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Le drone, un véritable moyen de promotion touristique

Blog e-tourisme - ven, 15/09/2017 - 08:00

Les vidéos touristiques ont la côte et ces dernières années les techniques originales n’ont pas cessé de se développer : vidéos en 360, Timelapse, Stop Motion, Tilt Shift … Autant de procédés qui permettent d’avoir une vidéo inédite et singulière sur un territoire, un paysage, un élément patrimonial, une activité touristique, un hébergement … 

Si les techniques n’ont cessé de se développer les matériaux ont eux aussi évolués devenant plus performants, plus compacts et même plus accessibles ! Parmi ces matériaux l’un d’entre eux est de plus en plus récurent : le drone. Aujourd’hui nous allons revenir sur ce nouvel outil et en explorer ses possibilités.

 

Utiliser un drone pour promouvoir un territoire

Les drones sont des petits appareils téléguidés permettant de faire des prises de vue depuis le ciel. Ces appareils peuvent être utilisés pour prendre des photos ou bien des vidéos d’un lieu touristique, d’un élément patrimonial, d’une activité … Leur légèreté et leur petite taille leur permettent de se faufiler à des endroits parfois inaccessibles avec une équipe de tournage ou un hélicoptère et ainsi de découvrir un territoire d’une façon totalement novatrice

Attention, il n’est cependant pas possible d’utiliser un drone comme bon vous semble, surtout si la vidéo a des fins commerciales. La legislation française est très précise en ce qui concerne ce sujet et en réglemente l’utilisation (brevet de conduite, limitation de hauteur et de distance …). C’est pourquoi, on voit de plus en plus apparaître des entreprises spécialisées dans la prise et le montage de vidéos en drone. 

 

Combien coute une vidéo aérienne par drone ? 

Il est bien sur difficile d’évaluer le prix d’une vidéo aérienne d’un lieu touristique car cela dépend de la prestation souhaitée. Pour créer une vidéo touristique il faut réaliser un scénario préalable, un repérage des lieux, une programmation du parcours de vol, une ou plusieurs journées de tournage ainsi que le montage final en post-production. Les prix peuvent ainsi varier de 600 jusqu’à 3 500 euros suivant le projet souhaité.

 

Les avantages d’une vidéo en drone

Le drone est un moyen de plus en plus répandu pour réaliser des vidéos car il dispose de nombreux avantages parmi lesquels :

  • Une prise de vue originale et insolite (notamment grâce à un vol possible à basse altitude)
  • Une altitude allant jusqu’à 150 mètres (selon la législation)
  • Une souplesse de conduite permettant un accès à des zones difficiles 
  • Des tarifs plus abordables qu’une prise de vue par hélicoptère
  • Une façon originale de faire découvrir son territoire

Pour vous convaincre, je vous laisse regarder ces quelques exemples de vidéos touristiques : 

 

Pour conclure, la vidéo en drone permet d’obtenir un point de vue différent, de varier le contenu à diffuser et de surprendre le visiteur en lui donnant une autre vision de la destination. Cela permet également de mettre bien plus en avant certaines parties de son territoire qu’avec une prise de vue classique. Alors vous êtes convaincu ? Si vous connaissez d’autres bons exemples de vidéos touristiques par drone, n’hésitez pas à nous les faire partager en commentaires.

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Le smartphone : principal support d’informations et de séduction dans le tourisme ?

Blog e-tourisme - jeu, 14/09/2017 - 08:00

Dans mon précédent billet, Toujours plus de réservation sur mobile dans le tourisme en 2016, j’ai cherché à parler de l’augmentation des réservations sur téléphone portable dans le tourisme. Aujourd’hui, j’aimerai me concentrer sur la place du mobile en phase de préparation des vacances.

L’enjeu pour les professionnels du tourisme est d’arriver à séduire le consommateur sur l’écran de son smartphone et d’être présent au bon moment (relire en particulier les synthèses de Google sur les micro-moments dans le tourisme).
A ce sujet Phocuswright vient de publier une intéressante synthèse The European Smartphone Traveler in 2017 (marchés analysés : Allemagne, France et Royaume-Uni). Le bureau d’études en propose un rapide résumé dans son billet European Travelers Embrace Smartphone Shopping, If Not Booking. On y apprend que les principaux usages sur smartphone dans le tourisme sont associés à la recherche d’informations :

  1. les restaurants,
  2. les activités à faire sur place,
  3. renseignements sur les destinations (découverte et explorations des territoires),
  4. les attractions touristiques
  5. et enfin vérifier le prix des hôtels et des vols.

Source : The European Smartphone Traveler in 2017 – A European Traveler Technology Survey Report, Phocuswright

Une fois la recherche terminée et les prestations choisies, la majorité des consommateurs basculent sur ordinateur pour finaliser leur choix. Les consommateurs préfèrent donc réserver plutôt sur ordinateur pour plus de praticité : écran des smartphones trop petit ? claviers des smartphones peu pratiques pour remplir des formulaires ? L’enjeu pour les professionnels du tourisme est ainsi de repenser leur stratégie de contenu pensée pour mobile en phase de préparation des vacances (séduire et informer sur smartphone).

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L’Institut pour l’innovation et l’intérêt public

Internet Actu - mer, 13/09/2017 - 07:00

La spécialiste de l’innovation publique, Mariana Mazzucatato (Wikipédia, @MazzucatoM), auteure de l’Etat entrepreneurial, a lancé fin juin un Institut pour l’innovation et l’intérêt public (Institute for Innovation and Public Purpose, IIPP, @IIPP_UCL accueillit à l’University College de Londres) pour repenser la manière dont est « créée, nourrie et évaluée la valeur publique ». L’action du secteur public ne peut se limiter à corriger les défaillances du marché, mais doit les façonner pour aider secteur public, privé et tiers secteur à atteindre les objectifs sociétaux qui s’annoncent. L’enjeu du think tank est de poser la question de la production de l’intérêt général : comment ces secteurs peuvent-ils travailler de manière collaborative pour produire des biens et une valeur publics ? Comment mieux comprendre l’intérêt général et produire des objectifs d’intérêts général ? Quelles structures sont les plus à mêmes de produit de la valeur publique ? Les nouvelles technologies peuvent-elles avoir un but « public » ? Comment la valeur produite collectivement peut-elle être mieux partagée de manière inclusive ?…

Dans ses objectifs (.pdf), l’IIPP a notamment pour vocation de construire un nouveau vocabulaire pour l’action publique afin de produire « un récit alternatif » pour l’élaboration de politiques qui soient moins axées sur le désendettement ou la réduction des dépenses, mais plutôt sur l’évolution dynamique, l’expérimentation et la construction stratégique… Une initiative assurément à suivre.

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Watson, une révolution pour lutter contre le cancer ? Nous en sommes loin !

Internet Actu - mar, 12/09/2017 - 12:00

L’une des applications phares de Watson, le système d’intelligence artificielle d’IBM a longtemps été la fouille de données médicales et l’analyse des corpus d’articles de recherche sur le cancer. Force est pourtant de constater que les résultats annoncés ne sont pas au rendez-vous estime une remarquable enquête de Stat News (@statnews) menée par Casey Ross (@byCaseyRoss), leur spécialiste santé, et Ike Swetlitz (@ikeswetlitz), leur spécialiste des questions politiques.

En fait, soulignent les journalistes, si Watson semble toujours prometteur, la plateforme d’intelligence artificielle d’IBM consacrée à la recherche médicale contre le cancer, 3 ans après son lancement, en est encore à tenter de distinguer les différentes formes de cancer. La cinquantaine d’hôpitaux à travers le monde qui ont adopté le système sont loin d’avoir permis à IBM de dominer le marché. Et dans les hôpitaux étrangers, les médecins se plaignent des biais du système. IBM n’a d’ailleurs publié aucun article scientifique démontrant l’impact de Watson. En fait, les journalistes estiment que, contrairement aux promesses, Watson n’a pas créé de nouvelles connaissances. Pire, il aurait même du mal à s’adapter aux nouvelles connaissances : sa grille d’analyse de contenus le poussant plutôt vers des conclusions prenant en compte beaucoup de données plutôt que les plus à jour. Pire encore, soulignent-ils, malgré son utilisation dans nombres d’industries, Watson n’a pas réussi à inverser la baisse de revenus d’IBM depuis 21 trimestres d’affilés (au dernier trimestre, les revenus de la division solutions cognitives d’IBM, construite autour de Watson et qui est censée être l’avenir des activités de l’entreprise, ont eux-mêmes diminué par rapport à l’an dernier rapportent-ils).

L’article de StatNews est riche d’exemples et de retours de praticiens qui l’utilisent. Il évoque par exemple les réponses de Watson sur les données d’un patient recommandant une chimiothérapie que les oncologues avaient déjà recommandé. Si le système a indiqué des articles de recherche pertinents, il n’a pas aidé à prendre une décision ni n’a proposé d’informations que les médecins ne connaissaient pas. Bien sûr, tout le long de l’enquête, IBM qui a visiblement été invité à réagir aux attaques se défend en soulignant que Watson en est encore à un stade d’apprentissage et qu’il a besoin de plus de données pour s’améliorer… un argument de légitimation on ne peut plus classique.

Plusieurs médecins soulignent que le manque d’évaluation scientifique de l’efficacité de Watson pose problème. Certes, Watson – sur la gamme de cancers parmi les plus courants qu’il sait analyser – donne des recommandations de soins souvent assez proches des méthodes existantes, les mêmes que celles que recommandent les médecins. Mais pas tout le temps. A nouveau, s’il est compétent pour appliquer des méthodes reconnues, pour l’instant, le système n’a pas fait la démonstration de sa capacité à les améliorer comme l’a promis IBM. Le problème, soulignent les praticiens, n’est pas tant la première recommandation d’un scénario clinique que les suivantes, et notamment les cas de traitements secondaires, après que la première recommandation ait échoué, comme c’est le cas par exemple après l’échec d’une chimiothérapie particulière. Le système a alors bien plus de mal à faire une recommandation – tout comme le consensus entre professionnels qui est d’ailleurs beaucoup moins marqué. Au Danemark, les oncologues d’un hôpital ont déclaré avoir abandonné le projet d’avoir recours à Watson après avoir constaté que les médecins locaux n’étaient d’accord avec Watson que seulement dans 33 % des cas.

Ceux qui ont travaillé avec Watson expliquent également que le système a beaucoup de mal à comprendre les dossiers médicaux des patients : qu’il faut passer du temps pour détailler les acronymes, corriger les erreurs, les phrases abrégées… bref, mettre en forme l’information pour que la machine puisse les interpréter sans erreurs. Hors des Etats-Unis, plusieurs médecins se plaignent du fait que Watson privilégie les études et recommandations américaines (et notamment celles du Centre contre le cancer du Memorial Sloan Kettering, qui est l’établissement majeur avec lequel travaille Watson) sans que les utilisateurs d’autres pays puissent apporter des corrections par exemple sur les doses plus faibles de médicaments que beaucoup recommandent pour minimiser les effets secondaires – ainsi que parfois pour des raisons de moyens. En Corée du Sud par exemple, les chercheurs ont indiqué que le traitement que Watson recommandait le plus souvent pour les patients atteints de cancer du sein n’était tout simplement pas couvert par le système d’assurance national… Un autre oncologue souligne que si Watson fournit des preuves à l’appui de ses recommandations (notamment des études), il n’explique pas comment ni pourquoi il recommande un traitement particulier à un patient particulier. Et l’oncologue d’évoquer l’exemple où Watson a recommandé une certaine chimiothérapie pour un cancer qui ne s’est pas propagé à des ganglions lymphatiques en s’appuyant sur une étude qui montre l’efficacité dudit traitement chez les patients dont le cancer s’est propagé aux ganglions lymphatiques… Faut-il voir là une approximation ou une recommandation ? Et comment les médecins peuvent-ils en juger ?

Reste que Watson n’a pas que des défauts. Plusieurs utilisateurs interrogés par le StatNews signalent que le système fournit bien souvent les meilleures données de la littérature scientifique sur les traitements. Il permet également de mieux discuter des options possibles avec les patients et entre médecins, leur fournissant du matériel pour discuter en connaissance de cause des différentes options qui s’offrent à eux, des taux de réussites probables… Mais le système est loin d’être aussi parfait et infaillible que ne le vend le marketing d’IBM.

En lisant en détail les critiques de StatNews, on constate en tout cas combien ce programme, du fait des enjeux qu’il porte, demeure très encadré, très interrogé, accompagné et très surveillé… Comme le concluent les auteurs de l’enquête, l’accompagnement de l’IA est et demeure primordial. Nous sommes loin d’un système expert infaillible et que faire parler des données hétérogènes ne produit pas nécessairement facilement de nouvelles connaissances. La Watsonisation de la santé n’est pas si simple… Et IBM pourrait devenir la première victime du succès marketing de Watson, c’est-à-dire des attentes un peu irréalistes que la firme a fait naître chez ses clients.

Pour le consultant Peter Greulich, ancien responsable d’IBM et auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire d’IBM, IBM s’est fait dépasser par son marketing autour de Watson, sans parvenir à contrôler et à construire son produit. Pour lui, l’investissement d’IBM dans Watson est insuffisant. Dans les années 60, ses investissements en R&D étaient bien plus élevés qu’ils ne le sont aujourd’hui avec Watson. Par rapport à ses concurrents (Amazon, DeepMind de Google, Microsoft, ou Optum de UnitedHealth…) IBM perd du terrain sur la question de l’IA rappelle également, dans un article au vitriol, Jennings Brown pour Gizmodo.

