce post sur Facebook ces derniers jours : Quel mot est né la même année que vous? J’ai retenu que smartphone avait déjà 24 ans!

Je vous fais part d’une petite anecdote. Dans le cours de ma recherche d’emploi, afin de répondre à certaines problématiques territoriales je me suis emparé des questions d’e-gouvernance. Afin de corroborer mes dires, il me fallait des chiffres pour accompagner mon argumentaire. Car la méconnaissance et l’aveuglement, nous les croisons tous les jours : ils se cristallisent dans le fameux « Non mais nous, notre situation est différente. [le numérique] ce n’est pas pour nous ».

À la question Consultez-vous l’information de votre intercommunalité? les réponses sont : non à 50%, sur bulletin papier à 17%, sur internet à 17%, sur les deux médias à 17%.

Plus loin je demandais Seriez-vous prêt à utiliser un réseau social que vous n’utilisez pas encore pour échanger de manière plus directe avec les services intercommunaux (social, voirie, santé, développement économique, culture, etc.)? 85% répondent oui, 15% répondent non.

Je retiens deux leçons de cette expérience. La première *spoiler alert* la présentation des résultats n’a pas reçu d’écho favorable * fin du spoiler*; la deuxième : si quelqu’un est intéressé pour voir avec moi la méthodologie du questionnaire (à découvrir en suivant ce lien), nous pourrions le diffuser sur une plus large échelle et obtenir des résultats plus fin sur un échantillon conséquent.

Mon propos peut paraître éloigné de nos préoccupations touristiques (oui, vous êtes toujours sur etourisme.info) et pourtant. On ne prêche pas dans le désert bien longtemps. L’animation numérique de territoire est une niche aujourd’hui dans les collectivités territoriales. À rester dans cette niche, elle risque la relégation au rang de « gadget nécessaire » pour les élus au moment de trancher les budgets. Guillaume Cromer évoquait hier ces questions de gouvernance en vous parlant de l’état-plateforme. Je suis convaincu que notre discours sera entendu en y prenant pleinement part. Nous avons tout à gagner à engager des actions en ce sens. D’une part le tourisme est déjà moteur sur ces questions de transformation digitale, d’autre part c’est une manière de rendre visible et faire adhérer et participer les citoyens aux projets touristiques des territoires.

Pour finir, je vous partage encore deux petites choses sur ce thème. Si vous ne connaissez pas le site, allez faire un tour sur https://ogptoolbox.org/fr/ (OGP pour Open Government Partnership, soit le Partenariat pour un Gouvernement Ouvert). Le site recense un ensemble d’outils numériques et des exemples d’usages d’e-gouvernance à travers le monde (consultation citoyenne, gestion de projets participatifs, etc.).

Et pour être plus concret, voici un reportage (5mn) vu il y a plus d’un an sur Arte.

Pour conclure, la route est longue. Mais continuons à enfoncer le même clou. Le mur finira par tomber. Et ayant achevé récemment un CDD, vous pouvez faire passer le mot que je suis disponible pour en discuter très librement avec toute personne en phase de recrutement sur cette thématique.

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Management, les basiques ne sont pas si simples…

Internet Actu - mar, 10/10/2017 - 07:00

Souvent proposé comme un modèle de la gestion des ressources humaines (via son département « People Analytics »), Google demeure pourtant laconique sur son fonctionnement interne. Cet été cependant, sur son blog dédié au travail, Google a publié une série de documents utilisés par ses managers, rapporte Quartz. Au menu, vous y trouverez un questionnaire d’évaluation des managers (sur la base de 13 questions posées tous les 6 mois aux employés et les réponses sont renvoyés aux managers agrégées et anonymisées), un questionnaire d’évaluation de carrière, une définition d’un objectif simple et partagé pour encourager le bien-être de chacun (du type, je ne lis pas d’email le week-end…) ; un modèle d’organisation de réunion et enfin des cours pour apprendre à devenir managers.

Raffaella Sadun pour la Harvard Business Review s’étonne de la grande simplicité de ces outils. En fait, bien que basiques et fondamentales, il est très difficile d’établir ces pratiques de manière cohérente dans les entreprises. Dans une étude transversale sur les pratiques de managements de 12 000 entreprises provenant de plusieurs pays (cf. « pourquoi on sous-évalue le management compétent »), elle rappelle combien la pratique de la définition d’objectif ou la gestion de l’évolution de carrière sont encore fort peu pratiquées. Pire, la plupart des organisations n’ont pas toujours conscience d’avoir besoin de meilleurs processus de management. Rien que la normalisation des entretiens individuels est encore bien souvent vue comme une méthode excessivement bureaucratique par la plupart des employés… En fait, les fondamentaux du management ne sont pas si simples à mettre en place et copier les pratiques de Google, « vous asseoir et vous attendre à avoir le même succès » ne suffira pas à le faire advenir. Pourtant, l’adoption de pratique de management simple permet souvent aux entreprises de faire d’énormes progrès en terme de profit, de croissance ou de productivité. Faire que tout le monde adhère à des process communs permet de mieux se concentrer sur les résultats, et cela passe parfois par des choses très simples, comme une liste de contrôle, à l’image de celle mise au point par le chirurgien Atul Gawande pour réduire les erreurs dans la salle d’opération. Pour Sundar Pichai, PDG de Google, « les pratiques de management sont un élément essentiel de la construction de la culture d’entreprise ».

Des fondamentaux qui semblent encore bien loin d’un management conduit par les données. Comme le constatent plusieurs consultants dans un autre article de la Harvard Business Review, force est de constater que l’analyse de données peine à s’imposer dans le management, et ce alors que de nombreux projets de transformations managériales n’atteignent pas leurs objectifs. Les auteurs constatent d’ailleurs que bien peu de méthodes de transformations managériales, même parmi les plus à la mode, s’appuient sur les données, notamment parce que le management doit composer avec le comportement humain et que la culture d’entreprise, le leadership et la motivation ne se prêtent pas facilement à l’analyse empirique ni à la production d’indicateurs. En fait, soulignent-ils, la transformation managériale est plus le fait d’artisans que de scientifiques. Et le manque d’indicateurs encourage le manque d’investissements dans le changement. Bien sûr, Michael Tushman, Anna Kahn, Mary Elizabeth Porray et Andy Binns n’en restent pas à un constat d’échec. Dans un autre article, ils tentent de montrer que des solutions s’esquissent. Chez Ernst & Young, où travaillent certains des auteurs, en utilisant Microsoft Workplace Analytics, ils ont utilisé pour des clients les échanges e-mails et les données des agendas des employés pour identifier qui est engagé avec qui, quelles parties des organisations étaient sous stress et quels individus sont les plus à même de tisser des ponts entre les différents services de l’entreprise. Le système leur a permis de mettre en place une sorte de surveillance en temps réel pour voir où agir, où améliorer les procédures. Reste que l’analyse des données ne fait pas tout, soulignent-ils en conclusion. Si elle permet peut-être de devancer les problèmes ou d’accélérer les réponses, il y aura toujours besoin de professionnels pour interpréter les données et améliorer les processus. Dans le temps long du management et des comportements, force est de constater que l’accélération que permet l’analyse des données peine à fournir une réponse pleinement satisfaisante à la problématique. C’est peut-être pour cela que ce que nous pourrions appeler le « management automatisé » a encore du mal à s’imposer.

Enfin, pas partout. Si dans l’entreprise, l’automatisation du management reste difficile, ce n’est absolument pas le cas du recrutement, qui lui semble de plus en plus automatisé. Notamment via le recours à des myriades de tests de personnalité toujours plus sophistiqués, quand bien même ils semblent aussi scientifiques que la graphologie ou que l’astrologie d’antan. A l’image du jeu vidéo Scoutible, où une intelligence artificielle évalue les futures performances d’un candidat ou Dotin.us qui évalue les personnalités des candidats selon ce qu’ils partagent sur les réseaux sociaux. Voire la panoplie d’outils automatisés auquel recours Unilever que détaillait Usbek & Rica récemment… On est là face à une différence de traitement entre l’externe et l’interne qui interroge et qui mériterait d’ailleurs un peu plus de recul. Assurément, on se permet dans le recrutement d’utiliser des outils qui seraient largement rejetés s’ils étaient utilisés pour le management des salariés.

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Se dirige-t-on vers des destination-plateforme?

Blog e-tourisme - mar, 10/10/2017 - 07:00

Je suis heureux d’écrire ce premier papier sur le blog. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Guillaume Cromer. Je dirige ID-Tourism, un bureau d’ingénierie sur le marketing du tourisme spécialisé sur les questions d’innovations, de prospective et de durabilité du secteur. Je préside également depuis 4 ans l’association Acteurs du Tourisme Durable qui a pour ambition de pousser l’ensemble de l’industrie du tourisme à intégrer les enjeux de développement durable. Ces sujets toucheront la majorité de mes futurs papiers.

Pour cette première, je vais vous parler de la plateformisation des destinations. Oui, face aux géants du e-tourisme et d’autres secteurs qui vous venir nous envahir, quel avenir pour les OGD ? Alors même qu’Offices de Tourisme de France a développé les conclusions de son étude sur le futur des offices de tourisme, je voudrais creuser cette plateformisation des OGD. Est-ce un avenir souhaitable pour ces organisations ? Un futur nécessaire ? Une belle utopie ? Ou encore de la concurrence déloyale pour certains acteurs privés? Tour d’horizon de mes réflexions.

Le papier de la semaine dernière présenté par Jean-Luc Boulin, « Vente d’activités de loisirs : la revanche des DMO » m’avait bien mis la puce à l’oreille. Je revenais juste d’un séminaire de 2 jours à Immenstadt, en Bavière, sur la question du digital dans le milieu de l’outdoor. Outdooractive, l’organisateur, m’avait demandé d’intervenir pour présenter l’importance de l’hyper-personnification & du design des nouvelles plateformes de mise en relation entre les voyageurs et les prestataires de l’outdoor (sujet que je présenterai lors des #ET13 à Pau) comme Kazaden mais aussi Airbnb Experience. Je n’imaginais pas forcément que des collectivités locales étaient aussi sur ce créneau… Or, au fond, est-ce vraiment si étonnant ?

Bien sûr, comme le dit Jean-Luc, on pensait que les OGD avaient perdu la bataille de la commercialisation face aux OTAs en particulier Booking.com, Tripadvisor / La Fourchette et même maintenant les balades via Viator, Meetrip, Cariboo… Mais alors, les OGD (et leurs membres) devront-ils assumer cette dépendance à la fois technologique et financière et se concentrer sur la qualité du contenu et des prestations ?

Expérience Côte d’Azur & Week-end Esprit de Picardie (Transformé depuis en Week-end Esprit Hauts de France) prouvent au final qu’il y a un espoir. Or, je me pose la question de l’échelle et surtout de ce que le client, le voyageur recherche au fond en premier lieu…

Quand le voyageur cherche une expérience pour une escapade, un court-séjour, quelles sont les principaux critères pour choisir en ligne ? A-t-il déjà identifié une région (administrative) ? une intercommunalité ? une ville ? Ou est-ce plutôt une activité qui va l’attirer ? Ou tout simplement va-t-il rechercher un bon plan et se laisser séduire… Bien sûr, il n’y a pas de réponse toute faite. Tous les visiteurs sont différents.

Au niveau des échelles des destinations, je crois qu’il va falloir bien penser tout cela en collaborant entre les niveaux. Selon moi, il n’y a aucun intérêt (et surtout pas les moyens & les ressources en local) à imaginer des plateformes à l’échelle de petits offices de tourisme intercommunaux. En revanche, ce sera à eux de dynamiser le contenu pour l’échelle supérieure qui pourra prétendre déployer une plateforme de commercialisation. Et cette échelle, elle paraît assez cohérente à l’échelle régionale ou pour des plus petites destinations qui possède déjà une très bonne image.

Mais donc… alors même que le nouveau président de la République avait annoncé vouloir déployer l’Etat-Plateforme, peut-on imaginer des destinations-plateformes ? Des OGD-réceptifs capables de faire du sur-mesure, de la production… des sortes de Evaneos en local ? Et ces plateformes pourraient alors gérer toutes les demandes des visiteurs… hébergement, restauration, transports, activités, événementiels, etc. en intégrant même demain des algorithmes pour faire correspondre la demande du client avec l’offre sur le territoire… 

Sur le papier, rien d’impossible au final. Avec les restrictions économiques des pouvoirs publics, je pense sincèrement que les OGD vont devoir se transformer en profondeur, jusqu’à réinventer totalement leur modèle de gouvernance et de statuts et donc imaginer de nouvelles formes de coopératisme de plateforme. Oui, des plateformes où chaque partie-prenante a un vrai rôle, un pouvoir et des retombées et non pas comme le modèle de certains OTAs. On voit récemment apparaître des concurrents de grande plateforme qui tente de « disrupter » de manière éthique les « méchants ». C’est le cas de Fairbooking dans la réservation hôtelière, de CoopCycle dans la livraison de repas à domicile ou encore de Chauffeur&Go ou GESCOP pour les véhicules avec chauffeur. 

En effet, si nous réinventons les OGD par des plateformes capitalistiques, c’est impossible que cela fonctionne (et même que cela voit le jour au fond). L’ensemble des dérives que l’on connaît de ce modèle apparaîtra bien vite alors qu’il est justement prioritaire de remettre de l’éthique et de la bonne intelligence dans les relations entre les acteurs locaux, privés et publics. Il ne s’agit donc pas de créer uniquement un système d’apporteur d’affaires et de maîtrise positive de la concurrence mais bien de construire une « coopétition » au service de l’attractivité et des retombées économiques pour l’ensemble de la destination et tous les acteurs qui y sont présents. L’avenir passera peut-être par des Sociétés Coopératives à Intérêt Collectif… on en reparle vite!

Allez à bientôt les amis et au plaisir d’en voir certains à Pau!

Guillaume.

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[Journées d'étude MSHB] Métier de chercheur/e - Reconnaissance et légitimité

Bretagne - MARSOUIN - lun, 09/10/2017 - 17:19

MSHB : Cycle de journées d'étude « Métier de chercheur/e » - Reconnaissance et légitimité

24 novembre 2017 / 12 janvier 2018
9h30 - 17h
Amphithéâtre Robert Castel
Maison des Sciences de l'Homme en Bretagne

La Maison des sciences de l'Homme en Bretagne lance un cycle de journées d'étude autour du « métier de chercheur/e ». Pour cette première session sur le thème « Reconnaissance et légitimité », deux journées sont programmées. La première se tiendra le vendredi 24 novembre 2017 dans l'amphithéâtre Robert Castel de la MSHB et sera l'occasion d'accueillir comme grand témoin, le sociologue Jean-Claude Kaufmann. Lors de la seconde journée prévue le vendredi 12 janvier 2018, sera reçu l'historien Patrick Boucheron. L'accès à l'amphithéâtre est conditionné par une inscription en ligne sur le site de la MSHB.

Présentation
La recherche en sciences humaines et sociales se donne à voir à travers ses résultats : publication d'articles et d'ouvrages scientifiques, colloques et conférences... Mais en quoi consiste exactement le métier de chercheur ? Comment a-t-il évolué ces dernières décennies ? À quels types de défis ceux qui l'exercent sont-ils confrontés ?

La MSHB entend solliciter la réflexivité des intéressés, aussi bien celle des chercheurs expérimentés à même d'apprécier les évolutions sur plusieurs décennies que celle des jeunes chercheurs et des doctorants désireux de faire de la recherche leur métier tout en s'interrogeant sur les singularités de celui-ci.
Pour cette première année 2017-2018, la MSHB a choisi de traiter les questions de « reconnaissance » et de « légitimité ». Reconnaissance par les pairs et légitimité académique ont historiquement participé de l'autonomie de la science, celle-ci se distinguant clairement du débat public et du questionnement citoyen « ordinaire ». Cette vision, évidemment simpliste, est aujourd'hui bousculée par l'injonction faite aux chercheurs de « valoriser » leurs travaux, de « médiatiser » leurs résultats, au risque de brouiller les frontières qui définissent l'activité scientifique. Certains chercheurs se trouvent confrontés, volontairement ou non, à des formes plurielles de reconnaissance : reconnaissance par les pairs bien sûr, mais aussi reconnaissance par les médias et donc par des publics non académiques (voire parfois par le « grand public »), reconnaissance par les institutions intéressées à la recherche et à sa diffusion... C'est la diversité de ces cercles de reconnaissance qu'il s'agira d'interroger, depuis l'espace quasi-domestique du chercheur devant rendre compte à ses intimes de son singulier métier jusqu'à l'espace public le plus large, celui qui vaut à certains la visibilité médiatique et le statut d'« intellectuel ».
Chacune des deux journées d'étude est organisée selon la même trame : elles s'ouvriront par l'exposé d'un grand témoin, puis verront se succéder trois ateliers animés par des chercheurs du périmètre MSHB, qui poseront tour à tour les questions de la reconnaissance par le public, par les institutions et par les proches.

Le comité de pilotage est constitué de :

  • Marion Lemoine-Schonne, CR-CNRS en droit international (IODE), coordinatrice du projet
  • Christian Le Bart, Professeur de science politique à l'IEP de Rennes (ARENES-CNRS), chargé de médiation scientifique à la MSHB
  • Florian Mazel, Professeur d'Histoire médiévale, Université Rennes 2 (TEMPORA)
  • Matthieu Leprince, Professeur d'Économie, UBO (AMURE)
  • Lionel Prigent, Professeur d'Aménagement, UBO (Institut de Géoarchitecture)
  • Annick Cossic, Professeure en Études anglaises du 18ème siècle, UBO (HCTI)
  • Françoise Leborgne-Uguen, Professeure de Sociologie, UBO (LABERS)
Voir en ligne : Plus d'info sur le site de la MSHB

[Offre d'emploi] Ingénieur de recherche "Living-Lab de recherche pluridisciplinaire en E-éducation dans l'enseignement supérieur"

Bretagne - MARSOUIN - lun, 09/10/2017 - 17:07

L'UFR Sciences Humaines de l'Université Rennes 2, au sein du laboratoire de recherche CREAD, recrute un Ingénieur de recherche "Living-Lab de recherche pluridisciplinaire en E-éducation dans l'enseignement supérieur".

Durée : 36 mois avec une période d'essai de 3 mois

A partir du 1er décembre 2017

Contact : genevieve.lameul@univ-rennes2.fr

CV et lettre de motivation a adresser à sylvie.delacroix@univ-rennes2.fr

Date limite de candidature : 15 novembre 2017.

Fiche de poste

Voir en ligne : Offre d'emploi

[Appel à candidatures] Post-doctorat en ergonomie logicielle et médiation culturelle

Bretagne - MARSOUIN - lun, 09/10/2017 - 15:02

Une allocation post-doctorale est offerte dans le cadre du programme de recherche PREDICT.

Ce Projet de Recherche et d'Evaluation des Dispositifs Interactifs Culturels et Touristiques (PREDICT) est co-porté par deux enseignants-chercheurs de l'Université d'Angers.

Le/la candidat/e devra postuler dans l'un des deux programmes de recherche suivants :

  • Programme 1 : Approche holiste de l'expérience vécue à travers l'usage de dispositifs numériques de médiation patrimoniale (Sections CNU pressenties : 06 Sciences de Gestion ou 71 Sciences de l'Information et de la Communication).
  • Programme 2 : Approche normative globale de l'évaluation des interfaces de médiation (Section CNU pressentie : 27 Informatique).

Le/la candidat/e est invité(e) à envoyer une lettre de motivation, un CV, une publication majeure et au moins une lettre de recommandation à Elodie Jarrier (elodie.jarrier@univ-angers.fr) et à Olivier Hu (olivier.hu@univ-angers.fr) jusqu'au lundi 6 novembre 2018. La prise de poste interviendra le 5 février 2018.

Appel à candidatures

[Entre R et Mer] Présentation de R-Shiny par Nicolas Deporte le 10 octobre

Bretagne - MARSOUIN - lun, 09/10/2017 - 11:38

Nicolas Deporte, statisticien au GIS M@rsouin, présentera le 10 octobre aux rencontres "Entre R et Mer", le package R "Shiny" permettant la création d'applications web interactives depuis R. Cette intervention sera illustrée par la présentation de l'application ShinyM@rsouin dédiée à la visualisation et à l'analyse des données d'enquêtes M@rsouin (que vous pouvez retrouver en cliquant ici).