A l’heure où la firme tente de diversifier les champs d’expertise de Watson, force est de constater que l’article de StatNews pointe bien des limites, qui ne sont d’ailleurs pas propres à Watson. Bien des critiques qui sont faites à Watson ressemblent à celles qu’on entend ailleurs : pointant des questions de compréhension du fonctionnement des systèmes, d’intelligibilité, de symétrie d’information, d’ouverture et d’accès aux paramètres.

Comme nous le pointions dans les pistes d’innovation du groupe de travail NosSystèmes de la Fing, Watson, pas plus que d’autres systèmes d’IA, n’en fera visiblement l’économie.

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Thomas Piketty : « Repenser le code du capital »

Internet Actu - mar, 12/09/2017 - 07:00

L’économiste Thomas Piketty (blog), dans une tribune pour Le Monde, regrette que la réforme du Code du travail ne s’accompagne pas d’une évolution de la gouvernance des entreprises. La réforme du Code du travail du gouvernement augmente le pouvoir des employeurs sans réelles contreparties. Elle porte une vision conflictuelle et hiérarchique du monde du travail et ne propose aucune avancée vers la démocratisation du pouvoir dans l’entreprise. Or, contrairement à la France, depuis les années 50, l’Allemagne ou la Suède notamment, ont renforcé la codétermination, c’est-à-dire, la participation des salariés aux décisions, notamment en augmentant le nombre de sièges attribués aux salariés dans les Conseils d’administration des entreprises.

Piketty pointe notamment vers les travaux des juristes Ewan McGaughey (@ewanmcg), de Isabelle Ferreras (qui publie prochainement Entreprises comme entités politiques) et Julia Cagé qui réfléchissent à des modalités pour faire entrer les salariés dans la gouvernance des entreprises. Il y a effectivement là un chantier à ouvrir qui permettrait certainement d’aller au-delà des Coopératives et des entreprises libérées.

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La réalité virtuelle dans le tourisme : une réalité bien réelle !

Blog e-tourisme - lun, 11/09/2017 - 19:54

La Réalité Virtuelle (dite VR) et la Réalité Augmentée (RA) dans le tourisme, on en parle déjà depuis un petit moment. Ici même en janvier 2016 Pierre Eloi faisait un tour d’horizon dans son billet « Réalité Virtuelle immersive 360°avec un peu de 4D…bienvenue en 2016 ».

Depuis, le déploiement de de la Réalité Virtuelle s’est considérablement accéléré dans toute l’industrie du voyage, dans les visites et même les offices de Tourisme.

La réalité virtuelle et/ou augmentée est désormais présente à chaque étape du cycle du voyage.

La VR est devenue une réalité bien réelle du tourisme, de la culture et des loisirs !

Je vous propose ici un petit tour d’horizon en suivant le parcours du voyageur, mais commençons par quelques définitions rapides et simples.

La Réalité Virtuelle : reconstitution en image 3D se rapprochant le plus possible de la réalité afin de d’offrir une expérience immersive à l’utilisateur. Dit autrement, des images de synthèse créées par ordinateur et visionnées dans un casque de réalité virtuelle qui procurent la sensation de faire partie du film.

La Réalité Augmentée est un mélange d’éléments du réels et de la réalité virtuelle : par exemple des images du réel en live ou enregistrées sur lesquelles on va superposer des éléments virtuels (texte, image, etc.).

De plus en plus de réalisation mixe les deux techniques en superposant des éléments du réel avec des éléments virtuels (penser à Pokemon Go !).

Les films 360° immersifs sont généralement classés dans cette catégorie VR/RA principalement parce qu’ils utilisent les mêmes techniques de visionnage (casque VR).

Le point commun à toutes ces techniques est leur caractéristique Immersive : il s’agit de plonger l’utilisateur dans un monde, lui faire vivre une expérience totalement immersive. On comprend donc pourquoi le monde du tourisme s’est rapidement approprié ces techniques. 

La Réalité Virtuelle / Augmentée est donc en train de devenir un pilier de la transformation numérique du tourisme.

L’avant-voyage

Dans la phase d’inspiration, les destinations commencent à s’approprier les techniques de films 360° et de plus en plus des films tournés par drone qui font vivre à l’utilisateur des expériences uniques de découverte d’un paysage ou d’un patrimoine.

Et ceci d’autant plus que le visionnage, s’il est optimal avec un casque de VR est désormais possible avec un simple PC ou smartphone avec Youtube 360° et Facebook 360°.

L’usage est ici celui de la « téléportation » : l’immersion dans une destination à distance !

Vous pouvez, par exemple, préparer votre prochain séjour en Nouvelle Calédonie grâce à la chaine Youtube 360° de New Caledonia Tourism.

De plus un outil de vente

La VR/RA se déploie de plus en plus dans le process de vente. Le pionner dans ce domaine, c’est Club Med qui a filmé plus d’une dizaine de ses villages et activités et propose aux clients en boutique des visites virtuelles pour susciter un acte d’achat… bien réel !

A voir, la vidéo ci-dessous « Le club Med introduit la réalité virtuelle en agence ».

Nombreux sont également les grands hôtels qui utilisent désormais la vidéo 360° et la visite virtuelle notamment dans le parcours de vente MICE.

De son côté Accorhotels poursuit la réalisation en 360° de ses hôtels et de leur environnement.

Que ce soit pour déterminer sa destination, pour réserver son hôtel ou acheter son séjour en club : la VR s’impose comme un outil original et puissant de promotion et de vente.

Pendant le voyage :  

L’essor de l’utilisation de la VR pendant le voyage est également spectaculaire.

A l’instar de plusieurs compagnies aériennes, Eurostar a proposé, cet été, à ses voyageurs des casques de réalité virtuelle pour vivre l’expérience « Eurostar Odysée ». L’usage n’est plus ici la téléportation dans une destination mais de rendre visible l’invisible : « le toit du train virtuel se transforme en un plafond de verre révélant le monde sous-marin environnant ». L’expérience magique du train sous la mer… Réalité et Imaginaire !

Air France ou Qantas indiquent tester des casques de réalité virtuelle à bord des longs courriers. Une belle opportunités pour les destinations de promouvoir leur destination vers une clientèle hyper ciblée et captive ?

 Pendant le séjour :

La VR/RA est désormais présente à plusieurs étapes et points de contacts du séjour du visiteur. Elle a d’abord fait son apparition dans les musées et monuments dans un esprit ludique et pédagogique.

Deux usages principaux ont été déployés par les musées et monuments :

La visite virtuelle, qui permet à distance de visiter le musée. On pense notamment au Musée de la Grande Guerre de Meaux, précurseur en la matière ou plus récemment le Château de Versailles avec un système participatif. Voir les visioconférences du château de Versailles.

La visite augmentée est le deuxième usage. Le Detroit Institut of Arts, par exemple, propose à ses visiteurs de découvrir le monument commandé par Nabuchodonosor à travers une application de réalité augmentée.  

Et le responsable du MET de New-York de déclarer : « Nos concurrents s’appellent Netflix ou Candy Crush, ce ne sont pas les autres musées ».

L’application de réalité virtuelle de la Casa Batllo est une application de visite en réalité augmentée et virtuelle qui nous plonge dans l’univers fou de Gaudi. Probablement une des plus belles réussites (voir le site de la Casa Battlo) mais le dispositif se heurte toujours à la barrière du téléchargement.

Tous les musées, monuments témoignent en effet de la difficulté à « faire télécharger et utiliser » des applications relativement lourdes.

Le Musée Magritte propose à ses visiteurs une immersion grandiose dans l’univers du peintre grâce à un dispositif de réalité virtuelle, en mettant des casques de VR à disposition :

La visite augmentée et la smart-city

Du côté des Villes, Bordeaux et son Office de Tourisme ont été avant-gardistes avec la visite augmentée en proposant un Ipad qui permet de visiter la ville en visionnant l’histoire de la Ville.

L’expérience s’est avérée pas si facile à mettre en œuvre : l’entretien d’un parc d’Ipad, d’un système de location-caution n’est pas aisée. L’usage de la tablette en situation de ballade en ville se révèle peu confortable. Le problème est donc plus du côté du support que des contenus qui permettent d’entrer et de comprendre le Bordeaux du XVIIIeme.

Le Havre a, de son côté, pour ses 500 ans, choisi Timescope, la borne de réalité virtuelle en libre-service pour faire revivre à ses habitants et visiteurs Le Havre d’avant la destruction.

Les deux bornes du Havre ont été, cet été,  plébiscitées par les visiteurs : plus de 300 utilisateurs par jour et par borne et des taux de satisfaction supérieur à 90 %.

Visionnez le reportage de l’inauguration des Timescope du Havre pour bien comprendre la valeur apportée aux visiteurs et habitants :

On est là dans l’usage de la visite augmentée et même du voyage dans le temps. Dernier exemple, pour se faire plaisir, saviez-vous qu’au XVII encore les ponts de Paris étaient habités ? vous les avez-vous déjà vu ?

Après le voyage

Les vidéos, de plus ou moins grande qualité, 360° se multiplient sur le web. Et si la vidéo 360°, voir même la vidéo 360° par drone, était en train de détrôner le selfie !

Les visiteurs filment et partagent de plus en plus en 360°. Bien entendu, Youtube et Facebook y sont pour beaucoup.

Je vous propose un petit test : taper le nom de votre destination + youtube 360° vous serez surpris !

La boucle est donc bouclée, vos visiteurs tournent en 360° (avec plus ou moins de bonheur) et deviennent des prescripteurs de votre destination … une source d’inspiration pour leurs communautés, vos prochains visiteurs !

 

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L’imaginaire du Bitcoin (2/2) : utopies pirates et théorie du tout

Internet Actu - lun, 11/09/2017 - 07:00

Le bitcoin est sans aucun doute une émanation de l’idéologie libertarienne qui vise à l’obsolescence de l’État et au règne absolu du marché. Pourtant les choses sont plutôt ambiguës. Dans un article précédent, je mentionnais les propos de Stan Latimer, affirmant que, dans une Dac (Distributed Autonomous Corporations, ou Entreprises autonomes distribuées), les changements d’orientation de la corporation ne pourraient pas venir d’actionnaires externes, mais de ses employés, comme les « mineurs » dans le cas du bitcoin. J’y soulignais alors la confluence entre l’esprit anarcho-capitaliste et les vieilles utopies autogestionnaires. En fait, l’anarchisme est l’équivalent politique d’une « Singularité » technologique. On ne peut pas prévoir ce qu’il y a derrière, ce qu’il se passera après la destruction des institutions étatiques. La société pourra adopter un marché dérégulé, un communisme complet, ou n’importe quelle forme entre les deux, y compris, pourquoi pas, la bonne vieille féodalité ou (plus probablement) la reconstitution d’une nouvelle forme d’État…

De l’île de la tortue aux utopies numériques
De fait, le libertarianisme est une idéologie ambiguë, revendiquée par des courants de pensée très différents, voire carrément opposés. On trouve en effet des tendances « libertariennes » au sein bien sûr de la droite américaine, chrétienne ou non, mais également chez des représentants de la « contre-culture » issue du mouvement hippie. Si les membres du Tea Party souhaitent la disparition de l’État pour avoir la liberté de créer des communautés fermées vivant selon les principes des puritains du XVIIe siècle, d’autres revendiquent la même idéologie pour fumer toute la dope qu’ils veulent. Comme l’a dit une fois Tim Moen, un libertarien canadien : « Je veux que les couples gays mariés puissent défendre leurs plants de marijuana avec des armes. »

Lors de l’explosion du mouvement hippie dans le Haight-Ashbury lors des années 60, les Diggers faisaient la promotion d’une culture de la gratuité pas si éloignée des mouvements open source des années post-internet (rappelons que John Barlow, cofondateur de l’Electronic Frontier Foundation et auteur de la célèbre formule « l’information veut être libre » a également été parolier au sein du plus célèbre des groupes hippies, le Grateful Dead). Une idéologie qui pouvait davantage se rapprocher de l’anarchisme communautaire classique connu en Europe que du libertarianisme effréné. Pourtant, des versions plus « capitalistes » ne vont pas tarder à apparaître, au sein de ce mouvement.

Le roman Illuminatus !, écrit par Robert Anton Wilson et Robert Shea, et publié en 1975, fait sans doute le lien entre la contre-culture hippie des années 60 et ce qui deviendra au fil des années la « cyberculture » internet. C’est également un ouvrage qui exprime très bien la porosité mentionnée plus haut entre les deux formes d’anarchisme, capitaliste et communiste.

Le roman est une parodie des théories de la conspiration en cours aux Etats-Unis (eh oui, en 1975, il y avait déjà des gens obsédés par les illuminati, et depuis longtemps !). Il met en vedette deux personnages entraînés dans une relation d’amour-haine ; l’un d’eux, Simon Moon, est un anarchiste traditionnel qui vise à destruction de la propriété tandis que l’autre, Hagbard Celine, une espèce de savant fou vivant dans son sous-marin (jaune évidemment), se base sur la théorie libertarienne de l’anarchisme individualiste et affirme que la propriété n’est pas le vol, mais « la liberté ». Illuminatus cherche à démontrer que les deux anarchismes, opposés en apparence, sont en réalité les deux faces d’une même réalité.