Quelques mots sur "Entre R et Mer" :
L'idée est de :

  • Fédérer un groupe d'utilisateurs R de tous niveaux, des débutants aux confirmés.
  • Proposer des présentations thématiques, en fonction des besoins, envies et compétences en local.
  • Proposer un temps de coworking R pour s'entraider dans la programmation.

Tout utilisateur de R rencontre des difficultés qu'il réussit à résoudre ou non, ce rendez-vous est là pour que chacun puisse aussi bien apporter sa contribution que bénéficier du retour d'expérience des autres. Ce rendez-vous a lieu un mardi sur deux au Pôle Numérique Brest Iroise.

Les #ET13 la semaine prochaine !

Blog e-tourisme - lun, 09/10/2017 - 08:00

Et voilà, J-7 avant la traditionnelle transhumance automnale du tourisme institutionnel vers la cité paloise !

On compte d’ores et déjà 735 participants, et un certain nombre avait attendu les derniers jours pour s’inscrire les années précédentes. Pas sûr néanmoins qu’on l’on ne doive pas « closer » quelques jours en avance pour accueillir tout le monde dans les meilleures conditions. Alors si tu es inscrit, voilà deux-trois trucs qui t’attendent, si tu ne l’es pas encore… quelques éléments pour te décider à le faire très très vite !

Les plénières, ça décoiffe !

Après la traditionnelle mais nécessaire mise à niveau de « Geek » Raffour en ouverture, c’est une toute guerre des chiffres qui se déroulera sur le plateau de « Renard Actus » qui accueillera le débat d’entre deux tours pour la présidence touristique entre Pierre Chotard et Antoine Eloy, ou l’inverse… Intelligence Artificielle vs Intelligence Emotionnelle, à vous d’élire votre programme favori à l’issue de ce débat qui promet d’être piquant !

Il ne vous faudra cependant pas hésiter trop longtemps, car vous aurez intérêt à rester concentré pour notre guest star, Bjarke Hjorth, à la tête du marketing digital de Wonderful Copenhagen ! François Gaillard et Pierre Eloy l’évoquait il y a quelques mois dans ce même blog, Maïthé Levasseur en remettait une couche le mois dernier dans le Réseau Veille Tourisme, bref, c’est LE DMO du moment, qui jette un vrai pavé dans la mare ! Son intervention sera en anglais, mais rassurez-vous, sa présentation sera projeté en VO et en VF sur les écrans de côté pour les moins anglophones.

Probablement de quoi alimenter les réflexions de nos élus qui viendront conclure cette matinée en plénière…

La fin de journée traitera quant à elle d’innovation et de prix, avec les cinq candidats du Etourisme Startup Contest, les trois du Trophées Social Media, et la très attendue table-ronde avec François Bitouzet pour Voyages-sncf.com, Amandine Lecocq pour le Futuroscope, Sarah prot pour Airbnb, sous l’éclairage de Michel Durrieu, DG du CRT Nouvelle Aquitaine

Comme d’hab, le lendemain matin, la fin de matinée sera rythmée par les 15mn chrono de Little Gypsy, Stéphane Canarias, Paul Arseneault, Guillaume Cromer et Corentin Orsini. A la suite, Office de Tourisme de France, Atout France et Tourism Academy remettront le Prix du MOOC Accueil France Europe+, l’ensemble des inscrits à ce jour recevant une invitation à tester l’outil, et à se confronter au sein de battles endiablées.

Et en conclusion, c’est Caroline Bouffault, responsable Travel chez Google France qui viendra nous partager les dernières conclusions des études menées par le moteur de recherche, de quoi aiguiller vos futures stratégies !

Les ateliers, chacun fait c’qui lui plaît !

Six formats au choix : la conférence, en mode plus descendant, la battle, pour opposer des points de vue, sur lesquelles deux participants encore non identifiés sont conviés à se joindre pour pimenter encore les débats, les focus, pour se concentrer sur une destination, un projet, les retours d’expériences pour partager, les mains dans le cambouis pour échanger entre techos et enfin les Plein Air, pour expérimenter, réfléchir sous le soleil palois, il y en a pour tous les goûts !

25 ateliers en tout, on va pas tous te les lister; va faire un tour sur le programme pour faire ton (difficile !) choix. Mais rassure-toi, tu retrouveras tout dès la fin de chaque atelier sur Slideshare, et on te donne rendez-vous ici-même dans la semaine qui suivra les rencontres pour y retrouver la synthèse, la substantifique moëlle de chacun d’eux grâce aux brillants Master 2 AGEST de Bordeaux qui viennent comme l’an dernier prendre part à ces Rencontres, vous accueillir, et constituer la mémoire vive des #ET13.

 

What else ? Des nouveautés ?

Un Forum de l’innovation toujours plus fourni, avec 44 sociétés présentes cette année, que vous pourrez visiter pendant les pauses, les déjeuners, et à tout moment si les discussions se doivent d’être prolongées !

Le plus simple est d’ailleurs de prendre rendez-vous ! Pour tous ceux qui sont inscrits, vous avez jusqu’à… aujourd’hui pour retourner dans votre espace personnel avec vos login et password afin d’accepter/refuser les demandes de rendez-vous, et de disposer d’ici la fin de semaine de votre planning personnalisé de rendez-vous.

Les sportifs pourront vivre l’expérience jusqu’au bout avec les Foulées Numériques les mardi et mercredi matin, rendez-vous à 7h30 en centre ville devant l’Hôtel Continental Best Western pour un footing collectif.

Autre type de sport, la Conf’Pompette, mardi soir à 22h en Salle Jammes avec Laurent Queige, Maïthé Levasseur et Stéphane Canarias ! On débat, on échange…et on boit des shooters de vieux rhum !!! Le thème de cette première : le monde de la nuit est-il soluble dans le tourisme institutionnel…

Pour ceux qui peinent un peu le matin, ou en début d’après-midi, la Salle Jammes juste à l’entrée du Palais Beaumont sera équipée de poufs et matelas, histoire de se reposer un peu tout regardant/écoutant d’un oeil et/ou d’une oreille distraite les débats de l’auditorium voisin… Il paraît que c’est lorsque l’on est à demi-endormi que les choses s’enregistrent le mieux, que les meilleures idées naissent… Il paraît…

Quand on est nouveau sur les ET, pas toujours facile de s’intégrer, de comprendre les private jokes qui peuvent animer ce public de fidèles… Cette année, nous avons proposé aux petits nouveaux d’être accompagnés par un-e ancien-ne qui les guidera tout au long de ces deux journées. On a donc opéré à 55 mises en relation entre filleul-es et parrains/marraines, les échanges vont déjà bon train !

Et puis le lundi, cette année, c’est Masterclass pour les startups, Conférence UX pour les autres, et tout le monde se retrouve ensuite pour le goûter en mode speedmeeting à 16h30 !

Le programme, tu peux bien entendu le retrouver sur l’appli des Rencontres ! Nouveautés cette année avec notre fournisseur LoungeUp, tu peux t’inscrire aux sessions : pas tant pour l’organisation, mais tu peux carrément échanger entre inscrits d’une même session directement dans l’appli. Et puis évidemment, tu retrouveras des trucs pratiques comme les bars, les restos, une carte, les transports, la météo et même le suivi de ton vol si tu es en avion. Tu peux la télécharger sur l’Apple Store, sur Google Play, mais aussi naviguer depuis ton ordi et un navigateur web si tu le préfères avec ce portail.

Voilà voilà, et si jamais tu cherches ta route, que l’appli #ET13, Google maps, Plans ou Waze te paraissent trop compliqués à utiliser, voici la petite carte sympathique  des essentiels à Pau, à télécharger, imprimer, afficher au bureau…

Quoi, ça va pas être possible de venir ? Tu as aquaponey ?? Ta direction te dit qu’il n’y a plus de budget ??? Bon, rien que pour toi, on va livestreamer toute ces séquences sur nos pages Facebook, même la Conf’ Pompette, mais si tu ne perdras rien du contenu, il te manquera les échanges, les rencontres, le vrai live, anticipe pour l’an prochain !

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Les marques et les réseaux sociaux

Blog e-tourisme - ven, 06/10/2017 - 08:00

Sprout Social, une plateforme de gestion des réseaux sociaux, vient de publier une petite synthèse sur les marques et les réseaux sociaux. Certaines stratégies éditoriales sont souvent en décalage avec les attentes des consommateurs. Une présence sociale peut être ainsi inopérante voire irritante pour les internautes. C’est d’autant plus embêtant quand on sait que 86 % des utilisateurs des réseaux sociaux apprécient la présence sociale des marques et désirent les suivre.

73 % des personnes interrogées soulignent que leur intérêt pour une marque sur les réseaux est en lien avec les produits ou les services proposés. Les consommateurs veulent ainsi avant tout interagir avec les marques.

Une présence d’une marque sur les réseaux sociaux peut être contre-productive si on ne répond pas aux attentes des consommateurs, et si on ne met pas en place les processus pour gérer activement la présence sociale.  41 % des sondés indiquent arrêter de suivre une marque qui partagent des informations non pertinentes pour eux.

5 facteurs d’agacement sont mis en avant par cette synthèse :

  1. 57 % sont contrariés par trop d’offres promotionnelles ;
  2. 38 % en raison de l’utilisation d’un jargon ou d’un ton et/ou vocabulaire pour faire jeune ou branché (mettez-vous à la place des consommateurs…)
  3. 34 % l’absence de ton ou de personnalité (discours de marque trop « corporate », communication trop lissée, etc.) ;
  4. 32 % Humour qui manque sa cible ;
  5. Enfin 24 % sont agacés quand les marques ne répondent pas aux messages.

La synthèse complète de cette analyse est disponible en ligne : Turned Off: How Brands Are Annoying Customers on Social.

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Vos données seront manipulées

Internet Actu - ven, 06/10/2017 - 07:00

A l’occasion de la conférence Strata Data qui se déroulait fin septembre à New York, la chercheuse danah boyd (@zephoria), l’auteure de C’est compliqué (dont paraît ces jours la traduction d’un autre livre coécrit avec Mimi Ito et Henry Jenkins) a, comme toujours, livré une présentation remarquable (extrait en vidéo).

La manipulation des médias a toujours existé et le numérique l’a certainement favorisé en rendant poreuse la frontière entre la propagande et le marketing, rappelle-t-elle en pointant vers le rapport publié par Data&Society en mai 2017, l’Institut de recherche dont elle est la fondatrice et la présidente (blog, @datasociety). Mais l’enjeu n’est pas de nous expliquer ce qui s’est déjà passé ou ce qui se passe actuellement, que de regarder ce qui s’annonce. A l’heure du Big data et de l’intelligence artificielle, si nous pensons que la donné peut et doit être utilisée pour informer les gens et alimenter la technologie, alors nous devons commencer à construire l’infrastructure nécessaire pour limiter la corruption, les biais et l’abus de données. Nous devons reconsidérer la sécurité dans un monde de données.

Les moteurs de recherche et les médias sociaux sont devenus les cibles préférées de la manipulation. Un petit jeu auquel tout le monde s’amuse désormais. Depuis les premiers Google Bombing, les gens ont appris par la pratique à rendre les contenus viraux et à détourner les systèmes. Ils ont développé des pratiques stratégiques de manipulation de l’attention qui ont pu avoir des conséquences graves à l’image du pizzagate, qui a été produit par un large réseau de gens cherchant à jouer de l’écosystème d’information et à créer des « effets boomerang » où la contestation et la vérification servent avant tout de canaux d’amplification de la manipulation. Les manipulateurs cherchent à ouvrir la fenêtre d’Overton, c’est-à-dire la gamme des idées acceptables par l’opinion publique.

Reste, constate la chercheuse, que jusqu’à présent, les attaques des systèmes algorithmiques, si elles ont parfois été massives, sont restées assez « manuelles ». Or, c’est cela qui risque de changer.

Entraîner un système d’apprentissage nécessite beaucoup de données. Le problème, outre ce besoin insatiable et massif, c’est que toutes les données sont biaisées, explique la chercheuse en pointant par exemple vers une étude qui a observé les biais d’ImageNet, montrant par exemple que les systèmes d’apprentissage automatisés répliquent les biais des humains, classant plus facilement les objets selon leurs formes que selon leurs couleurs. Latanya Sweeney (@latanyasweeney), elle, a montré que la publicité proposée par Google changeait selon la connotation ethnique des noms des utilisateurs soulignant par là que le moteur a tendance à amplifier le racisme à l’oeuvre aux Etats-Unis. Pour danah boyd, adresser les problèmes de biais culturels implicites et explicites des données va constituer un énorme défi pour ceux qui cherchent à construire des systèmes.

Pour la chercheuse, le problème est que ces biais risquent d’être amplifiés par l’utilisation de données d’entraînement provenant d’un peu partout sur le web. Les informaticiens utilisent les données de Twitter ou de Reddit pour construire des modèles pour comprendre le langage naturel par exemple, identifier des motifs sociaux, construire des modèles pour détecter la dépression ou l’engagement, sans saisir toujours que ces données ne sont pas représentatives, pensant que ces données peuvent être nettoyées pour en ôter tout contenu problématique. C’est hélas loin d’être le cas. Nous sommes mal préparés à ceux qui veulent se jouer de nous. Ce n’est pas qu’une question d’incident ou de biais culturel, souligne danah boyd, c’est qu’il y a toujours des gens pour jouer avec le contenu d’une manière stratégique – à l’image de l’affaire du ciblage publicitaire antisémite de Facebook révélé récemment par Propublica (voire les explications du chercheur Olivier Ertzscheid).

Mais danah boyd apporte un autre exemple : celui de l’expérience (.pdf) de Nicolas Papernot (@nicolaspapernot). Afin de comprendre les vulnérabilités des algorithmes de reconnaissance d’image, ils ont cherché à altérer des images de panneaux de signalisation pour transformer des stops en céder le passage, sans que ce changement soit perceptible aux humains. Ce qu’expliquent les chercheurs, c’est combien ces manipulations visant à corrompre une base de données peuvent être simples. « Pensez à ce que cela signifie pour les voitures autonomes », s’inquiète la chercheuse. Pour l’instant, ces attaques sont amicales et sont le fait de chercheurs… Mais cela ne durera pas, prévient-elle. Et d’inviter les entreprises à prendre ces questions au sérieux.


Comment attaquer les boites noires du Machine Learning ? Image tirée de l’expérience menée par Nicolas Papernot qui montre en haut des images modifiées pour perturber le réseau d’apprentissage et la mauvaise interprétation qui en résulte sur la rangée du bas, sans que cette mésinterprétation soit perceptible à l’oeil humain.

Reste, souligne-t-elle, que de nombreuses entreprises, malgré les innombrables brèches et fuites de données à répétition, continuent à ne pas prendre au sérieux la vulnérabilité de leurs données. Les entreprises doivent réfléchir à construire des anticorps techniques. « Vous devez réfléchir à la façon dont vos données peuvent être corrompues, par qui et dans quel but ». L’industrie de la technologie a perdu la culture du test au profit de la culture de la bêta perpétuelle et de la coconception de la qualité avec les utilisateurs. Mais c’est oublier que la culture du test ne se limitait pas à la recherche de bugs. Elle avait aussi pour fonction d’intégrer des dissensus dans les processus de conception et de développement. Désormais, ce sont les journalistes qui humilient les développeurs ont montrant les biais de leurs systèmes. Mais ils ne sont pas les seuls. Les chercheurs s’y mettent aussi, en tentant de construire des systèmes d’apprentissage pour révéler les biais des systèmes. Et danah boyd d’évoquer les recherches dans le domaine des réseaux d’adversaires génératifs (generative adversarial networks, à l’image de cette étude .pdf). L’enjeu, résume la chercheuse, c’est de faire générer des contenus par deux algorithmes afin que l’un évalue ceux de l’autre. L’un tente d’embobiner le second pour qu’il accepte de « mauvaises » informations dans le but de trouver des limites aux modèles déployés.

Pour la chercheuse, il est temps de réintégrer de l’antagonisme dans le processus de construction des modèles. « Nous devons intégrer activement et intentionnellement une culture de l’évaluation, de la vérification et de l’apprentissage fondée sur la confrontation ». Nous devons apprendre à évaluer les biais et construire des outils pour suivre l’évolution des systèmes avec autant d’efforts que ceux apportés à construire des modèles. L’artiste et chercheur Matthew Goerzen va plus loin encore : pour lui, il faut inviter les trolls à s’immiscer dans les systèmes pour en comprendre les vulnérabilités.

Et danah boyd de conclure : « L’industrie de la technologie ne peut plus être le terrain de jeu passionnel d’un groupe de geeks tentant de faire des merdes cools pour le reste du monde. Désormais, elle est le fondement de nos démocraties, de nos économies, de notre paysage informationnel ». Le monde idéal que l’on cherche à construire ne vit pas en autarcie. Il est plus que jamais nécessaire d’intégrer que d’autres souhaitent le manipuler et y semer le chaos et de prendre cela au sérieux.


Image : Image d’un extrait de l’article fondateur du moteur de recherche Google par Sergey Brin et Larry Page qui surligne la phrase prémonitoire qu’on pourrait traduire ainsi : « les résultats de merde balayent souvent tous les résultats qui intéressent l’utilisateur ».

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L’IA à la recherche de règles éthiques

Internet Actu - jeu, 05/10/2017 - 09:05

Dans une tribune pour le New York Times, Oren Etzioni (@etzioni) responsable de l’Institut Allen pour l’intelligence artificielle, propose 3 principes de régulation pour l’Intelligence artificielle.

Le premier, très basique, consiste à rappeler que les IA sont soumises aux règles qui s’imposent aux humains : elles ne peuvent pas aller hors de la légalité qui s’impose à chacun. Ainsi, une voiture autonome ne peut pas passer à un feu rouge par exemple.

La seconde consiste à pointer que les systèmes d’IA doivent clairement se signaler comme tels aux humains, sans pouvoir se faire passer pour des humains par exemple (c’est l’une des pistes d’innovation que nous pointions également dans les recommandations du groupe de travail NosSystèmes de la Fing).

La troisième vise à ce que les systèmes d’IA ne puissent conserver ou divulguer d’informations confidentielles sans l’approbation explicite de cette source d’information : un robot aspirateur ne pourrait ainsi établir le plan de votre maison sans votre consentement par exemple. Pas sûr que cette dernière piste soit suffisante en soi. D’abord parce que les nouvelles fonctionnalités sont souvent présentées sous leur meilleur aspect, et la proposition de valeur du robot aspirateur Neato de cartographier votre intérieur (ou celle de Roomba) s’accompagne de fonctionnalités vous proposant par exemple de délimiter des zones interdites ou des zones nécessitant un passage plus fréquent du robot… qui permettent de très bien accepter finalement que les sociétés qui produisent ces robots accèdent aux plans de votre maison. Bref, pas sûr que s’assurer que l’IA respecte la vie privée, le consentement et nos règles sociales et légales soit suffisant, mais c’est au moins quelques bonnes pistes de départ.

Le problème, comme le faisait remarquer Will Knight dans la Technology Review, il ne se passe pas un jour sans qu’on nous parle des problèmes que génèrent les biais algorithmiques… or, les grandes entreprises qui les déploient ne semblent pas réellement intéressées à résoudre les problèmes qu’ils causent, malgré les protestations de plus en plus pressantes de l’opinion. Sophia Chen, dans Wired, dresse le même constat : la recherche en intelligence artificielle cherche désespérément son chien de garde éthique. Elle revient sur l’étude phrénologique de chercheurs américains de Stanford qui consistait à entraîner une IA à reconnaître des homosexuels depuis de simples portraits d’utilisateurs d’applications de rencontre (voire la synthèse de Usbek et Rica et l’analyse détaillée du sociologue Antonio Casilli). Quand bien même les auteurs de l’étude aient cherché à s’en défendre (leur étude se voulait une alerte sur les dangers de l’IA, ont-ils tenté de se justifier après coup), reste que la controverse a à nouveau pointé le problème éthique de l’optimisation algorithmique pour elle-même.