Par bien des côtés, Hagbard Celine est le prototype du « hacker », l’archétype qui va dominer la culture deux décennies plus tard. En tout cas, l’influence d’Illuminatus sera profonde (pour seul exemple, le groupe KLF, qui fut l’un des principaux promoteurs de la musique techno en Angleterre, a multiplié les références à ce livre).

Dans la nouvelle « Visit Port Watson » (disponible ici) écrite par un anonyme et publiée dans la revue Semiotext(e) (elle serait d’abord parue en 1985 dans un fanzine nommé « libertarian horizons : a journal for the free traveler ») l’influence de Shea et Wilson se combine avec celle d’un autre Wilson, Peter Lamborn Wilson, également connu sous le pseudonyme de Hakim Bey et inventeur du concept anarchiste très en vogue dans les années 90 de « zone d’autonomie temporaire » (et qui peut être vu comme l’inspiration principale du « Burning Man »). Semiotext(e) est préfacé à la fois par Robert Anton Wilson et Peter Lamborn Wilson, et je ne serais pas étonné qu’en fait l’un des deux Wilson soit l’auteur de « Visit Port Watson ».

L’originalité de ce court récit est de présenter une utopie anarcho-capitaliste basée sur la « perversion » du système capitaliste. Port Watson vit en effet des fonds fournis par une banque spécialisée dans toutes les opérations financières les plus douteuses. Comme dans Illuminatus, la technologie est omniprésente. Cette banque ne possède que peu de réelles richesses, « sa richesse se trouve essentiellement dans la mémoire de ses ordinateurs ». De même, si les citoyens peuvent utiliser n’importe quelle monnaie étrangère pour des petites transactions comme l’achat de nourriture, les plus grosses dépenses s’effectuent essentiellement par le biais de l’informatique.

Cette idée d’utopie libertarienne trouve ses références dans les « utopies pirates », ces enclaves qui auraient été implantées aux Caraïbes par des flibustiers soucieux de vivre loin de toute forme d’autorité. Hakim Bey en fait souvent mention dans ses écrits et il en a peut-être trouvé la source dans les œuvres du célèbre écrivain beat William S. Burroughs, qui en fait grand cas dans son roman Les Cités de la nuit écarlate.

Bien sûr, le bitcoin n’est pas une « utopie pirate », bien que certains pointeraient avec malice la ressemblance entre l’économie de Port Watson et des plates-formes comme Silk Road, l’un des marchés noirs du Darknet. Mais des systèmes comme Bitcoin et et Ethereum ont pour caractéristique de court-circuiter les régulations légales et étatiques aux échanges commerciaux. Une autre idée qui court dans des fictions comme Port Watson ou Illuminatus est que l’anarchisme ne résulte pas d’un usage moindre de la technologie, mais au contraire de son exacerbation.

Une vision du monde ?
Pourquoi cette passion des « futuristes » pour l’anarcho-capitalisme ? Se contenter de dire « c’est à cause de la Silicon Valley » est une réponse plutôt simpliste, pour deux raisons. Tout d’abord, un capitalisme industriel existe depuis deux bons siècles sans jamais avoir encouragé les opinions libertariennes, bien au contraire. Ensuite, les « anarcho-capitalistes » extropiens existent depuis les années 80, à une époque où la Silicon Valley était encore embryonnaire. J’ajouterais à cela que la plupart de ceux qui souscrivent à ces idées ne sont pas des entrepreneurs millionnaires, loin s’en faut.

Si l’anarchisme (surtout dans sa version libertarienne) a tant séduit les milieux futuristes et technophiles, c’est peut-être parce qu’il repose sur une conception du monde complète, celle du « bottom-up » : autrement dit l’idée que les systèmes complexes ne se « décident » pas d’en haut, mais émergent par l’interaction de multiples agents. Un tel processus serait à l’origine de la vie, de l’intelligence et même de l’univers entier. C’est la notion d’ « ordre spontané« , popularisée par l’économiste Friedrich Hayek, qui s’applique tant aux écosystèmes qu’aux cerveaux humains, et bien sûr à l’économie.

Le manifeste de cette pensée « bottom-up » au début des années 90 fut sans doute le premier livre de Kevin Kelly, Out of Control, qui cherche à présenter cette nouvelle conception des choses ou, comme le dit le sous-titre du livre, cette « nouvelle biologie des machines, des systèmes sociaux et du monde économique« .
C’est cette idée fondamentale qui nourrit des technologies comme la vie artificielle ou les systèmes multi-agents, dont nous avons fréquemment parlé dans nos colonnes. Elle nourrit aussi les espoirs de la future nanotechnologie, permettant d’envisager de créer des « collectifs de nanorobots » et l’autoassemblage.

Cette idée est naturellement au cœur de l’idéologie libérale, puisqu’on la retrouve déjà formulée par Adam Smith avec sa théorie de la « main invisible ».

Naturellement tout l’internet – et pas seulement le bitcoin – est dominé par cette notion de « l’ordre spontané ». A noter d’ailleursle caractère autoréférentiel de l’article de la Wikipedia sur le sujet, puisque parmi les exemples d’ordres spontanés est citée… la Wikipedia ! Mais justement, le bitcoin n’est autre que l’aboutissement de la vieille conception de l’internet et la continuation des projets P2P des années 90.

Cette vision « bottom-up » du monde est-elle purement idéologique ? Il me semble bien difficile de renoncer à tous ses triomphes conceptuels, que ce soit dans le domaine des sciences du cerveau, de l’écologie et même de la physique… D’un autre côté, il est vrai que son application aux sociétés, où même à la psychologie (qui est différente de la neuroscience !) n’arrivent pas à être complètement convaincante. Mais par quoi par la remplacer ? Par l’ancienne vision hiérarchique, top-down ?
Même si on reconnait l’efficacité des systèmes « bottom-up », il ne faut pas oublier que l’efficacité est un concept relatif (efficacité pour qui ? Pour le système global ? Pour chacun des individus qui le composent ?) et qu’il existe bon nombre de systèmes « bottom-up » très « efficaces » reposant sur l’élimination des plus faibles ou sur des réflexes prédateurs, comme c’est le cas au sein des essaims de sauterelles où c’est le cannibalisme qui assure la cohésion du groupe. On peut également citer le programme « Sugarscape » un outil de simulation, de « marché libre » qui aboutit à une inégalité croissante entre les agents qui le constituent… On est passé en quelques années d’une pensée exclusivement hiérarchique et « top-down » à une quasi-idolâtrie du « bottom-up », de la « complexité » et de l' »émergence », alors même qu’on se sait pas toujours exactement ce que ces termes recouvrent. Peut-être faut-ils sortir d’un dualisme naïf opposant le « top-down » et le « bottom-up » et partir en quête d’un nouveau paradigme. Mais lequel ?

Rémi Sussan

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Le bon poids des bons arguments

Internet Actu - ven, 08/09/2017 - 12:00

Les toujours intéressantes actualités scientifiques du CNRS, signalaient récemment une publication scientifique de l’Institut de recherche en informatique de Toulouse et du Centre de recherche en informatique de Lens pour trouver une méthode optimale pour évaluer et pondérer des arguments.

Les chercheurs ont tenté d’évaluer les méthodes de pondération des arguments d’un débat selon leur poids théorique (à savoir l’expertise de ceux qui les émettent, le nombre d’attaques et le poids des contradicteurs, etc.). Un exercice théorique qui visait à comprendre comment optimiser l’évaluation argumentative, pour dessiner par exemple une cartographie des controverses qui prenne en compte le poids relatif des arguments selon une grande diversité de critères. Au final, leur étude leur a permis de développer 3 nouvelles méthodes permettant de satisfaire la plupart des critères.

Assurément, il y a là matière à faire évoluer les cartographies de controverses, les cartes heuristiques, voir l’analyse des débats en ligne comme ceux proposés par Cap Collectif. Les chercheurs ont d’ailleurs annoncé vouloir travailler à créer depuis ces méthodes d’analyse des outils d’aide à la décision et de synthèse.

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Comment repérer une IA « consciente » ?

Internet Actu - ven, 08/09/2017 - 07:00

Peut-on tester le degré de conscience d’une IA ? C’est la question que se posent la philosophe Susan Schneider et l’astrophysicien Edwin Turner dans un article diffusé sur le blog de Ray Kurzweil, mais originellement paru dans Scientific American.

Le problème est qu’on ne sait pas bien définir la conscience ! Comment peut-on alors tester quelque chose d’aussi imprécis ? Pour les auteurs, une telle connaissance imparfaite n’est pas un problème insurmontable : « Nous pensons que nous n’avons pas besoin de définir formellement la conscience, de comprendre sa nature philosophique ou de connaître sa structure neurale pour reconnaître des signes de la conscience au sein d’une IA. Chacun d’entre nous peut saisir quelque chose d’essentiel sur la conscience, juste par l’introspection : nous pouvons tous expérimenter de l’intérieur ce que cela fait d’exister. »

Il faut donc, à l’instar du mythique test de Turing destiné à vérifier l’intelligence d’une machine, mettre au point un test de conscience qu’ils nomment ACT (pour AI Consciousness Test). Ce test ressemblerait formellement à celui de Turing : il s’agirait d’un ensemble de questions/réponses, mais la similitude s’arrêterait là. En fait, nous disent les deux auteurs, l’ACT ferait précisément le contraire du test de Turing. Ce dernier considère en en effet les états internes de la machine interrogée comme une « boite noire », où l’important est de découvrir si cette dernière est capable de se comporter exactement comme un humain. Au contraire, l’ACT cherchera dans les réponses de l’IA la trace de ce qui se passe à l’intérieur, ce qu’elle « ressent », comment elle se perçoit…

Quelle serait la nature des questions à lui poser ? Pour les deux auteurs, elles tourneraient autour de certains concepts bien précis :

« L’une des indications les plus convaincantes que des adultes normalement constitués font l’expérience de la conscience (bien que cela ne soit pas souvent noté) est le fait que presque tous peuvent rapidement et facilement saisir des concepts basés sur le ressenti de cette conscience. De telles idées incluent des scénarios comme l’échange de corps entre esprits (comme dans le film Freaky Friday), la vie après la mort (y compris la réincarnation), et les esprits qui quittent leur «corps» (par exemple, dans le cas de la projection astrale ou des fantômes). Que ces scénarios aient ou non une réalité, ils seraient extrêmement difficiles à comprendre pour une entité qui n’aurait aucune expérience consciente. Ce serait comme s’attendre à ce qu’un sourd de naissance apprécie un concerto de Bach. »

Une IA consciente serait donc capable de comprendre instantanément ces concepts (ce qui ne veut pas dire : y croire !).

J’avoue que c’est le point qui me paraît le plus intéressant du papier : les preuves les plus simples de l’existence d’une conscience appartiennent toutes au domaine du paranormal ou du religieux ! Cela mériterait des investigations et des réflexions supplémentaires, mais ce n’est pas le sujet abordé par les deux auteurs.

Ceux-ci préfèrent plutôt se pencher sur des questions typiques des interrogations actuelles sur l’IA, telle notamment l’idée d’une « superintelligence » non consciente qui serait capable « d’imiter » la compréhension humaine de ces sujets, sans pour réellement « ressentir » la conscience. Il faudrait peut-être bloquer l’accès Internet à la machine testée pour éviter qu’elle n’aille chercher les infos permettant une telle simulation, mais les auteurs rajoutent, dans la lignée de ce qu’écrit Nick Bostrom dans son livre Superintelligence, qu’une telle entité ne se laisserait pas isoler du réseau si facilement…

Reste que, comme le rappellent les auteurs, de telles inquiétudes ne sont pas pour demain. En fait aujourd’hui, la question serait plutôt inverse : qu’une machine consciente ne soit pas assez intelligente pour répondre correctement à l’ACT. « Une IA pourrait manquer de la capacité linguistique ou conceptuelle nécessaire pour passer le test, comme ce serait le cas avec un animal non humain ou un nourrisson, mais serait néanmoins capable d’éprouver une expérience. Ainsi, réussir un ACT est une preuve suffisante mais non nécessaire pour établir l’existence de la conscience au sein de l’IA – bien que ce soit le mieux que nous puissions faire pour l’instant. »

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Une plateforme pour la génomique personnelle

Internet Actu - jeu, 07/09/2017 - 12:00

23andMe a-t-il du souci à se faire ? Une nouvelle génération d’entreprises se consacrant à la génomique personnelle est en train de voir le jour, et parmi elles Helix, à laquelle la Technology Review a consacré un récent article. Helix utilise une technique de « vrai » séquençage de l’ADN, et non de génotypage comme le fait aujourd’hui 23andMe, et se montre en mesure de fournir, pour 80$, une lecture de l’exome, c’est-à-dire une portion de l’ADN bien plus importante que celle proposée aujourd’hui par la société d’Anne Wojcicki. Mais pour la revue du MIT, l’originalité d’Helix tient à ce qu’elle appelle un App store pour l’ADN. En effet, explique l’article, les compagnies de génomique classique fonctionnent en une seule étape. On envoie sa salive, puis on reçoit les résultats une bonne fois pour toutes. Helix se veut une plateforme ouverte à des développeurs externes qui fabriqueront des applications susceptibles de donner certaines informations précises sur le contenu de notre génome. Par exemple, la société Exploragen se propose d’analyser les rythmes de sommeil. Insitome de son côté va découvrir la proportion de gènes néandertaliens au sein d’un ADN…

Évidemment, comme tout ce qui touche à ce domaine très controversé, des questions d’éthique et de risque se posent (comme le fait de devoir payer un loyer à vie pour pouvoir accéder à notre propre code génétique et bénéficier des avancées de la médecine, comme s’en inquiète le professeur de marketing, Christophe Benavent sur son blog). Lorsque tous les résultats sont concentrés au sein d’une même société, on peut à la limite tenter d’avoir un peu de contrôle. Mais dans un système décentralisé, qui va vérifier le sérieux des applications ?