De plus en plus de spécialistes des sciences sociales utilisent l’IA dans l’intention de résoudre les maux de la société, mais ils n’ont pas de lignes directrices éthiques claires, estime Jacob Metcalf (@undersequoias), consultant et chercheur chez Data & Society (et co-auteur des 10 règles simples pour rendre les recherches Big Data responsables dont nous avions déjà parlé). En fait, il n’y a ni normes uniformes et communes ni pratiques de contrôle transparentes. Les lignes directrices qui régissent les expériences sociales sont souvent dépassées. Si les comité d’éthique existent, leurs règles ne sont pas toujours adaptés à la science des données, estime le chercheur, qui signale que l’étude de Stanford avait d’ailleurs été validée par le conseil de l’université. Dans ces domaines, en attendant mieux, c’est donc aux chercheurs de prendre l’éthique en main… et de prévenir les préjudices potentiels.

Metcalf a récemment lancé un groupe de travail, baptisé Pervade pour une éthique des données omniprésentes, afin de mettre en place un processus éthique utilisable par les chercheurs comme par les entreprises. L’initiative IA Now, lancée par l’American Civil Liberties Union, sous la houlette des chercheuses Kate Crawford (@katecrawford) et Meredith Whittaker (@mer__edith), a pour objectif de comprendre et prévenir les biais algorithmiques.

Dans un article de recherche en décembre, le professeur de droit Jack Balkin (@jackbalkin) a proposé également des lois éthiques pour les algorithmes. Ses lois reposent sur la bonne foi des opérateurs d’algorithmes envers les utilisateurs, de se doter de devoirs, et d’éviter les nuisances, notamment liées à l’asymétrie d’information ou au fait d’être intentionnellement discriminatoire. Autant de règles qui les oblige à une certaine transparence, à des procédures équitables et à une responsabilité de fait. Le chercheur Frank Pasquale (@frankpasquale), auteur de Black Box Society, estime que ces principes sont importants mais que sans responsabilité dès la conception, ils ne suffiront pas.

Sur son blog, l’avocat et jursite Matt Scherer estime que les règles proposées par Oren Etzioni ne sont pas suffisantes et trop simples. Pour lui (voir ses propositions .pdf), tout questionnement éthique nécessite d’abord de résoudre la question de la responsabilité : « qui est responsable des problèmes que peuvent générer une IA ? », interroge-t-il pour rappeler combien la responsabilité se dilue dans les systèmes techniques tout en pointant la difficulté qu’il y a à définir une IA d’un point de vue juridique.

Autant d’interrogations qui montrent que l’éthique semble bien être en passe de devenir la nouvelle frontière de l’IA. D’ailleurs, même DeepMind de Google s’y lance, rapporte Wired. L’unité dédiée à l’intelligence artificielle de Google, dont la mission est de « résoudre l’intelligence », vient de lancer une unité DeepMind Ethics & Society (DMES) pour comprendre les impacts sociaux des technologies qu’elle créé. Les partenariats pour promouvoir les bonnes pratiques annoncés l’année dernière semblent n’avoir pas suffit.

Reste à savoir si ces façons de voir parfois l’éthique comme un processus qu’il suffirait d’appliquer pour en produire automatiquement et dans toutes les situations… arrivera à se confronter à la réalité. Une réalité, qui, comme dirait danah boyd, est souvent un peu plus compliqué que cela.

MAJ : Sur son blog, Michael Sacasas (@LMSacasas), directeur du Centre d’étude de l’éthique et de la technologie de l’Institut théologique Greystone en Pennsylvanie, rappelle que les systèmes sont des machines pour se dérober à toute responsabilité morale. « Les algorithmes, en tant qu’entités techniques, fonctionnent comme la base symbolique d’une idéologie qui facilite l’inconscience et l’évasion de responsabilité ».

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S’adapter aux changements ou animer la culture du changement

Blog e-tourisme - mer, 04/10/2017 - 07:43

N’avez-vous pas l’impression de courir après tout, tout le temps, même après le temps ? Le dernier site, la dernière compétence, la dernière réorganisation, la dernière solution ? Et pourtant, nous ne sommes pas forcément rassasiés. Pire, nous sommes parfois déçus voire frustrés. Soit parce que cela ne va pas assez vite ou pas assez loin. Soit parce qu’à l’inverse ça change, tout simplement. Aujourd’hui, ce n’est pas café-philo mais c’est juste une pause autour de la notion de « changement » et de la culture du changement.
La semaine dernière, j’ai eu la chance de participer et co-animer avec les collègues une journée sur les « Nouveaux modes d’organisation pour les offices de tourisme en multi-sites ». Au menu du jour : comment s’adapter à cette organisation nouvelle ? Comment gérer le « multi-sites » ? Comment accompagner des équipes qui ont parfois quintuplées ? De beaux challenges donc et la notion de changement a été au cœur de nombreux débats. Ce billet, c’est donc l’occasion de mettre quelques mots sur des choses qui me turbinent le cerveau avec le recul de la transition numérique des ces 10 dernières années ou encore les regroupements de ces derniers mois. Zoom sur ce changement qui nous procure parfois des doutes et nous déroute ou qui nous booste et nous fait avancer. 

Le changement et ses résistances

Un des déclencheurs de l’idée de ce billet est la sémantique utilisée quand nous abordons les impacts d’un changement, quelqu’il soit : inconnu, perte de repères, appréhensions, peur, deuil, subir, déséquilibre, désinformation, pas d’information, repli, anxiété, réticence…

« Changer :
Transformer quelque chose, quelqu’un en quelque chose ou quelqu’un d’autre, le faire passer à un autre état.
Faire sortir quelqu’un de ses habitudes, rompre la monotonie de ses activités et, en particulier, le distraire »

Le changement amène donc une transformation, une évolution, un état différent, quasiment irréversible. C’est cette perspective de nouveautés et de retour en arrière impossible qui génèrent généralement des peurs et des appréhensions. « Oui le changement fait peur et c’est humain » comme le souligne Jean-Pierre Conduché en proposant la Vallée du Changement

Les résistances peuvent être collectives. Elles se construisent à partir de l’histoire de l’entreprise, de ses habitudes de fonctionnement, de sa culture. Moins le changement est cultivé et anticipé, plus les résistances collectives sont nombreuses et vives. Pour les regroupements, la rapidité de la mise en oeuvre pour les uns, les feux verts ou rétropédalages politiques tardifs pour les autres sont notamment des éléments identifiés qui ont favorisés les craintes et parfois les résistances. 

Les résistances sont aussi individuelles. Elles se cristallisent autour d’un manque de repères, à l’appréhension de ce que l’on ne connaît pas. Les mots sont forts derrière ces résistances : peur, inconnu, deuil du passé. Professionnellement, le salarié peut aussi avoir des doutes sur ses compétences et sa capacité à se projeter dans des nouveaux besoins devenus nécessaires par une nouvelle organisation. Ces résistances engendrent parfois une attitude contre-productive, du repli sur soi à la rétention d’informations.

Les résistances peuvent donc être très nombreuses si nous ne nous préparons pas au changement et que de ce fait, nous le subissons. Surtout, ces résistances reviennent de façon cyclique si ce changement est présenté et vécu comme un événement.

Le changement, ce n’est pas un événement.

Une partie de ces résistances trouvent leurs origines dans l’environnement de l’entreprise qui vit le changement comme un événement. Pourtant le changement, nous en serons certainement tous d’accord, ce n’est pas aller d’un point A à un point B à un instant t. Pourquoi ? Parce que le point A n’est déjà pas toujours bien déterminé et pour le point B, cela sous entendrait qu’une fois arrivée c’est fini. Cependant, nous voyons bien dans notre quotidien que le point B n’est jamais là, qu’il avance au fur et à mesure que nous avançons. En gros, c’est la loose, ce n’est jamais fini.

Ce changement est donc permanent. C’est un processus sans fin. Peut-être qu’il ne s’agit donc plus de s’adapter met de l’intégrer de façon continue dans la culture de l’entreprise, d’un réseau ? 

« Adapter :
Modifier la pensée, le comportement de quelqu’un pour le mettre en accord avec une situation nouvelle, ou modifier quelque chose pour l’approprier à quelqu’un, le mettre en accord avec quelque chose. »

En fait, lutter contre les résistances dues à l’adaptation aux changements paraît sans fin si nous ne prenons pas le temps de développer cette culture permanente du changement dans l’entreprise.

Prenons l’exemple de l’évolution de la transition numérique des 10 dernières années chez les institutionnels du tourisme. Les changements ont été essentiellement vécus au début comme technologiques avec une approche « outils ». Le changement passait par l’installation de sa première borne numérique ou le lancement de son application ou le lancement de sa page réseau social, puis le lancement du prochain outil puis du prochain puis du prochain… autant de point B qui n’était et qui n’est toujours pas figé.
Après 1 an ou 2, à côté de l’approche « outils », le changement s’est produit au niveau des compétences avec l’émergence de collaborateurs dits « experts ». Un « sachant » incarnant à lui seul le changement de cette transition numérique. Le problème, c’est qu’à côté, le reste du collectif (collègues, partenaires, élus et autres) ne voyait pas son intérêt et ses bénéfices à intégrer ce changement puisqu’ils en étaient exclus. Cette notion de bénéfice pour les acteurs vivant le changement est d’ailleurs des plus importantes.

Enfin, l’ensemble a pris tout son sens quand la transition dite numérique est devenue une transition managériale. Pas la transition du manager en tant qu’individu mais une transition d’équipe, en quelque sorte, pour laquelle chacun a compris le sens et les objectifs de l’arrivée du numérique en complémentarité de ce que chacun maîtrisait. Dès lors, la question n’était plus technologique et le collectif s’est retrouvé derrière une même problématique partagée : comment anticiper et adapter perpétuellement nos compétences et nos services pour nos clients ? 

Sur ce sujet, l’une des plus belles preuves de cette acceptation puis de cette animation permanente du changement est l’émergence de projets et d’actions menés avec des expertises transversales. Les experts de l’accueil dans les offices de tourisme deviennent une ressource essentielle dans la refonte des contenus du site internet. Le chargé des éditions devient animateur de réseau avec les reporters de territoire pour co-produire le magazine de la destination avec les habitants. Le community manager se nourrit de cette co-production et la détourne pour alimenter la communication sur les réseaux sociaux. Et pendant ce temps là, des experts de destination gèrent sur Messenger les questions des clients connectés en séjour, on expérimente chatbot et intelligence artificielle… Ce n’est plus l’adaptation mais l’assimilation d’un changement perpétuel. 

Introduire, animer et assimiler la culture du changement dans l’entreprise, c’est donc cultiver l’anticipation plutôt que la réaction.

« Réagir :
Répondre d’une certaine manière à une action ou à un événement extérieurs.
S’opposer activement à l’action de quelque chose, résister à une menace, un danger. »

Prenons maintenant les exemples Hôteliers vs Airbnb ou Taxis vs Über ? La notion d' »überisation » donc (ça faisait longtemps que ne l’avait pas vu celle-là). Pendant que 99 % de l’énergie et du temps ont été dédiés à de la réaction et de la lutte contre ces changements (que cette lutte soit légitime ou pas), quel temps est dédié à l’anticipation et à la préparation du coup d’après ?
Demain, quelle sera la réaction des hôteliers au prochain remplaçant d’« Airbnb » ? Quelle sera la réaction des taxis face au déploiement de flottes de VTC autonomes et sans chauffeur dans 5 à 10 ans ?
« Pourquoi ce n’est pas le groupe AccorHotels qui a inventé Airbnb ? Pourquoi ce n’est pas un groupe comme G7 Taxis qui a inventé Ûber ? » Voilà une autre façon de poser la question comme l’évoque Soraya Ferahtia  dans une video très inspirante sur l’intrapreneuriat. (un bon sujet pour un futur billet ça)

La culture du changement dans l’entreprise s’anime en permanence

Réussir à évacuer régulièrement les appréhensions diverses pour ne pas les transformer en points résistances est une première étape. Groupes de discussion, séminaires d’équipe ou autres temps d’échange sont des actions simples pour s’exprimer et mettre des mots sur les craintes de ce changement. Souvent, au début, pour faciliter le processus, c’est l’appui d’un interlocuteur extérieur qui aidera à libérer la parole et faire en sorte que le groupe aille dans le même sens en évacuant une à une les résistances individuelles et collectives. Il s’agit de dédramatiser d’une part mais aussi de comprendre le changement afin de mieux l’assimiler. Pour ce faire, l’écoute, l’empathie sont les premiers ingrédients. On admettra que la mise en œuvre du changement est tout de même plus facile quand on exprime, partage et comprend les craintes de toute personne qui vont devoir le mener.

« Cultiver : 
Développer, entretenir une qualité, un don ; former.
Développer une idée, un sentiment, les faire prospérer. »

Ces actions ne sont pas que symboliques. Elles doivent faire émerger le terreau propice au changement. Partage d’une vision commune, partage et compréhension du cap et des objectifs, assimilation des phases cycliques de ce changement permanent, analyse des risques et des ressources pour le mener, utilisation d’une terminologie positive complètent les ingrédients de ce terreau.

Au final, en reprenant le graphique de la vallée du changement proposé plus haut, cette animation de la conduite du changement positionnerait le collectif en permanence dans les phases de Remobilisation et d’Engagement.

L’objectif serait d’atteindre une posture collective qui permet de voir le changement comme une addition d’opportunités plutôt le deuil du passé.

Le(s) manager(s), leader(s) de cet état d’esprit peut (peuvent) en être la clé. Cependant c’est bien l’impulsion du collectif qui nourrit et cultive cette transition permanente. En quelque sorte, ce n’est pas les managers et l’équipe mais bien une seule et même tribu qui partage cette philosophie et en accepte son côté déstabilisant, parfois instable mais remettant en permanence en question le bien fondé des actions menées et à venir. Laissez-vous porter 32s :

Pour y arriver, chaque membre de la tribu à sa part de responsabilisation : son ouverture d’esprit, sa soif de connaissance par sa veille (même minime), sa capacité à sortir de sa zone de confort pour savoir si en faisant ce fameux pas de plus ou ce fameux pas de côté, tout s’écroule ou tout roule ! 

 

 

Quelques sources au passage : 

https://www.monatourisme.fr/les-nouveaux-modes-dorganisation-pour-des-structures-multi-sites/
Clin d’oeil à Ludovic car je sais que cette citation de Charles Darwin t’est chère
Photo de couverture Photo by Mathias Jensen on Unsplash
http://www.larousse.fr/
http://www.memoireonline.com/05/10/3516/Conduite-du-changement-en-entreprise-le-role-des-ressources-humaines.html
https://viuz.com/2017/09/22/le-futur-du-travail-par-mckinsey-2/
https://atelier.bnpparibas/life-work/breve/decouvrez-visages-intrapreneuriat-travers-monde
http://www.esen.education.fr/fileadmin/user_upload/Modules/Ressources/Themes/management/note_1_conduite_changement.pdf

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Pourquoi voulons-nous des objets intelligents ?

Internet Actu - mar, 03/10/2017 - 07:00

Le concepteur de jeux et essayiste Ian Bogost (@ibogost) est toujours un esprit pénétrant. Pour The Atlantic (@theatlantic), il développe une longue et passionnante argumentation pour nous expliquer pourquoi nous vivons déjà dans un ordinateur.

« Soudainement, tout est devenu ordinateur ». Des téléphones aux télévisions en passant par les serrures aux grille-pains, des sonnettes aux cadenas… Les gadgets intelligents sont partout. L’informatisation du quotidien a gagné. Personne n’a pourtant besoin d’un cadenas connecté… mais les gens, visiblement, en veulent. On pourrait croire que c’est lié au fait que les consommateurs achètent ce qu’on leur offre… Mais pour Bogost, ce ne peut être une explication suffisante. « Rendre les objets ordinaires informatisés est devenu un but en soi plutôt qu’un moyen de parvenir à une fin ». « L’affection que les gens portent aux ordinateurs se transfère sur tous les objets, même les plus ordinaires. Et plus les gens aiment utiliser l’ordinateur pour tout, plus la vie semble être incomplète si elle n’a pas de liens avec l’informatique ».

Bogost a pourtant été très critique envers cet internet des objets dont nous n’avions pas vraiment besoin. Mais à mesure que les objets connectés deviennent la norme, il faut bien se rendre à l’évidence que s’en moquer ne suffit pas, confesse-t-il en forme de mea culpa. Même si ces objets posent énormément de problèmes (ils sont 10 fois plus chers que le même objet non connecté, ils posent des problèmes de sécurité innombrables et deviennent inaccessibles dès que la connexion est indisponible…), force est de constater que visiblement, les consommateurs sont demandeurs. Même si on peut se désoler de l’omniprésence des ordinateurs, les gens semblent vouloir qu’ils le soient plus encore et semblent plutôt satisfaits des résultats.

Ce passage des usages extraordinaires aux usages ordinaires de l’ordinateur était en gestation depuis l’origine même de l’informatique et de l’intelligence artificielle. Bogost rappelle ainsi qu’Alan Turing n’a jamais affirmé que les machines pourraient penser ou égaler l’esprit humain, mais qu’elles seraient un jour capables de montrer un comportement convaincant. « Une machine de Turing – et donc un ordinateur – est une machine qui prétend être une autre machine » – en l’occurrence, un humain. Or, les objets intelligents ne sont rien d’autre que des tentatives de simulation d’autre chose, comme de se faire passer pour un appareil photo, une machine à écrire, un téléphone ou n’importe quoi d’autre. Et ils parviennent très bien à dépasser les objets qu’ils imitaient à l’origine. Le calcul devient une activité à part entière. « Aujourd’hui, les gens ne cherchent pas à avoir des ordinateurs pour faire des choses, ils font les choses qui leur laissent utiliser des ordinateurs ».

Pour Bogost, « lorsque l’utilisation des ordinateurs se dissocie de ses fins et devient un mode de vie, les buts et les problèmes ne semblent valides que lorsqu’ils peuvent être abordés et résolus par des systèmes informatiques ». Quand l’automatisation informatique est considérée comme la meilleure ou la seule réponse, alors bien sûr, seules les solutions d’ingénierie semblent viables. A l’heure où les ordinateurs sont disponibles, nous préférons les solutions numériques aux solutions analogiques, même si elles se révèlent imparfaites. « Les gens choisissent des ordinateurs comme intermédiaire pour le plaisir sensuel de les utiliser, et non pas uniquement comme un moyen pratique ou efficace de résoudre des problèmes ». Nous préférons les expériences informatiques du monde aux expériences du monde. « Au lieu d’essayer de convaincre les humains qu’ils sont des êtres humains, les machines espèrent maintenant convaincre les humains qu’ils sont vraiment des ordinateurs. » Comme un test de Turing à l’envers, ironise Bogost, à l’image des Captchas où l’ordinateur tente de savoir si nous sommes humains. Les ordinateurs nous fascinent estime Bogost : les véhicules autonomes sont attrayants non pas tant parce qu’ils peuvent libérer les gens du fardeau et du danger de conduire, mais d’abord parce qu’ils transforment les voitures en ordinateurs.

Pour Bogost, cette fascination est liée au « plaisir de la connectivité ». Aujourd’hui, nul ne souhaite être déconnecté. Pourquoi donc notre grille-pain ou notre sonnette devraient-ils l’être ? Etre absorbé par l’informatique semble être devenu un idéal. Notre rêve ultime semble être d’être en ligne tout le temps, d’être tout le temps connecté. Et transformer de plus en plus de choses en ordinateurs semble être devenu le moyen pour prolonger sans fin cette connexion. Pour Bogost, nous voulons que la réalité passe par le filtre des ordinateurs. Si l’on prend cette hypothèse au sérieux, alors tous les effets pervers du numérique ne sont que les conséquences d’une exploitation désirée et souhaitée. De là à ce que nous souhaitions nous fondre dans les machines, télécharger nos esprits pour y vivre éternellement, il n’y a qu’un souhait et un désir qui semble alors dans une continuité logique. Les ordinateurs nous ont déjà convaincus de venir vivre à travers eux. Ils n’ont pas même besoin de nous promettre l’immortalité. Ils ont juste besoin de nous faire croire qu’ils nous sont indispensables ou que nous sommes incapables d’imaginer faire des choses sans eux. Pour Bogost, la tragédie de ce constat n’est pas tant que nous risquons de mourir sans pouvoir télécharger nos cerveaux dans la machine, mais qu’en fait ces machines demeurent juste aussi ordinaires et impuissantes qu’aujourd’hui.