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Un parc peut-il être une destination ? Oui, s’il est aussi brillant !

Blog e-tourisme - jeu, 07/09/2017 - 08:00

Il y a quelques mois, Guillaume, parti en vadrouille avec Sophie en Nouvelle-Zélande, nous racontait dans ce billet comment Christchurch s’était relevé d’un récent tremblement de terre, en évoquant notamment une association, Gap Filler, qui créait de l’événement, de l’attractif et du ludique partout où cela était possible. Et c’est vrai que les anglo-saxons sont bien plus actifs dans la mise en oeuvre collective des espaces publics, que ce soit en Grande-Bretagne, en Australie, en Nouvelle-Zélande ou aux Etats-Unis.

Playgrounds des écoles, collèges et lycées ouvert le week-end aux habitants, équipements en libre service, fermeture de rues entières pour divers événements, plus ou moins réguliers… On nous objecte que notre tempérament latin nous interdit trop souvent cette possibilité d’investissement collectif que chacun prendrait soin de respecter et faire respecter, qu’au bout de trois jours, la panier de basket installé par la collectivité voit son filet arraché et sa structure tordue, taggée… Bref, un problème d’éducation ?

En tout, moi aussi, et cette semaine de rentrée, j’avais envie de vous parler de mes vacances, à New-York City en l’occurrence, et en particulier d’un parc urbain !

Vous voyez duquel je parle ? Hé bien non, ce n’est pas Central Park, même s’il le mériterait tout autant, mais la photo et le jeu de mots bien pourri dans le titre auront servi d’indices à ceux qui ont déjà découvert la Grosse Pomme : il s’agit de Bryant Park, ce « petit » parc qui jouxte la National Library et fait à juste titre partie des incontournables de tous les guides et primo-visiteurs, mais aussi de ceux qui reviennent, et surtout des habitants !

Car en ces temps troubles où le touriste ne semble plus être le bienvenu dans toutes les cités, ces lieux où peuvent se cotoyer en paix, voire même avec plaisir, le travailleur en pause, l’habitant à la retraite, tout comme le voyageur en famille, deviennent de véritables oasis qu’il est dommage de ne pas croiser plus souvent.

Bon alors un parc, c’est quoi ? Un peu de nature dans une ville, du calme, du vert, on peut se mettre à l’ombre, y méditer, faire la sieste, pique-niquer, jouer avec un ballon, pourquoi pas y faire son footing ou une balade s’il est très grand… et voilà ! C’est à peu près tout, chez nous, même si de temps en temps, on va y organiser un petit événement sympa.

Bryant Park, c’est un lieu pour tout cela (sauf le footing, 3,9ha, c’est tout petit), mais bien plus encore, avec un programme d’activités étonnant, quotidien, saisonnier, des fast-food et restaurants, des événements, et une marque, des partenaires, le tout très bankable, très réfléchi.

Et ce qui est impressionnant, et peut donner à réfléchir, c’est que tout cela est très récent : il a réouvert sous sa forme actuelle en 1992, et on y trouvait jusque là plus de dealers que de yogi, plus de seringues que de chaises.

1/Des activités pour tout le monde, tout le temps

Plus de 1000 activités gratuites à l’année, c’est avant tout cela qui fait le succès de Bryant Park ! Echecs, Backgammon, Pétanque, Ping-Pong ou Yoga sont les activités quotidiennes quasi sédentaires les plus prisées, mais les classes de peintures, jongles, langues étrangères, coutures… s’y déroulent régulièrement et rassemblent là encore habitants et touristes.

On trouve chaque jour le programme en ligne sur le site internet, ainsi que des brochures diverses et variées en libre distribution, qui comporte toutes le plan basique, mais qui permet de bien situer les différents espaces estivaux (l’hiver, on retrouve une patinoire, un marché de Noël), …

2/Help Yourself !

Alors bien sûr, le personnel est ultra présent, pour t’aider à choisir un jeu, trouver une table, un partenaire, te rappeler les règles… mais sur le site comme dans le parc, tout est fait pour que chacun, dans le collectif, puisse se prendre en main.

Tout d’abord, les règles, ce que tu peux/ne peux pas faire :

Il s’agit ici de la version sur le site, mais il y a un panneau à chaque entrée qui reprend ces grands principes. Et tu peux compter sur les habitués pour les faire respecter, à l’américaine !!!

Après un premier petit tour, tu crois naïvement que toutes les places assises sont prises, on nous a fait croire que, encore un truc à gogo… jusqu’à ce que tu arrives sur l’un des racks, « 4,000 chairs, undless possibilities » :

Tu as envie de jouer et toutes les tables sont prises ? Ca marche comme chez nous avec le baby-foot, tu signales ta présence pour prendre le gagnant, même si tu n’as pas ton marcel !

La presse locale, des livres, en passant par les nouveautés, les grands classiques, ça se passe à la reading room, faut juste les redéposer après au même endroit !

Pareil pour les jeux, où tu peux choisir l’un des jeux de société disponibles et t’installer tranquillement, ou profiter des nombreuses jeux pré-installés d’échecs et backgammons.

On a le droit de venir travailler si on le veut ! En tout cas, chose pratique, on trouvera aisément plusieurs bornes disposant de prises électriques et USB pour se poser longuement et paisiblement avec ses petites bestioles ! Un véritable festival de MacBook, iPhone et Samsung Galaxy, tablettes en tout genre !

Et bien évidemment, cher travailleur qui a trouvé l’un des plus bureaux du monde, cher voyageur qui ne dispose pas encore d’un forfait data international digne de ce nom, tu trouveras sur place un excellent Wifi, bien indiqué partout, sponsorisé par une enseigne bien connue (on en reparle juste en dessous). Il a été très récemment rénové avec de nouvelles bornes ultra-modernes, mais fût l’un des tout premiers à se doter de Wifi, en 2001, une époque à laquelle les français en ayant entendu parlé se comptaient sur les doigts de quelques mains…

3/ »It’s the economy, stupid ! »

Oui, Bryant Park est une marque, et dispose à ce titre d’un magasin, physique et une boutique en ligne, exploitée par de nombreux partenaires.

S’associer à l’image de Bryant Park, c’est plutôt cool, et du coup, ils sont assez nombreux à vouloir le faire, ce qui lui permet de s’autofinancer intégralement, sans subvention de la ville ??!!

Tu veux manger un bout, à n’importe quelle heure de la journée comme un vrai Ricain ? Amener une relation de travail déjeuner dans l’un des deux chics bar et grill ? Pas de problème, et les enseignes présentes, et présentées sur le site internet lâchent chaque année pas moins de 3 millions de dollars pour leur pas de porte.

Bank of America, Southwest Airlines, Zara et HSBC contribuent annuellement à hauteur de 6 millions de dollars pour pouvoir apposer leur logo sur les kiosques, la reading room ou encore le wifi. Alors certes, ils sont massivement présents et mis en avant (comme on peut le voir ici avec Zara sur le wifi), mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle, d’une part pour offrir un service de qualité, d’autre part pour faire rentrer des pépettes dans le tiroir-caisse ?

Le Président de Bryant Park, qui développe d’autres projets sur ce même modèle, estime qu’il faut commencer par développer un large spectre d’animation gratuites, de la médiathèque au cinéma en plein air. Faire en sorte que le lieu soit beau, accueillant, que l’on s’y sente en sécurité et que des femmes seules ou avec enfants n’hésitent donc pas à l’investir. Disposer de toilettes publiques et gratuites dans un état impeccable (qui représentent un budget de $271.000 par an !) est un élément essentiel, tout comme des employés porteurs de la marque ($69.000 par an pour les uniformes des salariés).

C’est aujourd’hui un budget global de $19.4 millions, une équipe assez impressionnante, et un impact avéré sur l’immobilier environnant qui a été estimé par une étude de 2014 en une cause directe d’inflation des prix de 20% depuis son succès !

Les chiffres sur sa fréquentation annuelle varient selon les sources… entre 6 et 12 millions… ce qui en fait bien entendu une « brand » extrêmement « bankable », une attraction de premier plan, et même une véritable destination pour les voyageurs comme les habitants !

Allez, c’est fini pour les photos de vacances, au boulot !

 

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Applications : voici venu le temps de l’abonnement !

Internet Actu - jeu, 07/09/2017 - 07:00

Sur Hackernoon, Alan Marsden revient sur la montée du modèle de l’abonnement pour les applications. Après avoir été payantes, puis après être devenues de plus en plus souvent gratuites pour pallier au désintérêt et à leur multiplication, voilà que désormais, les applications se lancent dans l’abonnement, à l’image d’Ulysses, ce très bon éditeur de texte, comme le soulignait avec un certain désappointement l’écrivain Thierry Crouzet cet été. Pour Marsden, l’abonnement n’est pas une mauvaise option, mais elle est souvent surévaluée et sa généralisation pose un problème d’accès et de découverte, dans un monde où 80 % des utilisateurs abandonnent les applications qu’ils ont installées dans l’année. Pour l’instant, le modèle de l’abonnement est encouragé par Apple qui a réduit sa commission sur ces formules depuis juin 2016. Android a suivi. Le problème est que la généralisation de ce modèle n’est pas soutenable pour l’utilisateur. Marsden a calculé que, rien qu’en gardant une quinzaine de ses applications préférées, il en aurait pour 91 euros par mois, sans compter son abonnement téléphonique… Les commentaires dans les magasins d’applications de celles qui ont basculé vers l’abonnement sont tranchés, entre utilisateurs ravis et mécontents de ce changement de contrat.

Le développeur Lynn Fredricks estime que le modèle de l’abonnement a aussi besoin d’évoluer. Quand vous arrêtez votre abonnement à un magazine, personne ne vient vous reprendre vos anciens numéros !, rappelle-t-il. Or, beaucoup de produits logiciels ne fonctionnent plus dès que vous arrêtez votre abonnement. Ne serait-il pas possible d’imaginer que vous puissiez continuer d’accéder à la version à laquelle vous avez souscrit (ou accéder aux contenus d’un média) jusqu’à la date de fin de votre abonnement par exemple (ou à ceux auxquels vous avez déjà eu accès). Ce modèle vertueux – il parle « d’abonnement équitable » – inciterait également les développeurs à faire des améliorations continues, ce qui n’est pas toujours le cas des versions applicatives qui promettent plus d’améliorations parfois qu’elles n’en réalisent vraiment. Bien souvent, rappelle le développeur, la principale raison avancée pour légitimer l’abonnement repose sur la lutte contre le développement de versions pirates (ce qui est justement le cas dans le monde des applications souligne un récent article des Echos), mais cette raison n’apporte le plus souvent aucun bénéfice au consommateur. Les entreprises qui ont le plus réussi leur conversion vers des modèles par abonnement sont aussi celles qui connaissent peu de concurrents. Pas sûr que cela demeure le cas longtemps pour les plus profitables d’entre elles…

Guise Bule rappelle quant à lui que « nous nous abonnons à quelque chose parce que cela nous permet d’économiser de l’argent à long terme ou parce que c’est commode ou que cela nous fait gagner du temps ». Par contre, l’abonnement est beaucoup moins bien vécu par le consommateur quand il sent que c’est juste un moyen pour le service de s’assurer des revenus récurrents, ou quand il sent que la location lui coûte bien plus que l’achat. Est-ce à croire que bien souvent l’abonnement est un recours pour les développeurs qui ne mettent pas suffisamment à jour leurs logiciels et qui se retrouvent alors en concurrence avec le manque d’évolution de leur propre produit ? Force est de constater que bien des améliorations ne sont pas à la hauteur de l’abonnement et ce d’autant que les améliorations ne peuvent être continues sauf à transformer la proposition initiale en tout à fait autre chose (imaginez ce que deviendrait un logiciel comme Ulysses qui ne cesserait d’évoluer pendant 5 ans ? Certainement bien autre chose que l’épure qui fait ses qualités).

Le problème, pointe-t-il également, c’est que l’utilisateur est bien souvent dépendant de modalités d’abonnement qu’il ne maîtrise pas : ni dans ses changements, ni dans la promesse qui est faite (combien de nouveautés et lesquelles seront mises en oeuvre ou produites ?), ni en terme de recours. En fait, rappelle Guise Bule en conclusion, si vous ne voulez pas vous soumettre à l’abonnement, rappelez-vous qu’il existe certainement une alternative. Effectivement, dans le foisonnement applicatif, il y a souvent un service concurrent… prêt à récupérer ceux qui ne voudront pas s’abonner.