Reste que si le raisonnement iconoclaste de Bogost est fondé – bien qu’il ressemble beaucoup à une provocation, les chiffres de vente des objets intelligents sont loin d’être aussi faramineux qu’annoncés -, il nous faut nous demander ce qui nous séduit tant dans l’interaction avec les machines pour qu’on veuille faire passer la réalité par leur filtre. Pourquoi sommes-nous si sensibles à ce désir irrépressible de connectivité ? Qu’est-ce que cette connectivité permise par les ordinateurs excite en nous que nous voulions que tout passe par elle ? Qu’est-ce qui nous séduit tant dans la société connectée, dans cette interrelation aux choses et aux hommes que l’internet permet ?

Laissons la question ouverte…

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MOOC, SPOC, COOC et autres tutos, ou les aventures en ligne d’un formateur voulant se former…

Blog e-tourisme - mar, 03/10/2017 - 05:55

Lenteur académique versus disruption éducationnelle

Se former tout au long de la vie est une idée communément admise, aujourd’hui. Bien entendu, il demeure dans notre beau pays quelques beaux esprits pour qui la vie académique et l’acquisition de connaissances se sont arrêtées aux portes de quelques grandes écoles et aux soirées de leurs promotions, dont les gazettes narrent honneurs et maroquins. La certitude de détenir quelque vérité révélée est incompatible, semble-t-il, avec la recherche de nouvelles compétences. Mais le sens de l’histoire est heureusement tout autre. Depuis plus de vingt ans que j’ai intégré le monde de l’enseignement supérieur français, les modalités de la transmission des savoirs ont profondément changé. Au tableau noir et à la craie (et exceptionnellement les transparents projetés grâce à un rétroprojecteur) ont succédé au début des années 2000 les premiers supports Powerpoint projetés d’ordinateurs portables difficilement acquis sur des écrans blancs qui semblaient être, alors, la quintessence du progrès ! Les établissements se sont lancés alors dans l’achat de matériels, au rythme lent des marchés à bons de commandes du service public. Tous ou presque ont connu l’ivresse d’une telle maitrise technologique, les programmes de l’éducation nationale s’y sont adaptés après la nomination de nombreuses commissions, le travail de multiples experts et son intégration aux programmes scolaires et/ou universitaires. Mais l’ivresse fut de courte durée. Au milieu de la dernière décennie, après que certains établissements se sont essayés à la formation ouverte à distance (FOAD) (me revient en mémoire mes premières prestations dignes d’un présentateur du journal télévisé de la Roumanie des années Ceausescu !) avec la mise en ligne hebdomadaire de supports PDF et la tenue régulière de chats sans grande interactivité, l’irruption du numérique dans les vies académiques a constitué le premier éléments d’un séisme à l’ampleur inégalée dont les dernières secousses ne sont pas encore terminées… Parallèlement, la formation s’est ouverte à tous les âges, à tous les milieux, tous les projets, avec ou sans prérequis. Le monde de la formation connait aujourd’hui une véritable révolution avec l’apparition d’écoles totalement en ligne, de cursus ouverts à tous. De nouveaux acteurs sont apparus, issus de la nouvelle économie. Le monde du tourisme n’y échappe pas. Le nouveau monde lui ouvre les bras. Le vieux monde de la formation, aux rivages semblant chaque année plus éloignés de la terre promise, se perd en conjecture, en réforme, en périmètre, en logorrhée (les sachants y seraient confrontés aux apprenants).  Et c’est fort de ce constat qu’une idée a germé dans mon esprit au retour des congés d’été : suivre le maximum de cours disponibles sur la toile, avec l’ambition de me former, d’apprendre, d’écouter, de découvrir et d’observer. Bref, la formation d’un formateur qui veut découvrir les MOOC, les SPOC et autres COOC, sans hiérarchiser les acronymes…

Petit panorama français des formations tourisme en ligne

Bien sûr, j’avais entendu parler de certains projets développés depuis quelques années, notamment sous l’impulsion d’Atout France. Je me suis amusé cependant à « googliser » quelques mots clefs pour suivre la logique de celles et ceux qui recherchent des informations sur internet. C’est reconstituer en quelque sorte le parcours client d’un élève lambda en tourisme. Parce que l’enseignement doit être qu’on le veuille ou non une école de l’humilité. Publier des ouvrages ou organiser des salons pour rencontrer des candidats aux formations ne représentent plus grand-chose à coté d’un référencement de Google.

En tapant « MOOC tourisme », plusieurs ressources apparaissent dans les premiers résultats. Je me suis amusé à tenter d’en suivre le maximum depuis quelques semaines. Le premier MOOC, « Accueil France », est le plus connu[1]. Il a été créé par Tourism Academy (start-up, spécialisée dans la formation digitale des professionnels du tourisme qui vient de réaliser durant l’été 2017 une levée de fonds de 500 000 euros auprès de Bpifrance, via le fonds France Investissement Tourisme et auprès de Du Nord au Sud Investissements[2]) en partenariat avec Atout France. Il permet de faire un point sur des questions assez simples et concrètes, l’accueil des clientèles étrangères, notamment celles de nos voisins européens (Allemands, Belges, Britanniques, Espagnols, Italiens, Néerlandais). Est présenté également dans ce MOOC un cours pour passer d’un accueil de qualité à l’excellence de service et des cours pour maîtriser les enjeux et les outils du tourisme digital (l’essentiel du e-tourisme, le e-business, les réseaux sociaux). A noter que ce MOOC est développé sur plusieurs plateformes régionales, en partenariat avec les FROTSI (PACA par exemple[3]).

Deux autres MOOC sont disponibles sur la même plateforme. Un MOOC « Accueil Restaurants » permet de comprendre les habitudes alimentaires, les règles de l’accueil ainsi que de suivre un mini cours de langue pour mieux accueillir, dans les établissements de restauration 8 clientèles (Britanniques, Allemands, Belges, Chinois, Néerlandais, Espagnols, Italiens et Indiens). Un MOOC « Accueil long courrier » a pour objectif durant deux cycles de 15 chapitres de connaitre dans le détail les clientèles chinoises et indiennes, de comprendre les différences culturelles, de décoder les pratiques et les attentes et même des mini-cours de langue pour les accueillir en V.O.

Ces MOOC sont présentés sous forme de courtes vidéos, accompagnées de quiz qui permettent de s’assurer de l’acquisition des connaissances, mais aussi de gagner des points. Les participants sont classées, elles peuvent se défier dans des battles et échanger sur les forums. Ces MOOC sont finançables via un certain nombre d’OPCA, dont le FAFIH[4].

Les MOOC de la Tourism Academy intègrent depuis la rentrée 2017 un cursus universitaire, celui de l’ESTHUA, comme remise à niveau rapide et ludique pour les élèves de master.[5]

Une deuxième plateforme France université numérique (FUN) permet de suivre gratuitement un MOOC sur « Le tourisme culturel aujourd’hui : quels enjeux ? »[6]. Ce programme disponible en trois langues (français, espagnol et anglais) est proposé par l’Université Perpignan Via Domitia. Cette formation est destinée aux étudiants de Licence, aux professionnels du tourisme ainsi qu’à toute personne curieuse de cette question. Elle vise à développer chez les apprenants une réflexion sur les mutations et les enjeux du tourisme culturel, en lien avec la mobilité et les nouvelles pratiques des visiteurs.

Toujours sur cette plateforme FUN, le Conservatoire national des arts et métiers (Le Cnam) et le Minsitère de la Culture prépare le lancement pour la rentrée 2018 d’un MOOC « Le tourisme culturel : quand culture et tourisme participent au développement des territoires » qui sera dédié aux professionnels des deux secteurs et singulièrement de l’ensemble des établissements publics et privés de la culture et du patrimoine.

Un troisième sujet de MOOC m’a semblé intéressant « l’écotourisme, imaginons-le ensemble », toujours développé sur la plateforme FUN[7]. Ce MOOc est le fruit d’un partenariat entre l’Institut Sylvo-pastoral de Tabarka de l’Université de Jendouba en Tunisie et l’Institut Supérieur du Tourisme, de l’Hôtellerie et de l’Alimentation de l’Université Toulouse – Jean Jaurès en France. Un projet sur le « tourisme durable » semble être aujourd’hui en cours de développement.[8]

Quelques SPOC sont également disponibles pour les professionnels. On ne vantera jamais assez le travail de la MONA, pionnière sur le sujet. Son offre ressemble un peu à la « caverne d’Ali Baba »[9]… D’autres initiatives sont intéressantes, notamment dans le secteur de l’hôtellerie. Le cabinet Artiref propose par exemple 21 modules de formation avec un tutorat personnalisé en ligne [10]. Cinq OPCA, dont le Fafih, travaillent en ce moment avec le Cnam, dans le cadre d’une convention entre la DIRECCTE Ile de France et FUN à un SPOC « TPE-PME : digitaliser ses activités ». Les initiatives sont nombreuses, variées, riches.

Enfin, pour finir, j’ai suivi en préparant un ouvrage sur l’oenotourisme (à paraître en 2018) les tutos disponibles sur le site d’Atout France. Ces cinq tutos sont présentés par Martin Lhuillier et font un point précis et concis sur cinq sujets (l’oenotourisme en France ; les clientèles ; les clientèles étrangères ; réussir son projet oenotouristique ; promouvoir son offre oenotouristique). J’en ai profité également pour suivre le premier tuto sur le « slowtourisme », présenté par Guillaume Delacour.