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L’imaginaire du Bitcoin (1/2) : économies futures et posthumaines

Internet Actu - mer, 06/09/2017 - 07:00

Le mot économie se voit rarement associé à celui d’imaginaire. Pourtant, le domaine n’a pas été épargné par les folles spéculations. Ainsi, au cours des dernières décennies, on a pu voir, derrière un phénomène comme le bitcoin, se développer tout un ensemble de thèmes futuristes. La nouvelle monnaie se trouve ainsi au confluent de trois idéologies qui dépassent largement le thème de l’économie. D’abord, une eschatologie, le « futurisme extrême » dont le transhumanisme et le singularitarisme sont les deux aspects les plus connus, ensuite une utopie politique, l’anarchisme, et enfin une cosmologie, une « théorie du tout » : celle de l’ordre spontané.

L’économie et la SF
Lorsqu’on se penche sur les imaginaires du futur, on pense tout de suite à la science-fiction, et force est de constater que, dans le domaine économique, les auteurs ne sont guère montrés innovants, du moins jusqu’à récemment. Notons quand même le curieux Chaîne autour du Soleil (1953) de Clifford D. Simak, qui se penche sur les conséquences de la gratuité universelle. En fait, c’est avec les cyberpunks des années 80 que les écrivains prêtent davantage d’attention aux aspects économiques de leurs mondes imaginés, mais de manière bien timide. Bruce Sterling met en œuvre, dans La Schismatrice, une multitude de systèmes d’échange divers et varié : si la monnaie « officielle » est le kilowatt, les différents groupes marginaux ou criminels du système solaire utilisent d’autres étalons économiques, par exemple des « heures de service sexuel », des drogues ou des composants d’ordinateurs…

Les choses deviennent plus sérieuses avec Neal Stephenson, un des rares auteurs de SF réellement impliqué dans les technologies numériques, qui mentionne, lui, une monnaie virtuelle dans son ouvrage Cryptonomicon. Mais c’est peut-être Charles Stross qui, dans son roman Accelerando, se montre le plus audacieux dans la description d’une économie entièrement dirigée par des algorithmes.

Il semble ainsi prévoir l’existence de compagnies entièrement robotiques, préfiguration des DACs (Digital Autonomous Corporations) contemporaines, ces entreprises « robotiques » fonctionnant indépendamment de l’intervention humaine :

« Chacune de ces entreprises – et il en existe actuellement plus de seize mille, même si ce nombre croît de jour en jour – possède trois directeurs, chacun dirigeant à son tour trois autres compagnies. Chacun d’eux exécute un script rédigé dans un langage fonctionnel inventé par Manfred ; les directeurs donnent leurs instructions à leur compagnie, instructions qui incluent l’ordre de transmettre celles-ci à leurs enfants. Concrètement, il s’agit d’un troupeau d’automates cellulaires, comme les cellules du Jeu de la vie de Conway, juste en plus complexe et avec plus de puissance de calcul. »

Pourtant, au fur et à mesure que le roman avance, cette économie algorithmique devient de plus en plus complexe et difficile à comprendre : c’est l’économie 2.0, « un ensemble d’algorithmes d’allocations de ressources déterministes de qualité supérieure », qui dépasse vite les compréhensions d’un être humain non augmenté. Et encore, peut-il encore s’agir d’un être humain ?

« Prenez un être humain, fixez-lui dessus des extensions qui lui permettent de tirer pleinement partie de l’Économie 2.0 et la conséquence immédiate est de briser la chaîne narrative de leur conscience, remplacée par un simple fichier journal listant requêtes et transactions entre divers agents ; le processus est incroyablement efficace et souple, mais cela ne correspond plus vraiment à la définition généralement admise d’un être humain conscient. »

Economies posthumaines
Stross n’a pas fait mystère de ses sources d’inspiration pour Accelerando : « La plupart des idées d’Accelerando étaient des sujets fréquents sur la liste de discussion EXTROPY-L mailserv, et certaines sont même plus anciennes », écrit-il dans un commentaire d’un de ses posts de blog (Cela dit, Stross ne se considère absolument pas comme un extropien ou un singularitarien, et ses écrits sur l’économie 2.0 ne l’ont guère amené à une attitude bienveillante envers le bitcoin, qu’il déteste).

C’est sur la liste de discussion extropienne que se sont en effet développées les idées transhumanistes au cours des années 90. Si le transhumanisme fait beaucoup parler aujourd’hui, l’idéologie ne date pas d’hier ; sa forme actuelle date probablement de 1973, lorsque le philosophe irano-américain F.M. Esfandiary écrivit Upwingers : A Futurist Manifesto (.pdf), ouvrage qui séduisit, entre autres, des auteurs comme Timothy Leary et Robert Anton Wilson.

Si aujourd’hui, le transhumanisme se concentre essentiellement sur les rapports homme-machine, l’IA et la médecine, ce ne fut pas le cas dans le courant des années 90, où sous cette bannière se mêlaient une multitude d’idées, et où des thèmes bien plus variés étaient discutés, comme la conquête spatiale, ou… l’économie. Le plus fameux de ces courants futuristes était sans doute l’extropianisme, connu pour combiner les idées transhumanistes et les thèses libertariennes (pas officiellement, d’ailleurs, l’Extropy Institute a toujours affirmé ne pas promouvoir d’idéologie politique particulière ; cependant, guère de doute que ces idées anarcho-capitalistes étaient très présentes sur les listes de discussion extropiennes).

Peut-être, dans sa vision de l’économie 2.0, Stross a-t-il été influencé par un papier abondamment discuté par les extropiens à l’époque, « If Uploads Come First », écrit par Robin Hanson en 1994. Celui-ci a d’ailleurs sorti en 2016 un livre, The Age of Ems, qui reprend bon nombre des idées de ce premier texte. La thèse de Hanson est que les premières formes de posthumanité seront constituées d’esprits « uploadés », téléchargés à l’intérieur d’un ordinateur. Mais Hanson s’intéresse de près à l’économie « posthumaine » qui régira la vie des uploads (ou, comme il les appelle aujourd’hui, les « Ems » raccourci pour « Brain EMulation »). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la vie ne sera pas forcément rose pour bon nombre d’entre eux. En effet, explique-t-il, vivre dans un paradis virtuel n’est pas si simple : il faut payer la facture d’électricité, la bande passante, etc., pour continuer à vivre correctement, c’est-à-dire accéder au maximum de ressources computationnelles. De plus, il faudra compter avec une explosion de la population virtuelle, les uploads n’hésitant pas à se copier plusieurs fois pour réaliser différentes tâches. Au final, il y aura des riches, disposant d’une plus grande puissance de calcul et donc capables de vivre leur vie virtuelle bien plus rapidement, tandis que des « pauvres », beaucoup plus lents, se trouveront de plus en plus éloignés des centres d’activité de la société…

Tout cela paraît très éloigné de nos préoccupations courantes comme le bitcoin ou Ethereum mais c’est bel et bien au sein de la mailing liste extropienne que se sont développées les premières spéculations menant à ces nouveaux concepts. De fait, dès la fin des années 90, les thèses de Nick Szabo sur les « smart contracts » sont abondamment discutées au sein des milieux futuristes et extropiens. Du reste, comme le rappelle Giulio Prisco dans un article sur « les racines extropiennes du bitcoin », Nick Szabo lui-même participa à une conférence de l’Extropy Institute.

Un des participants les plus actifs des listes à l’époque se nommait Hal Finney. C’est ce même Hal Finney qui allait être le « bénéficiaire » de la première transaction bitcoin effectuée par Satoshi Nakamoto. De là à supposer que le mystérieux créateur du bitcoin était lui-même membre du mouvement extropien il y a un pas, qu’il nous est malheureusement impossible de franchir ! Finney lui-même a été soupçonné d’être Satoshi Nakamoto, ce qu’il a toujours nié. Et on n’en saura pas plus, car malheureusement Hal Finney est décédé en 2014 de la maladie de Charcot. Son corps a été cryogénisé par la société Alcor.

Rémi Sussan

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Sensibilise tes visiteurs avant de les haïr !

Blog e-tourisme - mer, 06/09/2017 - 07:00

Le tourisme a la vie dure cette année… Comme l’ont relayé Jean-Luc et François il y a quelques jours dans nos colonnes, le tourisme de masse défraye la chronique ! Il faut dire que les problèmes sont nombreux face à ces volumes de visiteurs importants. Malheureusement, personne n’a de solution pour satisfaire tant les locaux qui se sentent envahis, que les visiteurs qui se sentent chez eux…

L’Islande a peut être trouvé la solution : sensibiliser

Pour tenter de faire changer son visiteur, quoi de mieux que de l’éduquer ? C’est le choix qu’a fait l’Islande, en publiant un serment. Souvenez-vous, l’Islande avait déjà fait parlé d’elle en responsabilisant les touristes à travers un site web et des contenus dédiés à la protection de la destination… l’Islande Academy.

Pour faire face à la hausse de fréquentation, cet été, l’île va plus loin en publiant un serment qui donne des conseils et incite au respect de l’environnement.

JE PROMETS D’ÊTRE UN TOURISTE RESPONSABLE. LORSQUE JE DÉCOUVRIRAI DE NOUVEAUX LIEUX,
JE LES QUITTERAI TELS QUE JE LES AI TROUVÉS. JE PRENDRAI DES PHOTOS À TOMBER, 
SANS Y LAISSER MA PEAU. JE SUIVRAI LA ROUTE QUI MÈNE À L’INCONNU, 
SANS JAMAIS SORTIR DES SENTIERS BATTUS. ME GARANT TOUJOURS LÀ OÙ J’EN AI LE DROIT. JE DORMIRAI À LA BELLE ÉTOILE,
DANS UN TERRAIN DE CAMPING. ET QUAND L’APPEL DE LA NATURE SE FERA SENTIR, 
JE N’Y RÉPONDRAI PAS SUR LA NATURE. JE SERAI PRÉPARÉ POUR TOUS LES TEMPS, 
TOUTES LES POSSIBILITÉS… TOUTES LES AVENTURES.

 

En 8 points, la charte rappelle les grands principes de respect des règles de sécurité, pollution, respect de la nature et respect des autres. En gros ça reste du bon sens !

La Ministre du Tourisme Þórdís Kolbrún R. Gylfadóttir (non non il ne s’agit pas de Guy Raffour !) s’est exprimée et a précisé : « Les personnes souhaitant visiter l’Islande ont envie d’être responsables. Toutefois, ils ne sont pas toujours conscients de ce que cela entraîne : nous voulons ainsi partager avec chacun quelques règles leur permettant de respecter et protéger nos paysages ».

Il faut dire que l’an dernier déjà, le gouvernement Islandais a souhaité mettre fin à la politique de TVA réduite dans le secteur du tourisme, ainsi la taxe passera de 11 % aujourd’hui à 21 % l’an prochain. De quoi freiner l’engouement touristique de l’île ? L’Islande devrait accueillir environ 1,7 millions de visiteurs d’ici la fin de l’année, pour une population locale de… 330.000 personnes !

Vous avez une âme éco-responsable ? Alors vous aussi, signez le « Serment Islandais » !

Et… pourquoi ne pas en faire autant chez nous ? Bon il est vrai qu’en matière d’éducation, les Français ont beaucoup à apprendre (en respect des règles aussi lol) mais c’est une démarche à la fois singulière et honnête. Mais c’est surtout notre rôle de professionnel du tourisme d’aider au développement économique de nos régions, mais surtout d’être fiers d’entendre parler toutes les langues dans nos rues. La gestion des flux touristiques incombe aux collectivités et aux Offices de Tourisme : créer de l’emploi tout en évitant tout sentiment d’invasion touristique… le débat ne fait que commencer !

En attendant je ne résiste pas à vous diffuser quelques images de l’Islande et la beauté de ses paysages, si vous avez 15 min devant vous, régalez-vous !

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De la matérialisation des données

Internet Actu - mar, 05/09/2017 - 07:00

Paul Dourish (Wikipedia, @dourish) a signé au printemps aux Presses du MIT un court essai The Stuff of Bits (que l’on pourrait traduire d’une manière un peu cavalière par « La substance de l’information »), un livre qui s’intéresse aux impacts matériels de l’information numérique. Comment la simulation numérique, nos outils de modélisation et nos outils de travail façonnent-ils à rebours notre expérience ? Pour le professeur d’informatique et anthropologue, les arrangements matériels de l’information, c’est-à-dire la manière dont elle est représentée, dont elle est façonnée, dont on peut l’utiliser, ont une importance significative dans notre rapport à l’information. Comme le soulignait le philosophe Donald Schön, le design reflète notre conversation avec les matériaux. Dourish regarde comment le numérique impacte désormais nos modalités d’usage. Pour lui, « les matérialités de l’information reposent sur des propriétés et des formats qui contraignent, rendent possible, limitent et façonnent la façon dont ces représentations peuvent être créées, transmises, stockées, manipulées et mises à profit ». A la suite par exemple de Lev Manovich, il souligne combien la base de données est devenue la forme culturelle majeure du XXIe siècle (après le roman au XIXe et le film au XXe siècle).

Dourish prend de nombreux exemples pour explorer son idée. Il développe longuement par exemple les différentes façons de représenter une même image au format numérique, en observant les multiples manières de la coder : une image peut-être effectivement une image, mais également peut-être produite par un programme ou une itération. Reste que même dans le programme, des choses échappent à la représentation, comme ce peut-être le cas par exemple de la vitesse d’exécution d’un programme pour représenter cette image ou de la taille de la mémoire de l’ordinateur utilisé. Un programme est une série d’instructions, mais l’expérience qui résulte de son exécution, elle, n’est pas spécifiée par le programme. Or, bien sûr, la manipulation de cette image sera très différente selon la manière dont elle est codée. C’est bien à cette relation entre les formes et les possibilités que permettent les matériaux numériques que s’intéresse Dourish. Comment leurs affordances, c’est-à-dire leurs propriétés relationnelles, façonnent-elles nos pratiques ?

Du rôle du tableur dans les organisations

Dans son livre Dourish évoque longuement un exemple significatif qui permet de mieux saisir là où il souhaite nous emmener, ce qu’il estime qu’il nous faut désormais regarder avec attention. Il revient longuement sur ce qu’il appelle les « spreadsheet events » des réunions organisées autour de la projection de tableurs, comme elles se pratiquent dans de plus en plus d’entreprises – avec les « powerpoint events », plus anciens et plus documentés, qui sont des rencontres organisées autour de la présentation de documents projetés qui forment l’essentiel des réunions ou des conférences professionnelles – voir notamment « Les transformations de l’écosystème de l’information dans le monde du travail » ou « PowerPoint, voilà l’ennemi ! »).


Image : Exemple d’un « spreadsheet event » tiré d’un blog local américain – qui montre qu’il n’est pas si simple de trouver des images de ce type de pratiques pourtant courantes.

Les réunions spreadsheet ne sont pas vraiment des réunions Tupperware : ce sont des réunions de travail autour d’un écran qui projette un tableur dont l’accès est parfois partagé. Souvent utilisé pour travailler de manière collaborative autour d’un budget (avec toutes les limites que cela peut avoir, comme le faisait remarquer récemment Bjarte Bogsnes), le tableur est utilisé pour une multitude de raisons. C’est à la fois un artefact de coordination et d’archivage des décisions prises lors de l’événement. Dourish rappelle d’ailleurs l’importance de l’enchevêtrement des organisations et de leurs systèmes d’information : combien les « workflows » encodent les procédures, les processus et les règles d’organisation. Cet exemple permet à Dourish de poser des questions sur comment nos outils façonnent nos usages. « Comment la matérialité d’un spreadsheet – à la fois outils interactifs et systèmes de représentation – modèle, contraint et habilite la façon dont on travaille ? Comment projetons-nous notre travail dans la forme des tableurs ou comment avons-nous (ou pas) la main sur un ensemble de règles, de limites, de possibilité ou d’opportunités ? » Bref, comment les gens bricolent et s’approprient ces contraintes logicielles en pratique ?

Dourish souligne d’ailleurs la complexité d’action que permettent ces tableurs qui sont à la fois des grilles de cellules qui permettent des formes de regroupement et qui permettent d’activer certains contenus : c’est-à-dire que certains contenus ne sont pas fixés, mais calculés selon des formules via des données pouvant provenir d’autres cellules ou d’autres tableurs ou bases de données. C’est en cela que, malgré leur sécheresse apparente (des listes de chiffres le plus souvent), ces outils se révèlent commodes pour rendre visibles de la complexité comme du détail. Si la plupart de ces tableurs ne sont pas hautement dynamiques (assez souvent, la plupart des données ne sont pas calculées), ils permettent, alors qu’ils ne sont pas conçus pour cela, de générer de la planification d’activité ou de la priorisation d’activité, tout en facilitant le partage et d’information et de données.

Dourish insiste également sur les limites de ces outils (par exemple, la difficulté à manipuler des blocs non contigus) ou leur potentiel (la possibilité d’ajouter des données et de faire grandir le tableur). Bien souvent, souligne-t-il, le tableur sert de guide à la réunion : il révèle l’organisation elle-même, les participants discutant des données cellule après cellule, colonne après colonne… Le tableau spécifie ce qui est à l’ordre du jour et écarte tout ce qui n’apparaît pas sur le tableur. La distinction entre les données joue souvent comme une séparation des responsabilités – ce qui pose d’ailleurs des questions sur les responsabilités qui relèvent de ce qui n’est pas sur le tableur ou de ce qui est à l’intersection des données ou de leur calcul.

Dourish souligne aussi qu’il faut distinguer différents types d’objets dans les tableurs : on ne sait pas facilement par exemple si une donnée est une donnée directe – inscrite – ou dérivée, c’est-à-dire calculée – c’est-à-dire si un chiffre est un nombre ou le résultat d’une formule. Si le rôle du tableur semble de faire ressembler les données à un document papier où toutes les valeurs auraient le même statut, il faut saisir que ce n’est pas le cas, puisque ces données sont éditables et calculables, recomposables… Il souligne par là comment les usages que nous inventons depuis ces objets manquent de conception : un tableur n’a pas été conçu pour être le pilote de réunions. Si le côté dynamique de ces objets explique en grande partie leur utilisation, ce dynamisme par exemple créé des lacunes de fonctionnalités, comme le fait de ne pas pouvoir faire de recherche sur une donnée résultant d’un calcul dans un très grand tableau.

Enfin, il montre également que cet enregistrement d’activité est également un enregistrement d’accord : l’important devient ce qui est noté dans le tableau et non pas la discussion ou le calcul qui conduit à inscrire cette information. Pire, souligne-t-il, l’utilisation de tableurs comme outils de pilotage ou de budgétisation s’impose par reproduction. « Les documents deviennent des enregistrements ; les enregistrements deviennent des modèles : les modèles deviennent des routines ; les routines deviennent des processus. » Ces outils encodent et fixent des relations à la fois dans le tableur lui-même (cette cellule doit toujours être la moyenne des chiffres de cette colonne) comme entre les entités que ces chiffres recouvrent (ce budget et ce que ça implique doit toujours être le résultat de tel autre…).

Le développement de l’usage de ces outils, malgré leurs lacunes de conception, provient certainement du fait que ce sont des outils performatifs, qui permettent via le calcul, les formules et les liens entre les données d’être toujours à jour et de réaliser ce qu’ils énoncent. « L’usage de formules est une façon de montrer que le tableur continuera à faire son travail, même si son contenu change : c’est un moyen de produire de la stabilité dans une forme qui ne l’est pas. » Ces réunions qui consistent à éditer et mettre à jour ces tableurs soulignent que ce qui se joue ne tient pas seulement de la communication comme peuvent l’être les réunions powerpoint, mais bien de la délibération et que le document qui fixe la réunion n’est pas seulement produit, mais transformé par la réunion elle-même. Si les tableurs détrônent l’édition collaborative de documents textuels, selon Dourish, c’est parce qu’ils permettent de mieux rendre compte de la complexité des données et des interactions entre elles. S’ils détrônent le tableau blanc, c’est parce que les tableurs ont une vie avant et après la réunion, d’une certaine manière qu’ils doivent être vivants, dynamiques… Enfin, note encore Dourish, contrairement à ce qu’on pourrait penser, la plupart de ces séances utilisent un tableur non connecté à l’internet. Alors qu’un document partagé en ligne permet de maintenir des versions synchrones, les documents offline permettent d’avoir un point de contrôle qu’une seule personne ajuste selon les discussions.

Des conséquences de la matérialité du numérique sur nos usages

Cet exemple illustre assez bien l’ambition de Dourish. « Explorer comment le calcul devient un objet avec lequel les gens doivent lutter »… Comment le calcul façonne la forme des objets numériques, contraint nos interactions humaines elles-mêmes et créent de nouvelles structures d’interaction qui ne sont pas seulement numérique ou qui rétroagissent au-delà de leur caractère numérique ? L’exemple des tableurs et des bases de données pour la coordination de groupe montre comment les organisations passent d’une forme linéaire, narrative, à des formes profondément relationnelles. « La base de données est à la fois une forme de représentation et une forme effective ».

Force est pourtant de constater que hormis cet exemple – passionnant – Dourish ne parvient pas vraiment à cerner les enjeux de la matérialité de l’information. Les autres objets sur lesquels il pose son regard d’anthropologue ne sont pas aussi parlant et parfois trop techniques pour être facilement compréhensibles.

Reste que l’analyse qu’il livre sur comment les bases de données façonnent désormais le monde matériel – et inversement – pointe bien sûr leurs limites : « Si les organisations ne peuvent agir que sur les données dont elles disposent, alors les limites de leurs bases de données deviennent leurs contraintes d’action sur le monde. » Or, dans ce qui est projeté lors de ce type de réunion, les bases de données et les données demeurent bien souvent l’objet caché… La matérialité du numérique a donc des conséquences sur la façon même dont on communique, on partage et se connecte.

Comme il le souligne en conclusion, « les bits ne sont pas que bits. Certains comptent plus que d’autres. Certains arrangements de bits sont plus facilement manipulables que d’autres…(…) tout comme les systèmes numériques indo-arabes et romains, différentes représentations impliquent différentes conséquences pour les sortes de choses que l’on peut faire avec. » La rhétorique du « virtuel » suggère que le numérique serait indépendant des configurations et contraintes matérielles qui pèsent sur lui. Or, si le numérique dépend de grandes infrastructures matérielles, le numérique impose en retour des contraintes matérielles à ceux qui les utilisent. Les objets numériques ont des particularités propres et les systèmes de représentation qu’ils déterminent ont des manifestations directement matérielles. Et Dourish d’en appeler à mieux comprendre à la fois les pratiques culturelles et leurs manifestations techniques. Certes, il n’est pas le premier à le dire, à signaler les limites des intentions dans la production des systèmes numériques et leurs détournements ou leurs bricolages. Pour lui, il est nécessaire de prendre au sérieux la matérialité du numérique. Cette matérialité explique-t-il encore relève le plus souvent d’une « traduction », du passage d’une représentation à une autre. Bien souvent, on néglige l’aspect matériel de ces transformations, alors qu’elles sont éminemment importantes, comme le soulignait déjà Frédéric Kaplan en s’intéressant au fonctionnement du traducteur de Google, qui passe toujours par une traduction par l’anglais pour traduire d’une langue à une autre. Il invite d’ailleurs à parler plutôt de transduction pour parler de ce type de conversions, comme c’est le cas de notre voix transformée en signal électrique par l’usage du téléphone et réassemblé en sons à la fin, produisant une nouvelle production qui n’est pas qu’une simple copie. Le calcul n’est pas indépendant de ses manifestations matérielles insiste Dourish (« l’informatique ne concerne pas plus l’ordinateur désormais que l’astronomie ne concerne les télescopes« , disait le mathématicien Edsger Dijkstra), qui invite à refonder la science informatique en s’inspirant du Manifeste pour la pensée computationnelle (.pdf) de Jeanette Wing qui invitait déjà à changer de mode de pensée. Une conclusion hélas un peu convenue.

On aurait aimé que Dourish, plutôt que de se perdre parfois dans la dissection de la matérialité du réseau, évoque les succédanés de ces tableurs par exemple, comment les tableaux de bord de pilotage, comme les tableaux de bord urbains, les systèmes de visualisation de données, prolongent les effets qu’il pointe avec les « spreadsheets events ». On aurait aimé qu’il souligne d’autres exemples de simulations numériques, de virtualisation de la réalité (à l’image des bombes nucléaires américaines qui continuent d’évoluer alors qu’aucune n’est testée en situation réelle, mais uniquement par simulation numérique ce qui implique que leurs limites reposent désormais plus sur les capacités de calcul que sur leur niveau de radioactivité) en s’intéressant par exemple plus avant aux contraintes qu’imposent les formes de modélisation à la réalité. La conception d’armes nucléaires est devenue une science informatique, rappelle-t-il. Et c’est le cas de nombre de domaines des sciences de l’ingénieur. La réalité est façonnée par la modélisation que nous faisons du monde. D’où la nécessité de s’y intéresser toujours plus avant. De regarder toujours avec acuité l’enchevêtrement toujours plus complexe du numérique au reste du monde et sa matérialisation.

Hubert Guillaud

La question du rôle de la donnée, de son potentiel et de nos interactions avec elle sera au cœur de la 2e édition de la Data Literacy Conference organisée par la Fing – éditeur d’InternetActu.net – les 22 et 23 septembre 2017 à Aix-en-Provence. Paul Dourish ne fait pas parti des invités… mais bien des sujets qui y seront abordés permettront de mieux comprendre ce que façonne notre nouveau rapport aux données. Inscrivez-vous !

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Quand garer sa voiture à l’aéroport devient une expérience…

Blog e-tourisme - ven, 01/09/2017 - 07:00

Si l’économie de plateforme a massivement investi l’hébergement touristique (Airbnb, Abritel, Booking), le transport est un sacré vecteur de développement. On l’a vu avec Uber ou Blablacar. Puis les start-upers se sont intéressés parkings d’aéroport. Comment améliorer cette étape du voyage qui est toujours longue, peu intéressante et chère…

Je vous avais présenté il y a quatre ans (déjà!) Tripndrive qui propose de louer sa voiture contre un parking gratuit à l’occasion de son voyage en avion. Puis sont arrivés les Parkandtrip et autres Onepark qui ont ouvert des parkings à proximité des aéroports en instaurant un système de navette. Les tarifs se veulent un peu plus avantageux que ceux des aéroports. Là encore, la plateforme Internet permet de gérer inscription, paiement, etc.