 

Cette première immersion dans les MOOC, SPOC, COOC et autres tutos m’a laissé une double impression : d’être au début d’une formidable aventure, un peu comme un lecteur au temps de Gutemberg, mais aussi de penser que le format des supports (malgré leur qualité générale indéniable) n’est pas encore totalement finalisé. Sans paraphraser Woody Allen (« Si tu n’échoues pas de temps à autre, c’est le signe que tu ne fais rien de très innovant »), il me semble indispensable d’aller voir ailleurs dans le monde ce qui se fait sur le sujet. Sans doute d’autres formats existent-ils, d’autres tons, d’autres pédagogies. Ce sera l’objet de mes apprentissages dans les prochaines semaines…

[1] http://www.mooc-accueil.fr/#timeline-block

[2] http://www.tourmag.com/Formation-Tourism-Academy-leve-500-000-euros_a88109.html

[3] http://mooc-paca.com/#1484514462942-62f0097d-8e6b

[4] http://www.lechotouristique.com/article/atout-france-lance-la-nouvelle-saison-du-mooc-accueil,90375

[5] http://www.tourmag.com/Les-MOOC-de-Tourism-Academy-integrent-l-ESTHUA_a89118.html

[6] https://www.fun-mooc.fr/courses/course-v1:UPVD+95003+session01/about

[7] https://www.fun-mooc.fr/courses/ujendouba/36001S02/session02/about

[8] http://www.defismed.fr/actualites/projet-d-un-mooc-sur-le-tourisme-durable-avec-l-onu

[9] https://www.monatourisme.fr/ressources/

[10] https://www.artiref.com/formation-elearning-hotel.html

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« Il ne faut pas libérer les données, il faut se libérer par les données »

Internet Actu - lun, 02/10/2017 - 13:00

« “Libérer les données”, c’était le slogan des activistes de l’open data, les données ouvertes. Pour eux, l’administration devrait mettre à disposition ses données afin que l’on puisse les réutiliser. Mais réutiliser les statistiques de l’administration, c’est se plier à sa vision du monde. Pour pouvoir penser librement, il faut surtout créer ses propres données et mesurer le monde comme on le conçoit. Il faut se libérer par les données. »

(…) « Plutôt que de réutiliser les données de l’administration, il faut créer ses propres bases de données. C’est seulement en développant une statistique en dehors de l’Etat que l’on est capable de mesurer le monde – y compris l’action de l’Etat – en restant indépendant. »

(…) « En créant soi-même des statistiques, on change la manière dont un problème est perçu. »

Nicolas Kayser-Bril (@nicolaskb), indispensable datastoryteller. A lire du début à la fin !

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[Appel à comntributions] "The Economics of Privacy : Privacy and Data Protection in a Digital World"

Bretagne - MARSOUIN - lun, 02/10/2017 - 12:16

The journal Games (ISSN 2073-4336) is currently running a Special Issue entitled "The Economics of Privacy : Privacy and Data Protection in a Digital World". Prof. Dr. Dorothea Kübler (of WZB Social Science Center Berlin, Germany) and Prof. Dr. Hans-Theo Normann (of Duesseldorf Institute for Competition Economics, Germany) are serving as Guest Editors for this issue.

This Special Issue of Games is dedicated to the economics of privacy. In a digital world, topics like online privacy and the protection of personal data have become increasingly important. We invite game theoretical and experimental contributions on the economics of privacy. Potential topics include, but are by no means limited to, the valuation of personal data, online search, data security, information aggregation, targeted advertising, price discrimination, as well behavioral effects in digital markets. We list below further keywords that may help to identify suitable topics for the Special Issue. [...]

For further reading, please follow the link to the Special Issue Website at : http://www.mdpi.com/journal/games/special_issues/privacy_data_protection

The submission deadline is 31 March 2018. You may send your manuscript now or up until the deadline. Submitted papers should not be under consideration for publication elsewhere. We also encourage authors to send a short abstract or tentative title to the Editorial Office in advance (sophie.sun@mdpi.com or games@mdpi.com).

Games is fully open access. Open access (unlimited and free access by readers) increases publicity and promotes more frequent citations, as indicated by several studies. Open access is supported by the authors and their institutes.

We are very pleased to announce that Games has been accepted for funding by the Knowledge Unlatched initiative (http://www.knowledgeunlatched.org). As of 2018, the Article Processing Charges (550 CHF) for papers published in the journal will be partially/fully covered via the Knowledge Unlatched crowd-funding mechanism. Please note this is a pilot program experimenting ways to support authors in the humanities and social sciences fields publishing in open access format.

For further details on the submission process, please see the instructions for authors at the journal website (http://www.mdpi.com/journal/games/instructions).

Voir en ligne : Plus d'informations

Hypnotisés par Hyperloop

Internet Actu - lun, 02/10/2017 - 07:00

L’essayiste Geoff Manaugh (@bldgblog) pour le New Yorker en faisant référence à des projets des années 30, souligne combien la ville du futur a toujours eu besoin d’être un spectacle pour être la ville du futur. Transformer les difficultés du quotidien par des projets grandioses a toujours été populaire.

Hyperloop, le projet de transport futuriste d’Elon Musk et bien d’autres de ses projets – par exemple, son dernier en date, la « Big Fucking Rocket » (vidéo promotionnelle) de SpaceX qui propose non seulement de mener des missions vers Mars, mais désormais de relier n’importe quelle ville sur la planète en 30 minutes en passant par l’espace pour le prix d’un billet d’avion – ressemble assez à des idées que quelqu’un qui aurait trop regardé Docteur Who pourrait avoir. Sauf que Musk bénéficie d’une audience que beaucoup n’ont pas et d’une confiance inébranlable dans ses projets. Le problème d’Hyperloop, estime Manaugh, c’est de proposer un mégaprojet charismatique comme une solution aux problèmes du quotidien (Ethan Zuckerman ni disait pas autre chose en critiquant la voiture autonome). Si l’objectif d’Hyperloop est de résoudre la mobilité à grande échelle, il existe de nombreuses autres options qui ne nécessitent pas de « redémarrer » l’ensemble du monde urbain, rappelle pourtant Manaugh. On pourrait améliorer le financement du train, des bus, réparer les métros ou les ponts… … Hyperloop est intéressant si on le regarde comme une provocation, un moyen de lancer la conversation… Mais sinon ?

Pour Manaugh, la science-fiction sur laquelle ces visions transformatrices reposent a toujours proposé des réalités alternatives et une force symbolique, mais beaucoup de ces dystopies finissent par relever leur caractère catastrophique. L’architecte Rem Koolhaas suggérait d’ailleurs que la ville de Dubaï et ses projets pharaoniques était dans une impasse logique… En multipliant l’ambition de ses bâtiments, on se retrouve comme dans une série de films d’action toujours plus violents, mais toujours plus ennuyants. L’horizon inhabituel de la ville faite de tours de hautes technologies ennuyeuses a perdu à Dubaï tout sens de la mesure. Le résultat final est un désordre de superprojets sans signification. Pour Manaugh, « le risque de prendre en compte les visions originales de chaque milliardaire est que le monde entier devienne comme Dubaï, un mélange de projets incompatibles, d’infrastructures exclusives, dirigées par le secteur privé, mais sans cohérence ni but. C’est un design formidable, mais une urbanisation terrible… »

Pour Manaugh, Hyperloop n’est rien d’autre qu’un coup médiatique, un projet, qui, s’il est réalisé ne serait en rien une solution pour les gens. Pire, souligne-t-il, quelle vision de société le philanthrocapitalisme qu’incarnent Musk comme Dubaï proposent-ils ? Que construisent ces ensembles d’infrastructures propriétaires incompatibles entre elles ? Ne risque-t-on pas demain de voire surtout des voitures autonomes empêchées de traverser des ponts gérés par des technologies rivales, comme aujourd’hui les voitures de Telsa sont débridées à distance selon le bon vouloir du constructeur ?

La mathématicienne Cathy O’Neil (@mathbabedotorg) est plus critique encore. Envoyer des gens sur Mars (un des autres projets de Musk) est bien plus amusant que d’avoir à rendre des comptes, explique-t-elle dans une tribune pour Bloomberg. Pour elle, le fossé entre les problèmes des gens et les problèmes que ces entreprises proposent de résoudre s’agrandit. Cette fracture est liée à l’inégalité croissante. Quand les gens de l’élite vivent dans une bulle, ils ne font pas l’expérience des frictions de la vie normale. Cela explique qu’ils se concentrent sur des problèmes qui ne sont pas ceux du commun des mortels. A qui s’adresse le projet – fort peu soutenable d’ailleurs – de Big Fucking Rocket hormis à la super-élite de la planète ? Où cherche à nous conduire ce « capitalisme absolu », ce « nécrocapitalisme », qui ne semble plus concernés par aucune communauté locale pour privilégier l’accès au spectacle que lui permet une accumulation financière devenue complètement indépendante de l’intérêt social, comme s’en désole le philosophe marxiste Franco Bérardi dans son livre Tueries, forcenés et suicidaires à l’ère du capitalisme absolu, dénonçant l’alexithymie (une forme extrême d’absence d’empathie) dans laquelle se rejoignent les plus démunis comme les plus privilégiés ?

Sur son blog, Eric Vidalenc (@ericvidalenc), spécialiste en questions énergétiques, s’était énervé également contre les pseudo-bus anti bouchon Chinois sensés rouler au-dessus du trafic automobile qui avaient défrayé la chronique l’année dernière, se demandant pourquoi nous croyons autant ces escroqueries, pourquoi nous sommes aussi crédules. Se désolant du solutionnisme technologique qu’incarnent ces propositions qui visent toujours à reporter à demain la résolution des problèmes actuels.

Le spécialiste avait d’ailleurs été particulièrement mordant à l’égard d’Hyperloop. Rappelant notamment que l’emprise foncière nécessaire à un projet de ce type le rend peut réaliste ou combien ce projet favorise une polarisation, une concentration et une inégalité territoriale toujours plus poussée, notamment du fait de la forte limitation du cadencement et du débit des capsules de voyageurs dans les tunnels d’Hyperloop. « La question essentielle des transports collectifs n’est pas la vitesse absolue, mais celle du débit », comme le précisait l’économiste des transports Yves Crozet. Même le bilan énergétique d’Hyperloop s’avère bien moins magique qu’annoncé.

Et Eric Vidalenc de se désoler du fait que dès qu’on interroge un projet d’accélération… on soit taxé d’être contre le progrès. L’hystérie de la vitesse absolue que proposent nombre de projets de Musk ne sont qu’une réponse bien simpliste à une problématique complexe. Elon Musk ne propose décidément que de faire rêver ceux qui le veulent bien.

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