Le dernier service que je viens de tester, c’est tout simplement le voiturier, avec l’étonnant BlueValet. L’idée de cette start-up bordelaise est simple comme bonjour : « nos voituriers accueillent les voyageurs dès leur arrivée au dépose-minute de l’aéroport ou de la gare et prennent en charge leur véhicule dans un parking privé et sécurisé, afin que ces derniers puissent directement aller prendre leur vol/train« .

100% de clients satisfaits?

J’ai testé le service, et j’ai été bluffé. Tout d’abord par le prix : 49 euros pour cinq jours à l’aéroport de Bordeaux, donc très compétitif. Le parcours client a été particulièrement bien imaginé : un devis immédiat sur le site suivi d’une inscription en deux clics. La veille du départ, un email est envoyé avec le numéro du téléphone du voiturier à contacter 15 minutes avant l’arrivée à l’aéroport. Ce numéro est re-confirmé le jour même par SMS.

A l’aéroport, une voie réservée permet de stopper sa voiture. Le voiturier aide à descendre les bagages, prend les clés, et souhaite bon voyage. Au retour, les confirmations de téléphone sont les mêmes. Il suffit de passer un coup de fil à la descente de l’avion pour retrouver ses clés, sa voiture et le sourire du voiturier devant la porte de l’aéroport.

C’est sans doute cette attention particulière à l’expérience utilisateur qui vaut à BlueValet un taux de 100% d’avis positifs (certes, c’est modéré avant publication…).

Après avoir fait de Bordeaux son laboratoire, la jeune start-up s’est installée dans plusieurs grands aéroports,  à Roissy-CDG, Nantes, Toulouse, Marseille, Nice, Aix-en-Provence et dans plusieurs gares. Avec à la clé une centaine d’emplois créés en 2017.

Ce qui me plait dans cette belle histoire, c’est la concrétisation de l’humatérialisation (relisez à ce propos l’article de Pierre qui date quand même maintenant de 4 ans…). Un support numérique qui permet d’accéder au marché pour l’entreprise et de faciliter la vie du client. Mais au final, le service est ce qu’il y a de plus humain avec le sourire de l’homme en bleu qui vous accueille devant la porte de l’aéroport…

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On déteste le tourisme !

Blog e-tourisme - jeu, 31/08/2017 - 08:00

Avec ce titre, dans le contexte actuel, vous vous dites: « allez, encore un sujet sur la fronde anti-touriste en Espagne… ». Perdu ! Tout d’abord, il ne s’agit pas de l’Espagne mais du Portugal, et, ensuite, je vais plutôt vous présenter un tour opérateur lusitanien qui ne manque ni d’originalité dans ses produits, ni d’audace dans sa communication. Son nom ? WE HATE TOURISM !

Et oui: chez We Hate Tourism au Portugal, ce ne sont pas les touristes que l’on déteste mais plutôt le tourisme de (bon) papa… Il suffit de se rendre sur leur très décalé site web pour se rendre compte du grain de folie qui habite les créateurs de cette boîte qui affiche une note de 5 étoiles sur Google avec 136 avis à ce jour (et 4.9/5 sur Facebook). On dirait bien que ça marche pour eux et, pour ma part, je pense aller les voir si je passe par Lisbonne ou Porto, les deux destinations couvertes pour l’instant.

Des circuits pour les fous

Bon, ce sont eux qui le disent et c’est exagéré, bien entendu, mais c’est illustratif du ton employé dans leur communication sur http://wehatetourismtours.com

Je trouve cette approche intéressante dans le sens où, et c’est le moins que l’on puisse dire, c’est radicalement différent de ce que l’on a l’habitude de voir. En passant, merci à l’ami Jean-Christophe Vanhalle, ANT du Luxembourg belge, de m’avoir envoyé ce lien.

L’accent est mis sur les expériences à vivre et tout est fait pour se démarquer du tourisme « traditionnel ». Pour peu, on aurait presque l’impression d’avoir affaire à des greeters… un peu foufous.
Voici d’ailleurs, et il y en a bien d’autres sur leur chaîne Youtube, une vidéo détaillant leur technique particulière pour se ravitailler en pâtisseries locales.

Des moyens de locomotion assez sympas…

Pour vos déplacements, We Hate Tourism propose différentes possibilités allant du 4X4 au…skateboard. Mais libre à vous de choisir le Van « pas du tout sûr ».

Et tant pis si vous vous perdez: ils comptent bien là-dessus !

Des photos délicieusement kitsch (ou quétaine pour nos amis du Québec)

On passe d’un extrême à l’autre sur ce site en ce qui concerne les visuels: de la photo de bobonne sur la plage avec son parasol Ola à une vue superbe de l’océan; on pourrait trouver cela absurde mais cela permet d’appuyer le côté décalé tout en ne négligeant pas la nécessaire séduction. Plutôt malin.

En tout cas, moi, c’est décidé, je m’en vais courir nu sur la plage, comme proposé !

Du reste, ça n’a pas l’air d’aller mal pour eux:

Encore une fois, on n’insistera jamais assez sur la nécessité de se démarquer tant dans les produits que dans la communication. Le consommateur est noyé par les sollicitations; sachons attirer son attention. La provoc a toujours marché; c’est un art délicat mais percutant.
À bientôt les amis.

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Le challenge de la gestion de votre photothèque

Blog e-tourisme - mer, 30/08/2017 - 07:30
Pittou2 – CC BY-NC 2.0

Cet été, vous êtes nombreux à avoir profité des beaux jours et de la présence de nombreux voyageurs pour shooter vos destinations. En ligne de mire ? Vos réseaux sociaux, votre site internet, votre social wall, votre blog, vos brochures 2018, vos relations presse et que sais-je encore. Votre dilemne maintenant ? Votre façon d’enrichir et mettre à jour votre photothèque. Allez-vous poursuivre le stockage sur votre ou vos disques durs ou remplir une énième clé USB ou consolider une photothèque en ligne ou le(s) dossier(s) Photo de votre serveur interne ? Allez-vous nommer, taguer, partager ? Allez-vous indexer et rendre exploitable à long terme vos clichés et ceux des professionnels que vous avez rémunérés ? Vos 100 nouvelles photos de l’été relancent le débat annuel de la gestion de votre photothèque. Et si c’était votre challenge interne de l’automne ?

Pourquoi se pencher sur le sujet ?

La quantité de photos accumulées ces dernières années est déjà une bonne raison de creuser le sujet. Des échanges récents sur les réseaux sociaux entre collègues font état de photothèques de 30000-40000 entités photos et videos. Ajoutez-y quelques fichiers .pdf et autres ressources numériques et ça nous fait un sacré paquet de ressources à démêler et classer. A partir de ce point de départ, il y a quantité de problématiques possibles pour réfléchir à la gestion de votre photothèque que ce soit dans vos structures ou à des échelles mutualisées.

  • Rendre cohérent la co-existence de plusieurs dossiers photos sur différents lieux de stockage : serveurs, ordinateurs, disques durs, smartphones, cloud, plate-formes et web-services, clés USB et certainement encore quelques CD-Rom
  • Organiser la structure de vos ressources et leur classement qui deviennent complexes plus les années passent : par thèmes, par événements, par photographes, par dates…
  • Faire vivre votre photothèque qui connaît généralement peu de réactualisation, peu de suppression et essentiellement de l’accumulation
  • Dédoublonner vos clichés
  • Mettre à plat les incertitudes sur les droits d’utilisation des photos plus anciennes
  • S’organiser entre les différents interlocuteurs : producteurs, gestionnaires, consommateurs externes et internes

La cerise sur le gâteau ? Aujourd’hui avec les regroupements des offices de tourisme, il y a dans la photothèque un vrai projet qui s’ajoute à vos nouvelles réflexions sur l’organisation interne :

  • Des équipes plus fournies en collaborateurs qui sont répartis sur de nombreux sites de travail. Comment rendre accessible cette ressource interne ?
  • Des accès sécurisés et à distance aux outils de travail et de collaboration. Comment fluidifier la recherche et l’exploitation interne ?
  • Des classements, des noms, des tags, des archivages à homogénéiser et une équipe projet à identifier. Comment orchestrer sur le long terme la gestion de ces ressources ?
Ylliab Photo- CC BY 2.0 L’étape d’indexation est primordiale

Comme n’importe quel fichier, une photo (ou vidéo) recèle d’informations majeures à renseigner pour la rendre accessible et exploitable sur la durée. Pour schématiser, vous avez rangé 10000 photos dans vos dossiers et il s’agit maintenant de retrouver les 3 clichés correspondant à votre recherche. Une batterie de mot clés vous aideront à retrouver vos petits. Ce travail est fastidieux et chronophage mais il reste primordial. C’est l’étape qui garantit l’usage pérenne de votre centre de ressources multimedias. Cela se fait avec méthode et des logiciels d’indexation existent pour être efficace concernant votre thésaurus. A côté de la structure de votre photothèque, tout commence par la création d’une liste de mots clés. Le nombre de mots clés doit être limité mais pas non plus restrictif. Moins nombreux ils seront plus pertinents ils paraîtront… en premier lieu à vous même.  

Cette indexation permet de retrouver vos images grâce au moteur de recherche associé. Ces mots clés avec les autres caractéristiques de la photo (paramètre, lieu, date, auteur…) constituent les métadonnées de l’image. L’indexation est l’action à mener pour rendre exploitable la photothèque, éviter les doublons et ne pas perdre dans les méandres de vos 100 à 500 Go de photos et videos des photos encore exploitables.

Sciondriver- CC BY-NC 2.0 Des objectifs à définir avant l’outil

Si indexer les photos est la base d’une bonne organisation de photothèque, le choix de votre solution dépend surtout des objectifs que vous souhaitez creuser et atteindre :

  • référencer vos photos
  • permettre le téléchargement libre
  • organiser des archives
  • permettre des commandes en ligne
  • favoriser le partage de certaines images
  • créer des groupes et collaborer
  • contrôler des accès interne et externe, stricts ou modérés, illimité ou limité dans le temps

Bon nombre de destinations sont sollicitées pour des demandes d’images notamment par la presse, des magazines, des partenaires. Une des bonnes pratiques est d’apporter une réponse sur mesure. Avec les logiciels en ligne et web-services, on oublie les sacro-saints liens Dropbox ou Wetransfer éphémères, produits au coup par coup pour chaque requête. Un accès extérieur est disponible. L’usager demandeur se retrouve avec une banque de ressources à consulter et exploiter, voire à commander. On peut retrouver aussi de façon organisée le top 10 / top 20 des photos les plus plébiscitées, les plus téléchargées, les plus récentes ou les plus gastronomiques ou autres.

Si un de vos objectifs est de rendre une bonne partie de votre photothèque accessible librement, penser que la photothèque peut aussi se considérer comme un média à part entière. Cette photothèque a donc besoin de fraîcheur.

L’accès à la photothèque est souvent un des sujets qui posent questions. Verrouillons-nous tous les accès et restons-nous les seuls gardiens des clés ? Donnons-nous des accès libres ? Avec ou sans authentification ? Manageons-nous des droits d’accès de différents niveaux ? Les objectifs et scenarii d’usage de votre photothèque seront là encore à préciser car les réponses techniques existent bien sûr. Par exemple, la plate-forme Flick permet de gérer des droits d’accès directement en ligne quand Piwigo permet (notamment) une installation sur serveur pour une gestion comme un back-office de site et Keepeek est en full-web pour des accès de n’importe où.

Raphaël Labbé – CC BY-SA 2.0 Un sujet et un outil qui challengent votre organisation interne

La photothèque est un outil essentiel de vos missions de promotion et de communication mais pas que. Elle renvoie aussi à la gestion des données exploitables en externe dans la structure. Le management de la photothèque est un réel challenge (au même titre que vos dossiers partagés, la téléphonie multi-sites…). Il y a certainement de quoi travailler sur des scenarii d’usage compris et partagés par tous en interne pour des usages externes optimaux.

  • Comment intégrer de nouvelles images /nouvelles ressources documentaires ?
  • Comment partager les images / les données ?
  • Quelles images / données sont partageables ?
  • Comment piocher dans la banque d’images / documentaires ?
  • Que répondre à une sollicitation externe pour une exploitation ?

En tout cas, si cela fait partie de vos objectifs, les progiciels et web-services dédiés à vos ressources numériques permettent des accès back-office pour organiser les images, les indexer, gérer la fraîcheur, les droits, les archives, les accès (et tant d’autres choses). Puis pour le client externe et le client interne n’ayant pas vocation à mettre les mains dans le cambouis de la photothèque, un accès front-office sera privilégié. On retrouve ici toute la logique du moteur de recherche performant grâce au travail d’indexation décrit en début d’article. Un exemple avec la photothèque de Paris qui laisse totalement libre un accès à une sélection basse définition de clichés : https://photos.parisinfo.com 

Damned, voilà le DAM ! Je finis juste par la notion de DAM, pour Digital Asset Management. Derrière cette formule, c’est la “gestion des données numériques” de vos structures et destinations, départements, régions. Encore un joli mot qui en dit long afin de garantir une bonne organisation interne de vos ressources, former les équipes, vos réseaux, vos communautés de partenaires. Derrière ce terme se cache une fulltitude de ressources métiers afin de creuser davantage ce sujet… pour les plus grosses structures qui auraient les moyens de s’équiper et qui l’ont peut-être déjà fait et pour les structures plus modestes qui verraient là une bonne opportunité de mutualiser des compétences et outils performants.

Merci à Sara Soulignac de l’Office de Bordeaux Métropole et Romain Péroua de Cahors / Saint-Cirq Lapopie en vallée du Lot pour le temps consacré à nos échanges et le partage.

Quelques exemples logiciels et web-services : FlickrKeepeek (ex : OT Bordeaux, Nantes, Paris…), Alphasia et sa solution Agelia (ex : Savoie Mont Blanc), Piwigo (ex : Cahors Saint-Cirq Lapopie), Orkis et sa solution Ajaris (ex : CRT Bretagne), Wikipixel, Ephoto, Persea …
Aucune intention de faire un comparatif technique et tarifaire sur une liste de solutions qui ne sera jamais exhaustive donc des suppléments ci-après et certainement dans vos commentaires : https://www.erational.org/Quelles-solutions-pour-gerer-une-phototheque-collective-en-ligne.html // http://www.quelsoft.com/categorie/documents-ged/phototheque-27-298-1.html

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Toujours plus de réservation sur mobile dans le tourisme en 2016

Blog e-tourisme - mar, 29/08/2017 - 08:00

Des consommateurs  utilisateurs de plusieurs écrans

Les consommateurs sont désormais équipés de plusieurs écrans (multi-écrans) : télévision, ordinateur, téléphone portable, tablette… Ils ont ainsi accès à l’information via de multiples supports. Au niveau mondial, le smartphone est même devenu le principal écran. On passe en effet en moyenne 147 minutes par jour sur son smartphone contre 108 minutes sur un écran d’ordinateur et 50 minutes par jour sur une tablette. Un utilisateur multi-écrans consomme presque 7 heures de médias par jour et le mobile prend ainsi presque 2,5 heures de ce moment-là. On constate même qu’en moyenne 35 % du temps devant un écran est une utilisation simultanée de plusieurs écrans, et en particulier entre la télévision et un terminal mobile (tablette et smartphone en priorité)[1].

Le smartphone, l’outil numéro 1 des voyageurs internationaux

Le smartphone est ainsi devenu, au fil des années, un équipement indispensable en mobilité pour les touristes. Selon une étude d’Expedia, 94 % des personnes emportent au moins un terminal mobile en voyage. Ce chiffre monte à 97 % dans le cadre d’un voyage à titre professionnel. 76 % des voyageurs déclarent que leurs appareils mobiles occupent une place « essentielle » au quotidien. 48 % disent la même chose concernant leur tablette. Dans le cadre de ce sondage, les Indiens apparaissent les plus dépendants et les plus laudateurs. A 95 %, ils déclarent en effet leur smartphone comme très important en voyage[2] . Le smartphone est donc désormais massivement utilisé par les touristes internationaux. Chez certains touristes, le smartphone est excessivement omniprésent. C’est  le cas pour les voyageurs chinois où 96 % des touristes en voyage à l’étranger possèdent un smartphone[3].

Le poids grandissant du smartphone force les professionnels à revoir les plateformes de commercialisation

Dans ces conditions, les réservations via un smartphone sont de plus en plus importantes dans le tourisme. Selon Criteo, une réservation sur cinq de voyage en ligne est effectuée sur un mobile[4]. En raison de cette place de plus en plus importante du mobile en matière de réservation, les professionnels du tourisme doivent simplifier les processus de réservation afin de profiter pleinement de ces nouveaux comportements d’achat. Le smartphone est particulièrement utilisé pour les voyages de dernière minute, les réservations pendant le séjour et les voyages de courtes périodes. En Asie, les voyageurs commencent par ailleurs à réserver des produits plus onéreux, voire des séjours complets pour des durées plus longues que la moyenne des autres mobinautes.

L’hôtellerie et l’aérien sont les plus concernés par les réservations sur mobile

En France,  près d’une réservation en ligne sur quatre (23 %) est désormais effectuée sur mobile contre 27 % dans le reste du monde, soit une hausse de 15 % en un an. Les réservations sur mobile concernent surtout l’aérien (14 %) et l’hôtellerie (14 %), soient des taux supérieurs aux moyennes de l’Europe de l’Ouest (13 % pour l’hôtellerie et 9 % pour l’aérien). On assiste également à une baisse du nombre de réservation sur tablette. Cette tendance semble se généraliser au niveau mondial. Ce n’est pas surprenant car il y a en particulier une érosion des ventes des tablettes (-12,3 % en un an selon IDC). Par contre le consommateur est toujours autant multi-écrans (ordinateur, tablette, smartphone) et bascule allègrement d’un type d’écran à l’autre avant de réserver. Le morcellement du cycle décisionnel complexifie donc le processus de réservation. Criteo souligne que le confort de navigation moindre sur les dispositifs mobiles est un des freins à la réservation sur mobile.

Source : Criteo dataset June 2016, all travel subjectors, OTAs and suppliers, excluding apps

Le Japon, l’Australie et les Etats-Unis connaissent une part importante des réservations via un  navigateur mobile (téléphone ou tablette). Au Japon, près de 4 réservations sur dix sont effectuées sur un navigateur mobile en juin 2016 (38 % avec une croissance de 27 % en un an). C’est environ un tiers des réservations en ligne en Australie (34 %) et aux Etats-Unis (32 %) en juin 2016. En un an, l’Australie connaît la plus forte progression des réservations sur un dispositif mobile (+ 36 %). Au sein des différents dispositifs mobiles existants, les smartphones représentent la majorité des réservations.  En effet au global,  plus d’un tiers des réservations en ligne se font via un smartphone (33 %, avec une croissance de 38 % en un an), et c’est près d’un quart aux Etats-Unis (24 % et une progression de 18 % en un an) en juin 2016.

Les réservations sur les outils mobiles progressent d’année en année

L’Australie (+ 81 % en un an), la Belgique (+ 78 %), l’Espagne (+ 68 %)  et le Brésil (+ 63 %) sont les pays avec les plus fortes progressions en un an. Pour ces marchés les parts des réservations en ligne effectuées sur smartphone sont respectivement de 22 % en Australie, 9 % en Belgique, 20 % en Espagne, et  13 % au Brésil[5].

Le marché chinois est celui qui a le plus été impacté par les dispositifs mobiles. En effet les réservations sur mobile étaient inférieures à 1 % en 2012. En 2015 les réservations sur mobile atteignent d’ores et déjà 45 % en Chine et devraient être à 60 % en 2017. D’une manière plus globale les réservations sur mobile devraient se situer au alentour de 36 % en Asie Pacifique, 24 % en Europe et 26 % aux Etats-Unis en 2017[6].

[1] AdReaction – Marketing in a multiscreen world (Global Report), MillwardBrown

[2] Expedia® / Egencia® Mobile Index 2014, Expedia® / Egencia®

[3] Search, Shop, Buy: The New Digital Funnel, Phocuswright

[4] Travel Flash, A la rencontre du voyageur mobile, octobre 2016

[5] Travel Flash, A la rencontre du voyageur mobile, octobre 2016

[6] The Mobile Travel Landscape 2016, Phocuswright, mai 2016

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Les indiens… notre prochaine clientèle touristique ?

Blog e-tourisme - ven, 25/08/2017 - 07:00

Notre nouveau Président de la République n’a pas trouvé nécessaire d’accorder un ministère au tourisme, ni-même de maintenir un secrétaire d’Etat. Toutefois, le gouvernement vient d’accorder à 10 pays supplémentaires le « visa en 48h » afin de renforcer l’attractivité touristique de notre pays : c’est bien qu’il croit quand-même à l’économie touristique…

Parmi les pays ciblés : l’Inde. On a longtemps vendu l’Inde comme le deuxième géant, après la Chine, prêt à dévorer la planète. Par sa population, peut-être, mais par son développement, le pays a encore du chemin à parcourir pour rattraper son concurrent.  En termes de voyages, c’est à peu près la même chose. Alors que les voyageurs chinois ont déjà envahi Paris et commencent à parcourir le reste de la France, qu’en est-il des indiens ? Sont-ils notre prochaine clientèle ? Que recherchent-ils ? Comment consomment-ils ? Pour répondre à ces questions, j’ai interviewé Kedar Verma, directeur de l’agence « Voyage in India ».

 

Les indiens sont-ils « prêts » à voyager à l’étranger ?

Oui, actuellement la classe moyenne supérieure indienne voyage déjà à l’étranger. Le départ des indiens à l’étranger est en pleine croissance. Avant, il s’agissait surtout d’un tourisme intérieur mais les pays étrangers attirent de plus en plus. Les pays d’Asie du Sud-Est comme la  Thaïlande, ou la Malaisie sont très prisés car ils sont proches et le coût de la vie y est très bas. Les pays du Golf attirent aussi énormément, car les vols sont très abordables et les indiens s’y rendent surtout pour faire du shopping. Enfin, l’Europe est aussi une des destinations prisées des indiens.

La France est-elle un pays susceptible d’attirer la clientèle indienne ? Pourquoi ?

Oui, elle a un potentiel, mais elle ne représente pas encore une mono-destination pour les indiens. Aujourd’hui, la France fait seulement partie d’une étape dans un voyage en Europe. Toutefois, elle pourrait à terme devenir une mono-destination car elle présente tous les atouts touristiques que cherchent les indiens : métropoles, architecture remarquable, sites historiques (certains, comme le Mont St Michel, sont inconnus des indiens mais ébahissent ceux qui les découvrent), côtes maritimes et montagnes. De façon générale, les indiens sont attirés par la beauté naturelle des montagnes, conforme à ce qu’ils voient dans les films Bollywood.

Le tourisme industriel a également un potentiel de développement en France : des entreprises de renommée internationale comme Airbus peuvent attirer les touristes indiens.

Le problème à l’heure actuelle est que les indiens ne connaissent pas du tout les différentes régions françaises. Les seules villes connues sont Paris et Cannes, par le festival.

 

Qui sont les indiens qui commencent à voyager en France ? Quelles activités aiment-ils pratiquer ?

Il y a quelques années les indiens voyageaient à l’étranger en groupe, par des circuits organisés. Mais récemment, une nouvelle clientèle individuelle se développe. Elle recherche des voyages plus actifs. Des jeunes couples sont aussi attirés pour faire leur voyage de noces.

Il s’agit surtout d’une catégorie moyenne supérieure, avec d’un côté une clientèle familiale (la famille au complet avec grands-parents, parents et enfants) et d’un autre côté les jeunes actifs, de 30 à 40 ans. Ceux qui ont une bonne situation professionnelle (travaillant dans une compagnie internationale,…) peuvent être intéressés par la France.

Ces jeunes sont attirés par les villes et les découvertes culturelles, par l’œnologie, par les activités d’aventure (comme le saut en parachute,…). La Champagne par exemple, aurait sa carte à jouer, car le produit bénéficie d’une grande réputation en Inde.

Le cinéma est très important pour les indiens, pensez-vous que les films puissent influencer leur choix de destination, voire même être un motif de départ ?

Le cinéma est très clairement un motif de départ. Les indiens sont des rêveurs, partir sur les lieux de tournage leur permet de se mettre dans la peau des acteurs.

NB : « Belfikre », un film Bollywood tourné intégralement à Paris, sorti le 9 décembre dernier, a connu un succès sur les écrans indiens. Ma recherche sur Google Trend a mis en exergue le lien entre le nombre de recherches sur le mot clé « Paris » en Inde et la sortie du film. 

Que doit faire une destination touristique pour attirer la clientèle indienne ? (actions marketing, dispositifs d’accueil).

Atout France aurait un rôle important à jouer pour faire connaître les destinations françaises. Il y a un volet promotionnel à assurer mais également de diffusion de l’information pratique, pour aider les indiens à planifier leur voyage. Elle pourrait également établir une stratégie collaborative avec les régions intéressées par la clientèle indienne de façons à proposer une offre globale attirante (par exemple vendre ensemble les destinations Paris + Champagne + Alpes + Côte d’Azur).

Il faut faire des roadshow sur place avec des agences réceptives et accueillir des journalistes. Et surtout il ne faut pas minimiser le rôle puissant du cinéma ! A l’instar de pays d’Europe de l’Est comme la Bulgarie, la République Tchèque, l’Autriche ou la Hongrie, Il faut attirer les réalisateurs indiens et leur donner des facilités de tournage.

De façon plus pratique, il faut adapter l’accueil aux exigences des indiens : personnel et outils d’accueil anglophones, repas végétariens (et épicés !),…

Enfin il est nécessaire de communiquer sur les facilités de transport et de logement à prix abordable. Dans la tête des indiens, l’Europe est une destination très chère. Mais avec des dispositifs comme les nouvelles lignes de bus, les auberges de jeunesse,… il est aujourd’hui possible de voyager à travers la France pour un prix abordable, 1000 à 1500€ par personne pour 15 jours. Encore faut-il être au courant…

Merci Kedar !

 

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